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Coûts de la santé: Privilégier les solutions simples

icone auteur icone calendrier 25 octobre 2002 icone PDF DP 

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L’annonce de l’augmentation des primes de l’assurance maladie pour l’an prochain a relancé le débat des coûts de la santé. Après le départ de Ruth Dreifuss, qui portera le chapeau ? Si la recherche d’un bouc émissaire peut temporairement soulager les mécontents, elle ne donne pas de réponse satisfaisante à la hausse constante des coûts de la santé.
Cette tendance lourde résulte à la fois des progrès techniques de la médecine qui met sur le marché des thérapies sophistiquées et onéreuses et du vieillissement de la population. Mais nous savons aussi que le système de santé recèle des possibilités importantes d’économies. Du côté des prestataires de soins, le suréquipement – une densité d’appareils qui suffirait pour une population de 50 millions d’habitants -, un trop grand nombre d’actes inutiles et le prix surfait de nombreux médicaments ; du côté des patients, une surconsommation de prestations qui servent plus à calmer l’angoisse qu’à guérir : voilà les causes principales d’un renchérissement qu’il serait possible de combattre.
Mais les interventions se révèlent délicates car le système de santé est une mécanique complexe qu’on ne peut régler à coups de marteau, tant les interactions entre les multiples acteurs de ce système sont nombreuses, tout comme les possibilités d’échapper à une régulation autoritaire. Le Parlement, qui s’apprête à abolir l’obligation faite aux caisses de contracter avec tous les prestataires reconnus, tombe précisément dans ce travers. Et il oublie de considérer des solutions simples et pourtant prometteuses d’économies, tel le système du médecin de famille. Cette solution reste encore marginale puisque seuls 5 % des assurés l’ont jusqu’à présent choisie. Or une évaluation du réseau de médecins de famille de la ville de Zurich, opérationnel depuis 1997, montre que les économies réalisées se montent à 27 %. A noter qu’aucune des grandes caisses maladie ne s’est associée à cette expérience. Ces résultats sont d’autant plus impressionnants que la comparaison porte sur des populations en tous points semblables sur le plan de l’âge et du sexe. Les économies réalisées s’expliquent principalement par une gestion plus efficace des dossiers. Le médecin de famille accompagne le patient tout au long de son traitement, évitant ainsi la multiplication d’actes inutiles et communiquant les informations pertinentes à ses collègues spécialistes impliqués. Par ailleurs ce système garantit un niveau élevé de qualité dans la mesure où les membres du réseau se rencontrent régulièrement pour échanger leurs expériences et leurs connaissances. Et le patient dispose d’un large choix puisque le réseau comprend 180 généralistes et internistes. Alors pourquoi le Parlement, qui se prétend soucieux de contenir les coûts de la santé, n’impose-t-il pas ce modèle sur tout le territoire ? jd

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