Les familles qui placent leurs bambins en crèche bénéficient depuis l’an passé d’une déduction fiscale plafonnée à 10’100 francs. Et pourquoi pas les parents qui se chargent eux-mêmes de la garde de leurs enfants, comme le revendique l’initiative de l’UDC Pour les familles au nom de l’égalité de traitement? Parce qu’un tel allégement conduirait de fait à une inégalité de traitement.
Le paradoxe n’est qu’apparent. La famille qui confie la garde de sa progéniture à des tiers assume un coût qui diminue son revenu disponible. A situation financière de départ égale, celle qui garde ses enfants à domicile dispose d’un revenu supérieur. La déduction accordée à la première permet de rétablir l’égalité.
Il ne faut pas chercher une dimension sociale dans l’initiative de l’UDC. Sa visée est clairement idéologique.
Au Parlement, les députés de la droite conservatrice ont refusé la déduction pour frais de garde. Seuls les parents qui assurent eux-mêmes la garde «assument toutes leurs responsabilités à l’égard de leur progéniture». Et Ueli Maurer n’hésite pas à puiser sa démonstration dans le monde animal pour justifier la place de la femme au foyer. Pour l’UDC, la crèche constitue une «mise sous tutelle des parents» et une «étatisation des familles avec enfants». Sa revendication en faveur la famille traditionnelle ne s’explique que par son échec préalable à empêcher la déductibilité des frais de garde.
Son souci de prétendue égalité de traitement n’est qu’un pis-aller. Car pour l’UDC, la procréation est affaire privée; elle relève de la responsabilité personnelle. Dans le droit fil de ce postulat, ce parti s’est opposé avec constance à toutes les mesures en faveur de la famille: de l’assurance maternité au programme d’impulsion pour les crèches, de la journée scolaire continue aux allocations familiales, d’une politique sociale du logement à l’aménagement des horaires de travail.













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