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Votations du 4 septembre: l’UDC aligne les échecs

VD: l’initiative «Ecole 2010» supplantée par la nouvelle loi scolaire – ZH: les blochériens perdent huit votations sur neuf

Ceux qui prévoyaient qu’Anne-Catherine Lyon se retrouverait mise en difficultés suite au vote de ce dimanche 4 septembre sur la loi scolaire vaudoise en sont pour leurs frais. Par leurs commentaires alarmistes, ils auront bel et bien, volontairement ou non, contribué à une victoire improbable. Cela en faisant monter d’un tiers le taux de participation qui se traînait encore au-dessous de 30% quatre jours avant le vote.

Du coup, la cheffe du département de la formation, de la jeunesse et de la culture voit fortement augmenter ses chances de faire partie du trio socialiste qui, au printemps prochain, partira à la conquête de la majorité au Conseil d’Etat, en liste avec le ou la candidat-e des Verts.

Or donc, Anne-Catherine Lyon peut savourer une double victoire avec, d’une part, le rejet de l’initiative inscrite dans le rétroviseur pédagogique pour «sauver l’école» et, d’autre part, l’acceptation de la nouvelle loi sur l’école obligatoire (LEO), proposée par le Conseil d’Etat, corrigée et mise en compromis par le Grand Conseil et finalement soutenue plus ou moins fermement par tous les partis, sauf l’UDC et sa très modeste alliée, l’Union démocratique fédérale.

Cette quasi unanimité des politiques contrastait avec un désaccord notoire dans les milieux de l’enseignement. La Société pédagogique vaudoise, qui défend les intérêts des enseignants généralistes, soutenait la LEO tandis que les maîtres secondaires, regroupés au sein de la SVMS, se prononçaient pour le double non, c’est-à-dire pour le statu quo; ou, en d’autres termes, pour la situation laborieusement établie en plusieurs années à partir de 1997, date d’introduction de la précédente réforme, celle d’«Ecole vaudoise en mutation» (EVM).

La mise en œuvre d’EVM a beaucoup contribué à faire de l’enseignement secondaire un métier désenchanté, pour reprendre le titre de l’ouvrage sensible et intelligent que lui a consacré Françoise Gavillet-Mentha (Ed. Antipodes, 2011). Rien de plus démotivant en effet que de devoir effectuer des changements par définition difficiles, douloureux même, sans recevoir les moyens en personnel et financiers nécessaires à la réalisation de telles mutations. Sur ce point, la LEO mettra en évidence des besoins importants, pour l’heure non chiffrés publiquement, qu’il faudra bien accorder sous peine de perdre la maîtrise des changements voulus.

L’Etat se contente d’assurer que la nouvelle loi «ne modifie pas les charges et les responsabilités des communes», sans rien dire des effets sur son propre budget, dès l’an 2013 au plus tard, une fois le nouveau règlement d’application mis au point. Les initiants d’«Ecole 2010», qui ont eux-mêmes tenté une très prudente évaluation des coûts induits par leur projet de retour en arrière, ne se gêneront pas pour réclamer une transparence des dépenses liées à la mise en œuvre du contre-projet. Et pour bien montrer que l’école reste son affaire, l’UDC annonce le lancement d’une nouvelle initiative, concernant cette fois la formation duale, sans attendre de savoir si elle peut compter à nouveau sur l’appui du Centre patronal, grand supporter d’«Ecole 2010». La bataille scolaire vaudoise n’est pas terminée.

* * * *

Ce dimanche 4 septembre, les Zurichois devaient affronter l’un de ces programmes de votations chargés dont ils ont pris l’habitude. Quatre objets et cinq votes pour le canton, trois objets et quatre votes pour la ville.

L’UDC, rarement seule de son avis, a perdu au total huit votations et gagné la neuvième par 50,21% des suffrages exprimés. Même dans son fief d’origine, même sur ses thèmes favoris, le parti de Christoph Blocher peine à s’imposer par les urnes, contrairement au PS et à ses alliés, lesquels d’ailleurs varient d’une consultation à l’autre.

