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L’UDC n’a pas sa place au Conseil fédéral

La participation de l’UDC au gouvernement ne doit pas dépendre du résultat des élections d’octobre, mais du respect des règles de la concordance

Photo Flooffy
Photo Flooffy (licence CC)

Les partis gouvernementaux sont d’accord, comme peuvent l’être les membres d’un oligopole: le Conseil fédéral doit refléter le poids électoral de chacun selon la formule traditionnelle du 2-2-2-1 (DP 1902).

Même le bouillonnant jeune Turc socialiste Cedric Wermuth, militant du dépassement du capitalisme, a prêché pour cette formule devant une récente assemblée des délégués de l’UDC, suivant ainsi la direction de son parti qui joue à « tu me soutiens je te soutiens ». Dans les médias, nombre de commentateurs politiques tiennent le même raisonnement.

Répétons-le donc: la concordance ne se résume pas à l’application mécanique de la règle de trois.

Cette manière de déduire la composition du Conseil fédéral du résultat des élections à l’Assemblée fédérale fait l’impasse sur la nature du régime politique helvétique. Le raisonnement vaut pour un régime parlementaire où le gouvernement doit pouvoir compter sur une majorité stable tout au long de la législature; il y va de sa survie.

Or nos institutions ne relèvent pas de cette logique de bipolarisation (majorité/opposition) et d’alternance. Le Conseil fédéral est élu pour une durée fixe de quatre ans. Pour chacun de ses projets, il doit trouver une majorité au Parlement, pas toujours la même d’ailleurs et, le cas échéant, le soutien d’une majorité populaire. Ce jeu à trois – Conseil fédéral, Parlement, peuple – justifie la participation à l’exécutif des principales forces politiques. Cette participation doit faciliter la recherche de solutions de compromis, seules à même de trouver un soutien suffisant.

L’UDC, en se positionnant en force d’opposition radicale, refuse les règles de la concordance. Elle ne montre aucun intérêt à bâtir des compromis. Son seul objectif consiste à optimiser ses résultats électoraux en exacerbant les mécontentements. Pour ce faire, elle n’hésite pas à invectiver systématiquement les autres partis, le Conseil fédéral et la justice accusés de trahison, prétendant être seule à défendre les intérêts du pays. Plutôt que de coopérer dans la recherche de solutions, elle a fait le choix systématique d’un bouc émissaire, les étrangers. Dans cette entreprise de terrible simplification, elle va jusqu’à mettre en question les principes fondamentaux d’un Etat de droit tels que l’égalité de traitement, le principe de proportionnalité et la séparation des pouvoirs.

Ce parti, qui se veut le champion du patriotisme, est en passe de mettre la Suisse dans une situation intenable sur la scène internationale. Qu’il s’oppose à une adhésion à l’Union européenne, c’est son droit. Qu’il ait fait échouer l’adhésion à l’Espace économique européen, c’était aussi son droit. Mais qu’il soit prêt maintenant à faire capoter les accords bilatéraux montre à quelles extrémités destructrices peut conduire l’obstination de cette formation.

Un tel parti, qui n’a que mépris pour ses adversaires et qui ne montre aucun intérêt au compromis, n’a pas sa place au sein du Conseil fédéral.

On rétorquera que les socialistes aussi mènent une politique d’opposition. Mais cette opposition n’a rien de systématique. La concordance n’exclut pas d’ailleurs des positions parfois divergentes lorsque le compromis se révèle trop peu équilibré.

Les autres partis gouvernementaux et surtout les libéraux-radicaux ne semblent pas avoir encore compris que l’UDC n’est pas soluble dans la concordance.

L’UDC passe pour un parti conservateur. Erreur: il s’agit d’un parti révolutionnaire prêt à détruire les institutions et à mettre en danger l’économie. Ne lui concéder ne serait-ce qu’un siège au gouvernement, c’est affaiblir l’exécutif et non renforcer sa représentativité.

DOMAINE PUBLIC

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Discussion

  • Eh bien! En vous lisant, les révolutionnaires du POP semblent bien dépassés sur le front de la révolution… Vous préparez le terrain pour la grande offensive visant à installer un gouvernement de centre-gauche en décembre?
    Je sais bien que M. Darbellay ne dirait pas non, mais quand même, éjecter le plus grand parti de Suisse, ça aurait une drôle d’allure.

    • Il ne s’agit pas d’éjecter le plus grand parti de Suisse, mais d’évier qu’un parti d’extrême droite de la pire espèce en Europe participe au gouvernement. Franchement, je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’un autre parti, PS, Vert, PLR ou PDC puisse envisager une collaboration avec l’extrême droite qui considère que ceux qui ne votent pas pour elle ne sont pas suisses (on connaît la chanson des années l930 en Allemagne…). Au contraire, le fait que près de 30 % de la population partage les opinions fécales de l’UDC devrait, pour tous les partis, être alarmant. Que cela ne le soit pas me rend triste. C’est cette attitude laxiste et opportuniste de la majorité qui a conduit aux malheurs du siècle passé. 

  • Magnifique !
    Malheureusement, il semble que le PS n’est pas prêt à autant de courage, si j’en crois cette information : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ca515190-d978-11e0-882a-6d05bf9669a8/Le_PS_reconna%C3%AEt_%C3%A0_lUDC_le_droit_%C3%A0_deux_si%C3%A8ges__au__Conseil_f%C3%A9d%C3%A9ral
    Le PS et les Verts devraient avoir le courage de mettre en jeu leur propre participation au gouvernement, en proposant au PDC et au PLR un gouvernement de concordance (la vraie, pas le petit jeu proportionnel). Soit les partis de la droite modérée accepte, soit la gauche se retire et les laisse gouverner avec l’extrême-droite UDC.
    Cela aurait du panache. Malheureusement, je crains que nos braves partis de gauche préféreront glisser la queue entre les jambes et courber la tête pour passer le joug qui conduit au Conseil fédéral.

  • Vous avez raison l’UDC est un parti révolutionnaire, il se bat pour rendre au peuple le pouvoir qui lui a été confisqué. C’est au peuple de choisir et aux partis de défendre ses choix. Par contre vous faites erreur en prétendant que l’UDC cherche à détruire nos institutions au contraire l’UDC défend notre système politique et ne se laisse pas inféodé aux choix faits à Bruxelles. Quand à l’économie tout le monde souhaite qu’elle se porte bien mais pas à n’importe quel prix et surtout pas celui de l’insécurité car quand il y a trop de monde on ne peux garantir à chacun, aux nouveaux venus comme à ceux qui sont déjà installés, la qualité de vie à qui nous permet de vivre ensemble et non pas de devoir nous supporter.

