Mode lecture icon print Imprimer

Et pourtant, elle est bien vivante

icone auteur icone calendrier 24 décembre 1999 icone PDF DP 

Thématiques

Le tam-tam médiatique a fonctionné à plein régime, annonçant le bouleversement de la formule magique. Pour cette dernière élection du siècle, les scénarios les plus fous devaient nous préparer à toutes les surprises. Le changement, enfin !
La reconduction du Conseil fédéral dans sa composition actuelle a donc déçu. Rien ne change sous le soleil helvétique, la stabilité une fois encore malgré la percée significative des démocrates du centre au Parlement. Désespérant. Et pourtant changement il y a eu. Mais l’enflure disproportionnée des attentes a masqué l’importance du résultat.
Pour la première fois un parti gouvernemental a attaqué frontalement le principe de la concordance. En voulant bouter les socialistes hors du Conseil fédéral, l’UDC a fait le choix de la confrontation comme mode de gouvernement. Et les autres partenaires se sont vus dans l’obligation d’affirmer leur attachement à ce principe. Non seulement en confirmant l’équipe sortante, mais encore en faisant un triomphe à Adolf Ogi. Pour la première fois enfin, le lien entre formule magique et concordance n’apparaît plus comme absolu : alors que la composition actuelle du gouvernement est le produit d’une intégration progressive des principales forces politiques, elle pourrait résulter à l’avenir de l’élimination d’un partenaire, en clair de l’UDC.
Certes la concordance n’a jamais imposé aux magistrats élus qu’ils soient en accord parfait. Elle exige par contre qu’ils travaillent à des solutions de compromis, susceptibles de trouver l’appui d’une majorité parlementaire, et le cas échéant « populaire ». Voilà l’exigence qui conduit à associer les principaux partis à la responsabilité exécutive.
Or, aujourd’hui, l’UDC défend des positions qui ne se prêtent pas au compromis, et ce sur des dossiers d’une importance vitale pour l’avenir du pays, comme la politique de sécurité, l’ouverture au monde et à l’Europe. Sur d’autres, comme l’asile, elle pratique la politique du pire, soufflant sur les braises plutôt que coopérant à éteindre l’incendie. Bref les démocrates du centre ont opté pour une stratégie de rupture systématique. Logiquement ils n’ont plus rien à faire au Conseil fédéral.
Pour que l’élection du 15 décembre fasse date, manque encore la confirmation du sens de la concordance. Ce principe doit profiter à chacun des partenaires. Si les socialistes sont condamnés à faire de la figuration, à servir d’alibi, la concordance ne rime à rien. Certains rêvent d’un programme de gouvernement qui obligerait les partis. C’est trop demander à un système institutionnel qui fait la part belle aux droits populaires. Mais au moins que les partis et leurs magistrats travaillent dur à dégager des décisions sur les dossiers importants. JD

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel et sur papier (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/2253
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/2253 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le journal mis en page pour impression (fichier PDF).

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.