Au niveau du canton de Zurich, s’agissant de la révision de la loi sur les aides sociales en vue de prévenir certains abus et de régler divers cas liés à l’asile, l’UDC perd à la fois sur le nouveau texte et sur son propre contre-projet.

Mêmes échecs à propos de la réduction de moitié de l’impôt sur la fortune ou sur la conversion de la gare aux marchandises de Zurich en futur Centre pour la justice et la police cantonales.

Seule consolation pour l’UDC, dont la consigne de vote rejoignait, en l’occurrence, celle des libéraux-radicaux et des Verts libéraux: 114’826 citoyens contre 113’876, soit une majorité de 950 voix représentant 0,2% des votes, ont approuvé la suppression d’une mini-subvention cantonale de 1,3 million de francs destinée au financement de cours pour adultes en matière de nutrition, d’éducation et d’économie ménagère – une formation continue dispensée principalement dans les communes rurales.

Au niveau de la ville de Zurich, l’UDC se retrouve à tout coup dans le camp des perdants, qu’il s’agisse de la promotion de la mobilité douce, d’une modification du système électoral favorisant les plus petits partis ou, plus grave, d’encouragement à la construction de 300 logements par des coopératives d’habitation et à l’abaissement de leur prix de location. Complètement isolée dans son opposition à une mesure qui fait l’unanimité des autres partis, l’UDC peut se compter et revendiquer au mieux 19% des votants, face aux 81% de votes positifs.

Reste le niveau national, où l’UDC n’espère plus atteindre le 30% initialement visé pour le 23 octobre prochain mais compte bien s’en rapprocher le plus possible. La bataille des sièges s’annonce coûteuse pour le parti de Christoph Blocher et dure pour les autres formations présentes dans la majorité des cantons.

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Discussion

  • « l’UDC aligne les échecs »
    Certainement… mais visiblement vous aussi…
    De plus, 52%, c’est pas une écrasante victoire non plus 😉

    Enfin… Rabaisser les adversaire pour vous donner un sentiment de supériorité, ca vous fait au moins un point commun avec les UDC… 

  • 2
    GUTOWSKI-ZUMOFEN says:

    La victoire de Madame la Conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon lui laissera un goût amer dans quelques années, lorsqu’elle devra remettre les 3 filières dans l’école vaudoise, selon l’alinéa 4, nouvel article 62 de la Constitution fédérale. A-t-on estimer le coût, quel part des impôts des contribuables seront engloutis dans l’enseignement, nous en sommes déjà à CHF 32.15 par CHF 100.00 d’impôts dans le budget de l’Etat de Vaud, plus que la santé CHF 11.45 par CHF 100.00 (24 Heures 24.02.2009)
    Madame Lyon n’aime pas ni notre pays, ni la nation de demain: nos enfants et petits-enfants, leur formation lui importe peu, pourvu qu’ils soient tous égaux, maniables à souhait, de vrais pions sur un échiquier. Ce qui lui importe c’est d’imposer l’idéologie de gauche qui est son moteur qui lui permet de passer tous les barrages. Je pense qu’une carrière à Bruxelles lui conviendrait mieux.

  • 3
    Jeanprêtre Francine says:

    On est, certes, réjouis pour la Cheffe du DFJ de ce score pour une loi laborieusement révisée avec un compromis bien vaudois à la clé! Mais il faudra, comme mentionné dans la procédure de consultation, les moyens financiers pour une mise en oeuvre de qualité qui tienne les promesses du texte. Les finances du canton paraissent saines à ce jour et donc la priorité dans les investissements auront pour thème l’éducation : un préalable à tout progrès social par ailleurs ! Mais prenons garde au retour des mauvais perdants qui vont relancer ce débat si émotionnel avec une nouvelle initiative… Un tout petit pas a été franchi.

Les commentaires sont fermés.