  • Comment peut-on interdire à un parti quel qu’il soit de mettre en question les accords bilatéraux? Ceux-ci sont sous la sauvegarde du souverain: peuple et cantons, qui ont le droit d’en disposer comme bon leur semble.

    Ou alors les accords bilatéraux seraient-ils comme les tables de la loi? Une sorte de document sacré que chacun serait obligé de vénérer.

    Pour le reste, on connaît le point de vue de DP sur la concordance réduite sur une base programmatique. Mais au fond cette conception n’est pas conforme à l’usage ni à la compréhension généralement admises des institutions. Il s’est institué une coutume (longa consuetudo) de la concordance arithmétique, perçue comme légitime par la majorité des gens.
    Ceci est très évident dans les cantons, où les collèges gouvernants sont élus directement par le peuple sans aucune négotiation programmatique préalable. Le résultat est qu’on a partout des gouvernements sans programmes de législature, dont les membres sont obligés de se débrouiller avec des collègues porteurs de programmes contraires aux leurs.

    En résumé: est entrée dans les moeurs, que vous le vouliez ou non, la conception, et le fait, que les exécutifs ont aussi un caractère DELIBERATIF. Et selon toute vraisemblance cela va continuer comme ça. Cela sera même coulé dans le bronze, si, comme il’est vraisemblable, on adopte l’élection populaire du conseil fédéral, cette vieille revendication socialiste. Alors, le même système, conforme aux mentalités, régnera partout, des cantons à la confédération.

    • L’usage que vous évoquez n’existe de fait que depuis 1959, soit l’entrée du PS au CF. Avant cela, ce parti a été à plusieurs reprises le premier parti de Suisse en restant à l’écart du gouvernement. Si cet usage a pu durer aussi longtemps, soit de 1959 à 2003, c’est surtout parce que les résultats électoraux des principaux partis ont été d’une stabilité exemplaire, ne variant que de quelques pourcents et ne remettant jamais en cause l’équilibre trouvé. Or, depuis quelques temps, cet équilibre est rompu, pour cause de triplement des suffrages à l’UDC et de l’apparition d’une ambition gouvernementale chez les Verts.

      En somme, l’usage de la concordance « arithmétique » n’a existé réellement, exception faite des années Blocher entre 2003 et 2007, que pendant la période dite de la « formule magique » (1959-2003). C’est donc l’exception plutôt que la règle.

      Ensuite, lorsque c’est le peuple qui élit le gouvernement, dans les cantons, il n’est nullement certain que c’est une représentation proportionnelle aux résultats électoraux qui en sortira. Les alliances et le poids des personnalités peuvent considérablement modifier la donne. Témoin les dernières élections cantonales bernoises qui ont abouti à un parlement de droite et un gouvernement de gauche. Il y a d’autres exemples.

      La concordance arithmétique (cette expression est quand même un peu idiote…) n’est donc qu’une proposition parmi d’autres. Une véritable concordance (cette fois-ci fidèle à l’étymologie) peut aussi être proposée et permettre à un gouvernement de fonctionner sur la base d’un minimum d’éléments communs, dont la politique européenne pourrait faire partie.

      A mon sens, ce n’est pas forcément l’opposition aux accords bilatéraux qui devrait pousser les autres partis à mettre en place un gouvernement sans l’UDC. Après tout, la politique européenne n’est pas taboue, en tout cas plus taboue qu’autre chose. Non, ce qui devrait conduire à écarter ce parti, c’est qu’il n’est qu’une « machine destructrice » consacrée à tout faire pour capter des voix à tout prix. Les nombreux retournements de veste (accords bilatéraux justement, affaire UBS, etc.), les provocations inutiles, les campagnes extrémistes, le refus de « concorder » montrent que le but est de tenter une prise de pouvoir sur le système, ce qui aboutirait à la disparition de l’historique concordance. On remarquera encore que les partis cousins restent la plupart du temps à la marge, qu’ils se nomment FPö ou Front national…

      La question qui reste, c’est seulement de savoir si les partis de gauche (PS, Verts) sont prêts à renoncer à des fauteuils gouvernementaux plutôt que de vendre leur âme une fois de plus en quémandant des strapontins (cf. la dernière distribution des maroquins). Je suis convaincu qu’il faut mettre les partis respectables de droite (PLR, PDC) au pied du mur : avec qui veulent-ils travailler, avec l’extrême-droite ou avec la gauche ?

    • Votre analyse a sa logique, tout comme la mienne.

      Tout de même 60 ans d’usage, dans la vie politique moderne, c’est long. On s’est accoutumé à ce régime. L’opinion le juge légitime et ne souhaite pas en changer. 

      C’est vrai: on peut dire que l’UDC a changé, et elle a triplé son électorat. Mais là ausi, c’est une question de point de vue. Pour moi, et beacoup de gens, c’est plutôt le reste de la classe politique qui a dangereusement dérivé vers la gauche et dans un sens pro européen, contraire au sentiment majoritaire. Vu ainsi, c’est l’UDC qui est garante de la normalité légitime: c’est à dire une Suisse conservatrice indépendante et neutre, alors que les autres apparaissent comme ayant trahi, d’ou la désaffection de leurs électorats et le triplement de l’UDC.

      L’UDC présenté comme excessif, extrêmiste, etc. Là encore, question de perception. Les campagnes politiques suisses de gauche comme de droite ont toujours été violentes depuis plus d’un sècle, ayant recours à un bestiaire choquant: pieuvres, araignées et autres animaux sympathiques, et des images comme le balai, la tenaille coupant un pièce de monnaie, une botte menaçante déstabilisant Guillaume Tell (affiche contre l’initiative frontiste pour une révision totale de constitution, elle pourrait être reprise telle quelle par l’ASIN et l’UDC aujourd’hui pour combattre tout accord « institutionnel » avec Bruxelles).

      En réalité les affiches actuelles de l’UDC: moutons noirs et immigration massive, ne sont nullement plus violentes que cette tradition, commune je le répète, à la gauche ET à la droite en Suisse. Elle sont dans le droit fil de ce qu’il faut bien appeler la culture politique suisse. Ces campagnes choquent les sensibilités post-soixanthuitardes anti autoritaires et la gauche morale. Mais je ne pense pas qu’elles choquent le pays profond. Pas du tout.

