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Suisse-Europe: Un seul scénario: l’adhésion

Les relations bilatérales avec l’Union européenne ne sont plus une solution d’avenir.
Seule une intégration indiscutable permettra à la Suisse de défendre sa souveraineté.

Kaspar Villiger a fait le voyage d’Oslo. Son homologue norvégien lui aura certainement fait part de l’expérience de son pays dans le cadre de l’Espace économique européen (EEE). A coup sûr, il en a souligné les avantages : contrairement à la voie bilatérale choisie par notre pays après le rejet de l’adhésion à l’EEE, ce dernier permet de faire évoluer de manière dynamique les relations entre les partenaires. C’est d’ailleurs à ce constat qu’aboutit la commission des affaires étrangères du Conseil des Etats. Dans son rapport sur les options de la politique européenne, publié en mars dernier, elle a bien dû constater que les relations bilatérales ne constituent pas une solution d’avenir, même si aujourd’hui elles apparaissent comme la seule voie politiquement praticable. En effet, l’Union européenne, tout occupée à la réforme de ses structures et à son élargissement à l’est du continent, montre de moins en moins d’intérêt à tisser des liens particuliers avec un partenaire à la fois isolé et dépendant d’elle. Sauf si la Suisse adopte intégralement l’acquis communautaire dans les secteurs où elle cherche un accord.

L’option de l’adhésion

La commission a également abandonné l’idée d’un EEE bis. En effet, après la défection de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède, l’Espace économique est devenu un poids plume face à Bruxelles. Et l’élargissement de l’Union ne fera qu’en aggraver la marginalisation. Par ailleurs les membres de l’EEE n’ont pas de prise sur l’élaboration des règles européennes auxquelles ils se soumettent. En Norvège, on parle de «démocratie du fax» pour qualifier l’alignement automatique sur la législation de l’Union.
Reste donc l’option de l’adhésion. Contrairement à ce que proclament nos souverainistes locaux, l’adhésion représente la meilleure manière de défendre notre souveraineté, puisqu’elle seule nous permettrait de participer de plein droit à l’élaboration des règles communes.
L’Europe, même si elle donne parfois l’impression d’un paquebot lent à se mouvoir et privé de capitaine, ne cesse de se construire. Plus la Suisse attend, plus elle se verra en position d’adopter des politiques et d’intégrer des structures qu’elle n’aura pas contribué à façonner. Dans ces conditions, le silence radio sur ce qui reste l’objectif stratégique du Conseil fédéral n’est plus tolérable. L’argument du respect de la volonté populaire après le rejet de l’initiative «Oui à l’Europe» cache mal la paralysie des élites politiques tétanisées par l’UDC. Ce n’est pas dans huit à dix ans qu’il faut rouvrir le dossier, mais aujourd’hui même en expliquant sans relâche le coût élevé de notre isolement. jd

www.europa.ch

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