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Egalité: le Tribunal fédéral plus progressiste que la Télévision suisse romande!

Alors que la RTS nous abreuve des clichés les plus éculés sus les rapports entre les genres, les juges de Mon Repos critiquent la suppression du bureau zougois pour l’égalité

Photo RTS
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Il y a d’abord eu cette interview de Jean-Jacques Roth, rien moins que directeur du département de l’actualité à la RTS. Interrogé sur l’agression sexuelle d’une journaliste française au beau milieu d’une manifestation sur la place Tahrir au Caire, le cadre de la RTS critique surtout l’envoi de femmes journalistes en Egypte: pour Roth, «envoyer une femme blonde sur la place Tahrir dans ces conditions, c’est comme la mettre dans la cage aux lions».

On n’est pas loin des préjugés les plus lamentables: une femme ne sort pas de chez elle en mini-jupe le samedi soir, et une journaliste ne va pas faire son métier dans un pays arabe sous tension, surtout lorsqu’elle est blonde. Que le raisonnement de l’ancien rédacteur en chef du Temps soit fondé sur la couleur des cheveux en dit long sur sa pertinence.

Mercredi soir, le diffuseur public a poursuivi sur sa lancée avec la première de l’émission Tango. Annoncé à grands renforts d’articles dans les magazines spécialisés, ce programme veut aborder un sujet «universel», les relations entre hommes et femmes. Non pas ce qui les rassemble, mais bien ce qui les différencie, comme si la société n’en faisait pas déjà assez dans ce domaine.

On craignait donc le pire et on n’a pas été déçu! Plateau divisé entre les hommes à gauche et les femmes à droite (à moins que ce soit l’inverse), invités mêlant sociologie de bazar et propos de vestiaires, animateurs visiblement venus de Mars et de Vénus. L’émission n’aura fait que perpétuer les clichés les plus éculés sur les soi-disant différences entre les genres.

Pendant ce temps, les discriminations aussi inacceptables que bien réelles entre hommes et femmes perdurent 30 ans après l’adoption de l’article constitutionnel (DP 1936). La majorité bourgeoise du Grand Conseil zougois avait, elle, considéré que le temps avait fait son œuvre. Elle a donc refusé de prolonger l’existence du bureau cantonal sur l’égalité, jugé superflu.

Saisi d’un recours, le Tribunal fédéral a rappelé les autorités zougoises aux obligations imposées par l’article constitutionnel et par le droit international: tant que les inégalités salariales seront criantes, que les places de crèche seront aussi peu nombreuses, que plus de femmes que d’hommes travailleront à temps partiel, que les femmes continueront à être sous-représentées dans les postes dirigeants, que le nombre de femmes dans les autorités politiques sera systématiquement inférieur à celui des hommes, le chemin vers l’égalité est encore long. A défaut de bureau d’égalité, des mesures compensatoires s’imposent donc pour réduire ces discriminations inacceptables.

Un arrêt rendu par une Cour composée de… cinq hommes. Comme pour tordre le cou à un préjugé.

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Discussion

  • Accord total. Ce qui me surorend, c’est le nombre de femmes qui, dans mon entourage, tiennent encore aujourd’hui ce langage sexiste. Cela me pose des problèmes de comportement: Que dois-je dire à une adolescente que j’aime bien et qui sort avec un décolleté généreux? Il se trouve que le danger existe: elle va sans aucun doute croiser des hommes qui penseront sincèrement qu’une telle tenue leur donne des droits. Je lui rappellerai ce danger et donc le risque qu’elle court, dans notre société telle qu’elle est encore. S’il lui « arrive quelque chose », je ne penserai pas qu’elle l’a cherché, mais qu’elle a accepté consciemment ce risque. Au fond de moi-même, je regretterai peut-être de n’avoir pas été plus directif 

  • « L’émission n’aura fait que perpétuer les clichés les plus éculés sur les soi-disant différences entre les genres. »

    Tout d’abord, il est très incorrect d’écrire « soi-disant », au lieu de « prétendues » et ensuite le succès des ouvrages de John Gray montre bien que les femmes comme les hommes se reconnaissent dans les clichés les plus éculés.

    Pour ma part, je suis d’ores et déjà certain que, dans deux siècles, nos temps seront brocardés comme ceux où les femmes ont voulu être des hommes… Mais les Suisses d’alors sauront que tout le monde ne souscrivait pas à cette idiotie, grâce aux archives et à Me Marc Bonnant :

    « On convoitait une femme, on aimait une femme. La femme au fond était notre complément d’objet direct. Elle a voulu être sujet, ce qui a créé un grand désordre dans notre grammaire. A mon sens, les femmes ont tout perdu. Elles ont perdu notre admiration fébrile, elles nous ont proposé une sorte de camaraderie de chambrée, mais pour cela nous avons déjà le service militaire. »

    « Il n’y a aucune raison que mon coeur s’embrase pour un autre moi-même. Les femmes ont basculé dans un psittacisme dérisoire du masculin. Elles ont fait la démonstration rapide qu’elles savent faire ce que nous faisons. Quel grand avènement pour l’humanité que d’avoir des sapeuses-pompières, des procureuses atrabilaires, de bouffonnes candidates présidentielles et autres cheffes humorales… »

    « Les femmes ont cessé d’être aimables en voulant nous ressembler, avec des brutalités, des vulgarités, des ambitions subalternes, des fatigues inesthétiques. »

    Et le bon sens sera sauf !

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