      Prenez les propos de M. J.-C. Mermoud, un homme qui fait tant l’unanimité et que tout le monde bénit après son triste décès. Il ne se désolidarisait nullement des campagnes de son parti. Il approuvait sans état d’âme l’interdiction des minarets. La pseudo dichotomie « agrariens » contre « blochériens » tout comme la différence de sensibilité entre UDC et mainstream des partis bourgeois, sont en réalité inexistantes. L’UDC exprime crument ce que la Suisse bourgeoise ressent dans ses tripes.

      Il est vrai que l’UDC mène une politique d’opposition, comme le PS avant la guerre. Il est donc perçu, à l’instar du PS d’hier, comme déstabilisant un certain consensus et une certaine quiétude des élites dirigeantes, habituées aux arrangements entre amis. Il y a donc naturellement une résistance, qui est celle de l’establishment, contre l’idée de donner à l’UDC une part du pouvoir correspondant à sa représentativité électorale. De même il y a eu une forte résistance à l’idée d’accueillir les socialistes au gouvernement.

      Dans tout cela il y a un bras de fer. Et on ne sait pas encore qui le gagnera. On y verra un peu plus clair le 14 décembre.

      Je pense que l’intransigeance et le refus de tout compromis de l’UDC actuelle est principalement à but « pédagogique » si j’ose dire, ou tactique si vous préférez. Il s’agit de montrer la capacité de nuisance du parti si on le maintient dans l’opposition. Le but étant que la majorité du parlement, « aus Eigennutz » comme le disait explicitement M. Blocher dans son interview de ce vendredi sur sa page Telebocher.ch, accepte de donner à l’UDC une représentation au CF correspondant à sa force électorale. Une fois ceci acquis, l’UDC se montrera gouvernementale et orientée solution. Mais bien sur elle entend mettre un minimum d’eau dans son vin car elle veut infléchir la politique dans le sens qu’elle appelle « bourgeois ».

      En cela elle se contente de se montrer, en somme, un parti radical un peu plus raide ce que les radicaux sont devenus. Pour moi le vote UDC est un vote radical et PDC des années 70, venant d’un électorat qui n’a jamais accepté l’évolution de ces deux partis, leurs compromis jugés excessifs avec la gauche,  et leurs options pro européennes. Il y a donc une volonté très forte dans cet électorat conservateur dont je fais partie, de remettre les pendules à l’heure. De remettre le curseur au centre, c’est à dire à l’endroit que nous considérons comme le centre, et qui pour vous serait à droite.

      L’exemple de la loi scolaire sur laquelle nous votions dimanche passé est une bonne illustration. Pour moi ce qui s’est fait depuis 30 ans en matière scolaire doit être mis au rencart purement et simplement. Car je n’ai jamais accepté la nouvelle conception pédagogique qui a mis la pagaille dans le système scolaire parfait qui existait avant. Et je pense que je ne l’accepterai jamais.

      Bien sur je dois avouer aussi que je comprends votre sentiment. Vous souhaiteriez une gauche plus combative contre cette droite dure. Et vous haïssez l’attitude quémandeuse du PS, prête à toutes les compromissions pour des sièges. Vous auriez préféré que le PS ait la force de choisir l’opposition pour défendre ses positions, plutôt que de rester au gouvernement dans un statut subalterne et en acceptant, de fait, une politique de droite. Seulement en se montrant plus intransigeant, le PS pourrait espérer faire bouger les choses.

      En somme: vous reprochez au PS de ne pas se comporter comme l’UDC.

    • Je n’ai pas de lien « répondre » pour répondre au message de « Curieux » ci-dessous, et je souhaiterais juste lui signaler que mon commentaire répondait à Achille Tendon et pas à lui.

    • Quelques remarques sur les propos de Curieux de lundi à 7h13 et d’hier à 20h30.
      Je le précise, car comme ce débat a des réponses, des contre-réponses et des réponses en travers, il faut suivre…

      D’abord je prends acte que vous êtes conservateur, ce qui ne me gêne pas, étant démocrate avant tout, mais évidemment pas démocrate du centre au sens de l’UDC, car l’UDC au point de vue démocratie interne, ils en sont encore à l’âge de la pierre taillée…

      Un autre remarque en passant sur Jean-Claude Mermoud: « un homme qui fait tant l’unanimité et que tout le monde bénit après son triste décès ».
      Votre phrase frise le ridicule. Je respecte évidemment le chagrin de ses proches, mais le traitement ultra-médiatique de son décès est proprement scandaleux. C’était tout simplement un notable ordinaire, pas très futé, assez bon gestionnaire, mais qui ne laissera aucune trace politique durable.
      En Suisse comme partout ailleurs on a aussi besoin de beaucoup hommes politiques d’envergure, et Jean-Claude Mermoud n’en était certainement pas un, il y a probablement quasi-unanimité sur ce sujet.

      Ensuite, sur vos remarques pertinentes sur les gens qui se disent  d’ouverture, mais qui votent quand même avec l’UDC pour des intérêts égoïstes, ce sont tout simplement des lâches. Ce ne sont pas avec des citoyens de ce calibre que la Suisse prospérera.

      Enfin je suis retombé ces jours par hasard sur une pensée de Montesquieu, qui date donc de plus de 250 ans, et que je partage entièrement.
      Je  vous la livre en réflexion, il y parle aussi de famille, de patrie et d’Europe, mais pas à la manière de l’UDC…
      « Si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. »

  • A vous lire, on comprend que vous êtes pour la représentation proportionnelle  seulement lorsque cela vous arrange !!
    Quant à la concordance, ce serait, selon vous, à la tête du client.
    Vous oubliez que la majorité des Suisses est nationaliste, donc contre l’Europe oligarchique et sa myriade de petits copains despotes, eux. Avides de pouvoir comme certains de ses adeptes prosélytes !
    Le PS est en perte de vitesse, en grande partie pour cette prise de position pro-européenne et entre entre autres, anti-armée. Et au fond qui représente-t-il vraiment encore aujourd’hui ?
     

