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Politique budgétaire: A Genève, on repart comme en 14

icone auteur icone calendrier 6 octobre 2000 icone PDF DP 

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Après dix années de vaches maigres, les finances publiques genevoises, reprise économique aidant, retrouvent les chiffres noirs. Du moins si l’on en croit le projet de budget pour l’an prochain. Pourtant le canton est encore loin de faire preuve d’une bonne santé financière.
On comprend la satisfaction de la cheffe du département des finances qui, après que le canton a souffert d’une longue traversée du désert, peut annoncer des prévisions optimistes. A l’actif de la magistrate socialiste, il faut également rappeler la remise en ordre d’une administration fiscale en piteux état, preuve, s’il en fallait encore, que les majorités bourgeoises plaident plus facilement la rigueur gestionnaire qu’elles ne la pratiquent.
Reste que le projet de budget pour 2001 dégage un solde positif extrêmement modeste Ð 18 millions de francs sur 5,756 milliards. Et la dette se monte encore à plus de 9 milliards, dont presque 4 milliards imputables aux déficits cumulés du budget de fonctionnement durant les années quatre-vingt-dix. Au total, la charge de cette dette coûte actuellement 360 millions par an au canton. Avec la hausse des taux d’intérêt, cette charge va croître encore, diminuant d’autant la liberté de manœuvre de l’Etat.

Le canton n’a pas engagé sa réforme de l’administration

Dans cette situation, on est surpris de voir exploser le budget d’investissement (+29,5 %). D’autant plus qu’avec la reprise économique, l’Etat, s’il veut jouer son rôle de régulateur de l’économie, se doit de modérer ses appétits en infrastructures et de garder des moyens pour les périodes de moindre prospérité.
Par ailleurs, le canton n’a toujours pas mené à bien sa réforme de l’administration. Nous ne faisons pas ici référence à la qualité des fonctionnaires, mais à des structures inadaptées à une gestion efficace et efficiente. A cet égard, Genève dispose encore d’un potentiel substantiel d’économies.

D’abord alléger le poids de la dette

Certes la récente étude comparative de la situation financière des cantons, réalisée par l’Institut des hautes études en administration publique à Lausanne, a mis du baume sur le cœur des autorités genevoises. Mais ces résultats valent pour 1999. Si l’image du canton du bout du lac, trop longtemps le mauvais élève de la classe, s’en trouve revalorisée, elle pourrait rapidement se dégrader au gré d’une conjoncture économique moins favorable. D’où l’impérieuse nécessité d’alléger rapidement le poids de la dette, un boulet susceptible de faire couler les finances cantonales aussi rapidement qu’elles ont réussi à mettre la tête hors de l’eau. jd

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