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Vaudois, socialiste et président

Même l’histoire locale peut bouger

Photo Lyonel Kaufmann Photo Lyonel Kaufmann (licence CC)
icone auteur icone calendrier 1 avril 2012 icone PDF DP 

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Historique. Pour une fois le mot n’est pas galvaudé. Le Conseil d’Etat vaudois sera majoritairement à gauche. Les radicaux, qui avaient noyauté le canton au point que l’on disait couramment d’un citoyen «il ne fait pas de politique, il est radical», ont perdu non seulement la majorité, mais leur légitimité acquise par un siècle et demi d’exercice du pouvoir.

Le changement de président du Conseil d’Etat va exprimer ce passage. Pierre-Yves Maillard va succéder à Pascal Broulis. Mais ce ne sera pas un simple changement de nom dans les présentoirs du protocole. P.-Y. Maillard aura à choisir le sens qu’il veut donner à ce couronnement. Trois voies au moins sont possibles.

La première est le retour à l’esprit d’équipe. Le président est élu par le collège. La droite aura le choix de reconnaître sportivement sa défaite ou d’afficher sa différence. Pierre-Yves Maillard sera élu de toute façon, mais l’ambiance du Conseil d’Etat sera marquée par l’affrontement initial. Et surtout la cohabitation avec le Grand Conseil, où la droite reste majoritaire, en sera facilitée ou entravée.

L’équipe sortante a, pendant la campagne électorale, tellement fait valoir l’efficacité du collège au service du bien commun que l’on comprendrait mal le sens de l’esprit de revanche immédiate. On rappellera que la Constitution impose au Conseil d’Etat l’élaboration d’un programme de législature qui doit être approuvé par le Grand Conseil.

La deuxième voie est celle de la présidence discrète. Le président garde un département où il agit, dirige, où il laisse sa marque. Dès lors, il se considérera comme un président primus inter pares. Président de séance. Arbitre. Sachant déléguer les tâches de représentation. Attentif aux relations avec le Grand Conseil. Autorité plus naturelle qu’arithmétique.

La troisième voie est celle de la présidence assumée comme telle. Le président, déchargé des responsabilités administratives, se consacre au suivi du programme de législature, aux relations avec les communes, avec les corps constitués, avec les cantons. Il veille particulièrement à la collaboration avec les voisins, Genève, Savoie. Le président participe aux débats fédéraux qui touchent le canton. Il en est le premier représentant.

Tel est le choix qui se présente à Pierre-Yves Maillard. Il sera assurément partagé entre son goût de l’action concrète et son intérêt pour quelques grands dossiers de la politique suisse. Il choisira en dosant le cantonal et le fédéral. Le peuple, en lui assurant une élection historique, lui a offert la liberté de donner à la présidence le sens de son choix.

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