    • Il faut arrêter de mélanger parlement et gouvernement. Le parlement a pour tâche la représentation de la diversité du peuple, mais le gouvernement se doit de gouverner, de donner un sens à son actions plutôt que de tirer à hue et à dia…
      Ou alors, si vous voulez être cohérent avec votre idée de gouvernement proportionnel, il faut admettre qu’il soit beaucoup plus nombreux, afin que se sentent « représentés » les femmes, les hommes, les paysans, les montagnards, les citadins, les homosexuels, les diverses tendances politiques, les protestants, les catholiques, les uranais, les schaffhousois, les thurgoviens, les appenzellois des Rhodes intermédiaires, les grisons romanches, les grisons italiens, etc. C’est un casse-tête sans fin qui mène nulle part. Il faut donc revoir les bases de l’instruction civique et d’urgence différencier les tâches d’un gouvernement de celle d’un parlement.
      Une majorité des Suisse « nationalistes » ? Il faut ici éviter de prendre vos désirs pour des réalités. Le parti nationaliste UDC, bien qu’approchant les 30 %, reste minoritaire et la majorité a régulièrement approuvé les accords bilatéraux, Patriotes, peut-être… nationalistes manifestement pas.

    • Moor, mon observation était beaucoup plus nuancée que la caricature que vous en faites. Je constatais simplement que depuis très longtemps en Suisse, dans les gouvernements cantonaux comme au CF, les exécutifs sont formés sans aucun accord programmatique préalable. C’est la raison pour laquelle ces collèges ont aussi un caractère délibératif. C’est sans doute une particularité helvétique. Le collège étant composés de personnalités idéologiquement opposées les uns aux autres (prenons l’exemple d’un Jean-Claude Mermoud et d’une Anne-Catherine Lyon par exemple ou d’une Micheline Calmy-Rey et d’un Ueli Maurer) ces messieurs dames ne parviennent pas toujours à dégager un consensus et souvent il faut voter. Et ça marche! La preuve: à 4 contre 3 on a décidé de sortir du nucléaire.

      Vous ne voulez pas l’accepter cela car cela heurte votre esprit rationaliste. Vous tenez absolument à un gouvernement de coalition, qui n’est pas les moeurs helvétiques. Je ne conteste pas la cohérence de votre vision. Je pense qu’elle a très peu de chances d’être suivie, pour beaucoup de raisons, dont cette attitude opportuniste du PS qui vous débecte.

      Enfin, vous avez tout à fait raison de dire que la Suisse n’est pas nationaliste. D’ailleurs je n’ai jamais dit ça. J’ai simplement constaté que si le style politique UDC vous hérisse le poil à vous, il ne gêne pas une bonne majorité parmi laquelle on trouve pêle mêle beaucoup de gens ne sont pas d’accord du tout avec l’UDC. Simplement, ils ne sont pas choqués par ces campagnes et ils sont même sensibles à leurs thèmes.

      A cet égard les remarques de Jaussi sont intéressantes. Il dit que beaucoup de gens « voteront UDC en cachette …. Parmi eux, probablement plusieurs représentants de « l’élite » consitutuée de professeurs, médecins, gestionnaires, etc, qui ne supportent pas d’être mis en concurrence sur le marché de l’emploi, surtout avec des Allemands très qualifiés. » Je trouve cette observation très juste et j’ajouterais que parmi les personnes de tous milieux sociaux qui voteront UDC par crainte de la libre circulation, il y a beaucoup de gens sincèrement de gauche, progressistes, ouverts d’esprits, féministes, libertaires abonnés à DP depuis longtemps, et tout et tout. Seulement voilà, ils ont peur pour leur job. De même, combien de féministes et gens ayant l’esprit d’ouverture n’ont pas pu s’empêcher de verser un OUI dans l’urne lors de l’initiative des minarets?

  • juste et bien senti

  • J’ai beaucoup de sympathie pour la position de M. Delley. Mais la réalité est malheureusement différente: les ailes économiques du PLR ne marcheront pas. Exemples: apparentement UDC/PLR dans le canton de Vaud (?), la vénérable NZZ qui défend la candidature de Blocher pour le Conseil des Etats (Gutzwiller doit aimer!). Les ailes conservatrices et militaristes du PDC de Suisse centrale de marcheront pas non plus. En ce qui concerne le PS, voir les commentaires de « moor » que je partage. Le résultat est programmé d’avance: éviction de Widmer-Schlumpf, élection de 2 UDC suisses-alémaniques, des 2 PLR sortants, de la PDC sortante et de la socialiste sortante et d’un socialiste romand. C’est la solution que le PS voudra avec le soutien de l’UDC. La question des bilatérales, comme tous les contentieux potentiels avec l’étranger, se règleront comme d’habitude. La Suisse lâchera dès que la pression, économique surtout, se fera sentir. Avec l’UDC ou sans l’UDC au CF. Avec 3-5 ans de retard et sans concept. En jurant que c’est la dernière fois qu’on nous y reprendra. L’ignorance de la réalité et l’absence de concept qui en résulte dans beaucoup de domaines vitaux est la caractéristique marquante actuelle de la Suisse. En compensation, on légifère sur le tabac, l’alcool, les heures de sorties pour les jeunes, et j’en passe. C’est exactement cela qui fait la force de l’UDC, qui peut toujours prétendre que tous les autres partis n’ont pas de principes et de c…. (sorry for my french).

  • Si l’on vous suit bien, vous voulez que le tiers des électeurs ne soient pas représentés au CF ? Vous appelez cela comment ? La démocratie ?

    • C’est le parlement qui représente la nation. La tâche du gouvernement n’est pas de « représenter », mais de gouverner. Il est impossible de jouer les proportionnalités sur 7 personnes et le fait d’essayer conduit régulièrement, depuis l’explosion de la « formule magique » à des élections-loterie au Conseil fédéral.

  •  
    OUI, bravissimo à Jean-Daniel Delley.
    Enfin un éditorialiste qui voit clair dans le jeu de l’UDC.

    L’UDC était traditionnellement un parti conservateur (PAB: paysans, artisans et bourgeois en Suisse romande). Même si la plupart de ses idées ne sont pas du tout les miennes, il avait son rôle dans les institutions suisses et tant que citoyen démocrate, je ne contestais pas sa place dans le système de concordance.
    Le véritable successeur de l’UDC ancienne est le PBD, et celui qui a des idées conservatrices en politique se retrouve sans problèmes en phase avec les grandes lignes politiques du PBD.
    L’UDC nouvelle, ou actuelle, ou encore blochérienne, s’est développée sur les thèses de la garde rapprochée de Christophe Blocher : Christoph Mörgeli, Ulrich Schlüer et Hans Fehr pour citer les plus connus. Or si vous lisez en allemand les discours politiques de ces trois sinistres et dangereux individus, ils sont tout à fait comparables aux discours des hauts dignitaires du régime national-socialiste il y a environ 75 ans.

    Cachez ce sein que je ne saurais voir … Cela a toujours été le discours des tartuffes et hypocrites de tout poil, qui ne veulent pas voir vers quelle aventure sinistre et dangereuse veut nous emmener l’UDC blochérienne.

    Un citoyen averti en vaut deux, je l’espère…
     

    • Bravissimo, vous avez oublié de mentionner Oskar Freysinger, Natalie Rickli, Toni Brunner, Yvette Estermann, Lukas Reimann, Luzi Stamm, Adrian Amstutz qui font partie des plus connus et qui sont tout aussi sinistres et dangereux que ceux que vous avez détectés. Et il y a les militants que je vois et entends « ad nauseam »  en Suisse alémanique surtout. Et il y a ceux qui voteront UDC en cachette, car ils sont frustrés. Parmi eux, probablement plusieurs représentants de « l’élite » consitutuée de professeurs, médecins, gestionnaires, etc, qui ne supportent pas d’être mis en concurrence sur le marché de l’emploi, surtout avec des Allemands très qualifiés. Voir à ce sujet le superbe article de Peter Teuwsen « Das Gifpeltreffen » dans les pages suisses de l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » de la semaine passée (8 septembre 2011, No. 37).

  • Entièrement d’accord : l’UDC blochérienne n’a pas sa place au gouvernement. Le problème est que ce point du vue est partagé majoritairement en Suisse romande seulement, mais en Suisse alémanique, c’est une autre affaire… D’ailleurs la preuve vous l’évoquez vous-même avec la position surprenante pour le réputé « bouillonnant » Cédric Wermuth, révolutionnaire en herbe devant ses admirateurs des JS, mais très lèche-bottes devant un auditoire UDC !
    La solution je le vois de plus en plus, tout comme d’autres politiciens de gauche romands, avec l’élection du Conseil fédéral par le peuple, avec deux sièges garantis pour la Suisse romande, qui aura comme conséquence l’éviction de l’UDC du Conseil fédéral par le peuple ! Ce sera un magnifique auto-goal pour l’UDC, arroseur arrosé !!
     

  • Bravissimo, si vous n’appréciez pas M. Jean-Claude Mermoud c’est votre droit. Personnellement je l’aimais bien. Je constate qu’il était très populaire et que des gens de gauche comme de droite pouvaient s’identifier à lui. Cela va dans le sens de mon propos qui est de dire que l’UDC, si elle trouve des personnalités rassembleuses, est capable d’avoir derrière elle une majorité.

    De toute façon, malgré vos propos plutôt arrogants et méprisants envers un homme simple comme Mermoud, et qui ne manqueront pas d’irriter beaucoup de gens, vous ne pouvez nier que cette personnalité est bien la preuve qu’il n’existe pas une feuille de papier à cigarette entre l’UDC « zuichoise, blochérienne, dure, etc., etc. » et le bon vieux PAI-UDC de chez nous.

    Ensuite vous traitez, avec dédain, de lâches ceux qui sont d’opinions progressistes et qui votent quand même pour l’UDC parce qu’ils souhaitent un marché du travail protégé de la concurrence sauvage qu’implique la « libre exploitation », pardon « circulation ». Je trouve que vous faites preuve de bien peu de compréhension humaine. Tout un chacun pense à son bifteck. Sauf la catégorie des milliardaires internationaux qui peuvent toujours aller là où on leur offrira le plus d’avantages, les gens ont tous quelque chose à perdre. On peut avoir été gauchiste à vingt ans, et à cinquante mettre de l’eau dans son vin, rouge, parce qu’entretemps on est devenu père de famille, on a construit une maison ou acheté un appartement et pour celà souscrit une hypothèque; Si en plus on risque de perdre son emploi d’ingénieur technicien qui pourrait être donné à un polonais travaillant pour un cinquième de votre salaire, on risque même de signer l’initiative contre l’immigration massive. C’est humain et ne mérite pas le mépris.

    Je doute fort que vous même, quand vous prenez une décision, vous écartiez celle qui serait dans votre intérêt mais en contradiction avec vos idées. Et même si vous étiez un de ces idéalistes béats, vous devriez vous abstenir de tels propos méprisants envers vos congénères. Et en plus, même s’ils étaient effectivement des lâches, je vous signale que la démocratie est un régime qui donne le droit de vote à tout le monde: les purs et courageux comme vous mais aussi les lâches.

    Proposez-vous un changement de régime où seuls les « citoyens de calibre » comme vous auraient le droit de vote? Evidemment la Suisse prospérerait mieux dans ce cas. Mais, question ? Comment déterminerez-vous ceux qui ont le « calibre » et ceux qui ne l’ont pas ?

    Enfin vous citez Montesquieu disant que toute pensée utile à une personne, un groupe ou une nation mais préjudiciable à la communauté plus large doit être considérée comme un crime. Merci pour la culture mais la leçon laissera froid tous ceux qui sont revenus de l’utopie d’un monde sans frontières.

    Il est bien évident qu’une Suisse indépendante et neutre, prospère, régulant elle-même son immigration, ayant sa propre monnaie etc., est beaucoup plus dans l’intérêt bien compris de l’Europe et du monde qu’une Suisse ayant perdu son indépendance, livrée pieds et poings liés aux majorités du parlement européen et aux directives de Bruxelles, appauvrie par la perte du secret bancaire, par la libre exploitation, par l’immigration massive, etc. Une fois que nous aurons tout perdu et que nous serons tout nu, nous ne serons plus capable de venir en aide à personne.

    • Merci, Curieux, de m’avoir longuement répondu.

      Il est possible que je sois méprisant et arrogant, ce n’est à moi de me juger, mais sincèrement je ne le crois pas. Je suis direct, parfois très direct, ça permet d’avancer, parfois…
      Idéaliste ? Pur ? Courageux ?  On me dit plutôt pragmatique…
      Mais revenons-en au fait, à un fait qui vous tarabuste, me semble-t-il, et qui n’existe tout simplement pas, c’est-à-dire qu’il n’y a tout simplement pas d’immigration massive en Suisse, comme vous le prétendez.
      La population étrangère, y compris les assimilés de longue date, voisine entre 20 et 25%. Et alors ? Sans eux il y a longtemps que l’AVS ne se porterait pas aussi bien, pour être justement pragmatique. Vous semblez oublier tout ce que cette immigration a apporté, apporte et apportera encore à la Suisse. Et en plus ils n’ont même pas le droit de vote, un vrai scandale à mon avis.
      Vous ne mangez pas de soupe Maggi évidemment, puisque ces produits portent le nom d’un fils d’un pauvre immigré italien qui avait séduit et épousé une vraie Suissesse et lui a fait cinq enfants bâtards italo-suisse, dont le dernier, Julius, était très ingénieux et est l’un des hommes à l’origine de la multinationale Nestlé.
      Cette immigration massive, c’est une invention de l’UDC, relayée par des médias avides de fric, car faire peur aux gens, ça rapporte toujours.
      Sans les travailleurs étrangers, tous les hôpitaux suisses, qui ont en outre une réputation mondiale de haut niveau, pourrait fermer leurs portes, parce que peu de Suisses veulent faire ces travaux parfois ingrats, très souvent stressants et surtout mal payés.
      Désolé, mais la Suisse que vous décrivez dans votre dernier paragraphe n’existe que dans votre imagination. Sans les échanges intenses avec l’étranger, à tous niveaux, et cela depuis des décennies et des décennies, la Suisse n’existerait plus depuis longtemps …
      Car la Suisse est au cœur de l’Europe. Sans cette irrigation constante avec les pays amis, voisins et éloignés, elle mourrait en effet asphyxiée.
       

    • Vous aurez beau faire tourner votre moulin à prières tibétain qui répète sans cesse: yapadimigrationaypadimigrationyapadimigrationaypa… ça n’aura aucun effet car tout le monde RESSENT le contraire.

      Bien évidemment il y a une immigration massive. Il suffit d’ouvrir les yeux. Sinon il n’y aurait pas eu cette flambée de la Lega et du MCG dans les cantons frontaliers, Il y a aussi l’arrivée des gangs lyonnais hyperviolents à Genève qui se précipitent depuis qu’il n’y a plus de contrôles aux frontières. Etc., etc.

      Au temps de Schwarzenbach il y avait aussi une pression due au dumping social pratiqué par les gros embaucheurs de saisonniers. Schwarzenbach a lancé ses initiatives qui ont fait un malheur. Son parti n’a pas atteint la force de l’UDC donc la question ne se posait pas de dire si l’Action Nationale avait ou pas sa place au CF. Mais le CF de l’époque a pu faire ce que demandait le peuple, car la Suisse ne s’était pas liée les mains par des traités mal fichus. Elle a introduit des contingents. Cela a fait retomber la pression.

      Aujourd’hui on nous bourre le mou avec de la propagande: la libre circulation nous a apporté 270’000 emplois (Fulvio Pelli). Admirez la précision du chiffre. Mais le simple pékin se dit: si ce sont 270’000 emplois qui ont été donnés à 350’000 étrangers, je ne vois pas l’avantage pour moi, petit Suisse. De plus: ces emplois c’était en période de boom économique, dans les années 2000. Désormais ça va être le marasme. Par conséquent les gens ne pensent plus pareil. On regarde les coûtis induits par cette immigration et on se demande si tout au bout du compte le bilan est positif. Mieux vaut peut-être une croissance moins surchauffée et garder les places de travail existantes, avoir des loyers abordables, pareil pour le prix des billets de chemin de fer, le mitage du territoire et tout et tout. Sans oublier la criminalité, que vous n’allez tout de même pas nier.

      Désolé Bravissimo vous êtes dans le déni de réalité.

      Je vous ferais encore juste remarquer une chose, dans ma perspective professionnelle: La différence avec le temps de Schwarzenbach c’est qu’à l’époque l’Ueberfremdung se ressentait uniquement dans la classe ouvrière. Il y a encore 20 ans, tous les hauts dirigeants des banques et des grandes entreprises suisses étaient des Suisses. D’accord c’étaient des radicaux et des colonels, mais c’étaient des Suisses. Aujourd’hui regardez: UBS, Crédit Suisse, Swisscom, Swissair, ABB, Nestlé. Vous voyez un seul Suisse? Ne pensez-vous pas que pour la jeunesse diplômée et ambitieuse c’est inquiétant?

      Alors le sentiment d’Ueberfremdung est là. L’UDC a sa place au gouvernement car on a besoin de gens ayant le courage de prendre ce problème à bras le corps et ce, précisément parce que les autres forces politiques sont engluées dans la servitude volontaire à Bruxelles, Schengen et à la libre circulation sans frein.

    • … je n’ai rien à répondre, sinon par un sentiment de tristesse; peut-être mon moulin tibétain me donne la mélancolie que l’on ressent dans les hauts plateux de l’Himalaya…

  • Eh bien la campagne argumentée a bien commencé dans DP! Soyons néanmoins pragmatiques. Le discours répété pour la Xème fois dans DP de la place non justifiée de l’UDC au CF ne convaincra que les déjà convaicus et n’aura jamais aucun effet si ce n’est de pouvoir décharger notre insatisfaction et de discourir à perdre haleine.
    Vous le savez bien, la seule action efficace est de voter utile au Conseil National et surtout de convaincre toutes nos connaissances alémaniques de quelque parti qu’ils soient, hors SVP naturellement, de faire la même chose. Seule l’arihmétique et les petits calculs compteront.

  • J’ai eu du plaisir à lire votre article qui a le mérite de remettre l’église au milieu du village concernant le parti d’extrême droite UDC.

    Je pense qu’il faudrait que les stratèges du PSS et M. Christian Levrat lisent cet article pour qu’ils cessent de proposer dans la presse de s’allier au parti d’extrême droite UDC dans une drôle de cuisine électorale pour favoriser les demandes du parti d’extrême droite UDC en nombre de sièges au Conseil fédéral.

    • A RZaslawsky, bravo, j’ai bien aimé que vous insistiez sur le terme parti d’extrême-droite UDC.
      Comme déjà dit, maintenant que le PBD existe au nouveau national, tous les vrais conservateurs (je les respecte) peuvent tout à fait se reconnaître dans le PBD, voire d’autres formations politiques.
      Ma modeste position personnelle a toujours été très claire vis-a-vis des formations d’extrême-droite, dont l’UDC est le principal acteur en Suisse. Et je ne comprends vraiment pas que le parti socialiste ne la partage pas dans le concret.
      Cette position, la voici: Les membres d’un parti d’extrême-droite, on les laisse parler, pérorer, gueuler, déblatérer,  invectiver, fulminer, radoter, mais on ne DISCUTE pas avec eux, on ne négocie pas avec eux, et évidemment on se s’allie pas avec eux, de quelque manière que ce soit.
      Quand la peste brune est accueillie dans le fruit sain qu’est la démocratie, c’est trop tard.

    • Bravo à vous aussi !
      Je souhaite néanmoins apporter un complément. Un article comme celui de JD Delley est nécessaire, car il remet l’église au milieu du village et oblige à se positionner. Mais c’est, comme cela a déjà été relevé, un cri dans le désert.
      La gauche doit avoir le courage de mettre en jeu sa propre participation dans un gouvernement où l’UDC commencerait à jouer un rôle prépondérant (à partir de 2 sièges…. car Maurer tout seul avec ses jouets ne fait perdre que du temps et de l’argent…). Il faut que les partis de la droite raisonnable doivent choisir entre :
      – Avoir l’opposition UDC en position dominante au CF + la gauche dans l’opposition.
      – Avoir l’UDC dans l’opposition.
      Cela les obligerait à prendre acte du fait que le PS et les Verts, aussi distants puissent-ils être des idées libérales-radicales, partage pourtant avec les partis de la droite classique une culture politique faite de respect, de concordance et d’ouverture.
      Si on veut éviter que l’UDC puisse continuer à polluer longtemps la politique suisse, il faut avoir le courage d’attaquer sec.
       
       
       

  • Désabusé a raison. Ce débat est sans cesse repris par DP, mais au fond il est oiseux, car les moeurs politiques suisses ont intériorisé une culture de concordance, consistant à inclure ou tenter d’inclure TOUTES les forces significatives, par opposition à une culture de coalition, impliquant l’exclusion d’un élément important et la définition d’une plateforme programmatique minimale.

    Même si moor a raison de faire remarquer que ce système ne date que de 1959, il me semble qu’il s’est imposé à cause du traumatisme vécu dans la période où le PS était totalement exclu, en faveur d’une coalition « bourgeoise » à dominante radicale. Il existe donc une volonté instinctive de « plus jamais ça ». Et de toute façon il n’y a patiquement pas le choix, car dans la démocratie semi directe les coalitions ne sont pas viables. Elles seraient constamment mises en échec par des référendums (referenda?)

    Il est évident que dans le milieu des rédacteurs de DP l’UDC est imbuvable. Mais cela ne leur permet pas de jeter l’anathème sur ce parti. Car pour la portion conservatrice du pays, qui pèse plus lourd, le PS est au moins aussi imbuvable. C’est un parti  à la gauche de la gauche social-démocrate européenne, dans lequel foisonnent des éléments marxistes extrêmistes, un parti pro-européen, ayant renié son engagement envers l’armée, proclamant sa volonté d’abolir le capitalisme, etc., etc. Donc à droite on pourrait dire aussi: le PS n’a pas sa place au conseil fédéral.

    Or la Suisse de droite n’est pas si dogmatique: elle accepte la participation au pouvoir de ce PS là. Il n’est donc pas possible d’ostraciser l’UDC, ni de la dépeindre comme une force maléfique à exorciser.

    En revanche je donne raison à moor. Le PS se met lui-même dans une infériorité évidente face à la droite UDC. Car – contrairment à l’UDC – il n’est pas prêt à accepter une cure d’opposition au cas ou certaines de ses exigences essentielles ne seraient pas satisfaites. Tout le monde voit bien que le PS préfèrerait mourir plutôt que de renoncer à la recherche effrénée des places.

    Finalement, je l’ai déjà fait remarquer plusieurs fois à moor,  sa critique revient à reprocher au PS de ne pas faire comme l’UDC. Alors, pourquoi excommunier l’UDC parce qu’il a un courage que le PS n’a pas, et que vous reprochez au PS de ne pas avoir?

    Enfin, la politique étant l’art l’ART DU POSSIBLE, on ne comprend pas la position de M. Delley.

    IL SAIT POURTANT TRES BIEN QU’AUCUNE MAJORITE N’EXISTE EN SUISSE POUR LA POLITIQUE DE CENTRE GAUCHE PRO EUROPEENNE QU’IL APPELLE DE SES VOEUX. (Je veux dire aucune majorité dans le pays, qui serait immanquablement appelé aux urnes pour couler les initiatives de ce gouvernement de centre gauche. Au parlement, à l’extrême rigueur, il y aurait une majorité, quoique aléatoire et théorique. Elle éclaterait immédiatement car le « centre » lâcherait le PS à la première décision « anti business ».)

    Seule l’UDC pourrait éventuellement tenter l’épreuve de force (le PS, en réalité, n’en a plus la force.) Au cas où elle n’obtiendrait pas son deuxième siège (qui doit revenir à un candidat genre Baader, agréé par le parti) l’UDC pourrait aller dans l’opposition. Dans un pays dont la hantise est la tension majorité – opposition, l’UDC augmenterait énormément ses forces en quatre ans d’opposition. Pendant ce temps elle ferait échouer tous les projets du gouvernement, dont la majorité serait chancelante, faute d’unité entre la gauche PS et verte d’une part et le « centre », tout dévoué aux intérêts patronaux. Après quatre ans le système unanime réclamerait à cor et à cri le retour de l’UDC qui gagnerait les élections et 2015 par un raz de marée et dicterait ses conditions.

    M’est avis que les stratèges des partis ne prendront pas ce risque et que M. Delley prêchera dans le désert.

    • Curieux,
      Quid d’une UDC qui serait en réalité en train de tenter de « tuer » la concordance et d’essayer de mettre en place une claire majorité de droite, dominée par elle ?
      En Suisse alémanique, c’est une hypothèse qui est souvent mentionnée…

    • Merci, Moor de poser à Curieux…. la question qui tue!

      J’ai une autre question à Curieux: quoi que vous disiez sur l’unité de l’UDC de Buchs à Chancy, l’UDC nouvelle, ou blochérienne, ou d’extrême-droite, comme vous préférez …, est clairement un mouvement suisse alémanique, et fondamentalement ce mouvement ne serait pas mécontent de se débarrasser de la Suisse francophone, qu’en gros le «Welche» Napoléon leur a forcé à intégrer il y a environ 200 ans.

      Alors, Curieux, quid de la Suisse actuelle, si l’UDC au pouvoir parvenait à faire des francophones des citoyens de seconde zone?

    • La réflexion de moor est  très intéressante. L’UDC serait-elle en train de prévoir une claire majorité de droite dominée par elle? Je l’ignore, n’étant pas le secret des stratèges de l’UDC. Mais ça se pourrait. 
      Après tout il n’est pas plus interdit de souhaiter une majorité de droite, que de souhaiter une exclusion de la droite (UDC) et donc un gouvernement de coalition qui pencherait mécaniquement vers le centre gauche, puisque le catamaran n’aurait plus de vrai flotteur droit mais seulement un flotteur de centre droit (PLR) un flotteur du centre (PDC) et un flotteur plus fort carrément à gauche (PS, éventuellement avec l’appoint des Verts).
      Cela voudrait-il dire que l’on abandonnerait la concordance? Si on suit la ligne de M. Delley, à mon avis, on abandonnerait la concordance arithmétique à laquelle nous sommes habitués, puisqu’une force importante, la plus importante même serait exclue alors que la concordance postule l’inclusion de toutes les forces importantes,
      Quant à l’UDC, a-t-elle le secret dessein de mettre un terme à la concordance, c’est à dire d’exclure la gauche et gouverner à droite?  C’est possible. Seulement, dans ce cas, l’UDC s’arrangerait pour rester jusqu’au bout cramponnée à la concordance arithmétique, pour que soient les autres qui y mettent fin en suivant le conseil de M. Delley.
      Dans ce cas l’UDC  jouerait sur le velours. Elle pourrait dire: vous voyez bien que ces gens nous ont poussés dans l’opposition, parce qu’ils foulent au pied la concordance. L’opprobre retomberait alors sur ceux qui l’auraient exclue. Et dans l’opposition, l’UDC pourrait travailler à une alternance à droite, en disant que ce sont les autres qui l’ont voulu ainsi.
      De cette façon en 2015 l’UDC reviendrait plus forte que jamais et serait alors vraiment en position de dominer le gouvernement. Elle pourrait même à ce moment proposer une coalition de droite en disant que c’est à son corps défendant, qu’elle s’est battue jusqu’au bout pour la concordance mais à cause de la mauvaise foi de la gauche, qui a brisé la concordance, ce qui est cassé est cassé.
      De ce point de vue, la ligne préconisée par M. Delley, si elle était suivie, – ce que je ne crois pas du tout -, pourrait être une gaffe majeure donnant à l’UDC les clés permettant d’accélérer sa conquête du pouvoir.
      J’ai l’impression que l’UDC est préparée pour toutes les éventualités: avec ou sans concordance et s’efforçant de ne jamais brisé elle-même ce tabou. Sa force vient du fait qu’elle accepte le risque de se retrouver dans l’opposition si elle n’obtient pas ses deux sièges au CF.
       
      L’impression que tout cela donne et, moor, vous serez peut-être d’accord, c’est d’un côté un parti; l’UDC, qui a une stratégie de joueur d’échecs, et de l’autre des partis qui n’en ont aucune, réagissent au lieu d’agir, n’anticipent jamais ont toujours un coup de retard et s’agitent dans tous les sens en ordre dispersé perdant ainsi toute crédibilité.
      Cela vous exaspère, car vous détestez la ligne politique de l’UDC. Mais au fond vous reprochez surtout à l’UDC d’avoir, pour faire avancer une politique « réactionnaire » le sens stratégique que vous reprochez au camp progressiste de ne pas avoir.
       
      Au reste, agiter l’épouvantail de la Suisse coupée en deux : l’UDC représentant la Suisse allemande contre la Suisse romande, cet argument est un aveu de faiblesse et un signal de détresse de  la part de ceux qui l’emploient. L’UDC a commencé plus tard sa progression en Suisse romande mais il y a autant d’écoute pour ses thèmes des deux côtés de la Sarine. Enfin, si certains voient voit des fascistes partout cela n’a aucune crédibilité, encore moins venant d’un communiste comme Zysiadis.

  • Il est comique de constater le double langage des suppôts de l’UDC : d’un côté, ils menacent, ils exigent, ils démolissent, ils vitupèrent (« tous pourris, sauf nous »), de l’autre ils jouent dans la victimisation (« on veut nous exclure, etc.), et même ils nous mentent impudemment (« nous sommes le parti du peuple, le peuple nous donne raison », etc.
    Mais les faits sont implacables pour l’UDC blochérienne. Prenons simplement l’exemple de leurs affiches de propagande, le plus souvent racistes, ordurières et même obscènes, omniprésentes, dans nos villes, sur les quais de gare et même fixées aux lampadaires, à une hauteur respectable…
    Que doivent penser les touristes (nos hôtes !) qui séjournaient très nombreux en Suisse en plein mois d’août dernier, à la vue de ces innombrables affiches immondes et provocatrices placardées par le parti d’extrême-droite pour célébrer « à sa manière » la Fête du 1er Août ! Avez-vous lu un seul article dans les grands médias romands des groupes zurichois Ringier / Tamedia pour dénoncer cette gigantesque pollution intellectuelle, financée par le gourou milliardaire zurichois ? Mois pas en tout cas !
    Récemment, Josef Zysiadis dénonçait à juste titre la « fascisation » du discours politique sous la Coupole fédérale, qui s’est développée depuis quelques années dans l’indifférence générale et qui prend une ampleur inquiétante pour un démocrate normalement constitué !
    Le ras-le-bol dans la population face à tant d’insultes et de mépris pour la démocratie de la part du « parti suisse du peuple » SVP se fait heureusement de plus en plus sentir, en tout cas en Romandie. Car contrairement à ce qui pense l’UDC, les élections au système majoritaire sont le plus souvent défavorables au parti blochérien, y compris en Suisse alémanique. Donc, l’élection du Conseil fédéral par le peuple pourrait réserver de grosses surprises !
    Dans ce climat politique mesquin et nauséabond, chacun aura pu apprécier la lettre ouverte d’un Romand aux Alémaniques, courageuse et sans complaisance, de François Cherix, spécialiste des institutions et candidat vaudois du PS au CN, publiée dans l’Hebdo de cette semaine. Une bouffée d’air frais pour la cause romande et latine, car n’oublions pas non plus nos amis tessinois. Espérons que cette lettre ouverte aura un certain écho chez les politiciens alémaniques, mais ne nous faisons pas trop d’illusions, vu le rapport de force très défavorable pour les Romands et la tendance au repli sur soi, qui s’accentue de plus en plus Outre-Sarine…
     

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