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Nucléaire, porte ouverte

Seules des décisions concrètes et courageuses mettront fin à l’ère nucléaire

Photo Marcel Hauri
Photo Marcel Hauri (licence CC)

En juin dernier, le Conseil national a largement suivi le gouvernement dans sa volonté de clore le chapitre nucléaire helvétique. La Chambre des cantons devrait confirmer cette volonté lors de la session parlementaire d’automne. Néanmoins sa commission, en décidant de laisser la porte ouverte à une future technologie nucléaire plus propre et sûre, a provoqué l’inquiétude: la ferme intention d’abandonner l’énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima serait-elle déjà vacillante?

Un point est acquis, sans doute aucun. Les centrales de Mühleberg et de Beznau fermeront dans quelques années et ne seront pas remplacées. Quant à celles de Leibstadt et Gösgen, elles seront définitivement désactivées dans deux ou trois décennies et l’ère nucléaire prendra fin à condition qu’une nouvelle politique énergétique voie rapidement le jour. Car aucune norme légale n’empêchera le retour du nucléaire si la population en venait à craindre pour son approvisionnement électrique.

En 1986, Tchernobyl avait profondément marqué l’opinion. Pourtant notre politique énergétique n’a que peu évolué au cours des vingt-cinq dernières années. Les énergies renouvelables peinent à contester la place prépondérante du pétrole et de l’atome. 

Aujourd’hui le temps est à l’action. Foin des disputes sur la fermeture totale ou la porte entrouverte à l’horizon 2050. La renonciation de principe a pu satisfaire une opinion publique terrifiée par le drame japonais. Mais pour les consommateurs et les investisseurs – secteur énergétique et industrie -, il faut maintenant un signal clair, à savoir la traduction concrète de cette volonté: encouragement massif aux énergies renouvelables, mesures contraignantes en matière d’efficacité énergétique, taxes d’incitation. Des plans d’action déjà préparés ne manquent pas, aussi bien dans l’administration qu’ailleurs (DP 1887).

La Confédération pourrait sans tarder déplafonner le crédit pour le rachat au prix coûtant de l’électricité verte et les cantons imposer des panneaux solaires sur toutes les constructions nouvelles. Mais le Conseil fédéral annonce des propositions pour 2013 seulement. Or chaque jour perdu accroît notre dépendance à l’égard des énergies non renouvelables et affaiblit les industries indigènes sur un marché en pleine expansion. L’UDC, toujours accrochée au nucléaire, s’en moque. Son discours sur la souveraineté helvétique se révèle une nouvelle fois aussi creux que le boniment d’un charlatan.

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Discussion

  • Le Conseil fédéral doit débloquer des fonds aux entreprises actives dans le domaine des énergies renouvelables. La Suisse a perdu son avance technologique dans ce domaine, elle a 10 ans de retard par rapport au voisin allemand.

    Une mesure qui permettrait également de créer de nouveau emplois de qualité.

  • Ainsi donc, selon vous, il faudrait renoncer à l’énergie nucléaire, qui représente environ 40% de notre consommation d’électricité, pour « satisfaire l’opinion publique terrifiée par le drame japonais » ! La terrible catastrophe qui s’est produite au Japon est bien celle du tsunami qui a provoqué la mort de 225’000 personnes, et non pas l’accident de la centrale de Fukushima, dont la gravité a été fort heureusement limitée sans le minimiser aucunement ! A l’image des médias helvétiques qui « commémorent » aujourd’hui les six mois de la « catastrophe de Fukushima », vous utilisez le catastrophisme anxiogène très à la mode de nos jours pour semer la peur et la panique dans la population : en bon français, on appelle ça de la manipulation de l’opinion ! Vous devriez avoir honte, comme le font d’ailleurs constamment les Verts et les mouvements antinucléaires, d’utiliser les mêmes procédés que l’UDC démagogique qui utilise la peur et la phobie des étrangers comme fonds de commerce !
    Soyons sérieux et restons-en aux faits, en sortant de l’émotionnel. Le nucléaire civil est sans doute un mal nécessaire pour l’instant, qui certainement sera progressivement remplacé dans le futur par d’autres énergies, en partie seulement renouvelables, produisant de l’électricité mais à un prix beaucoup plus élevé. Mais posons-nous la question : qui veut aujourd’hui en Suisse, y compris parmi les plus farouches antinucléaires affichés, renoncer à son niveau de vie et à son confort ?? Les contradictions des antinucléaires sont effarantes : d’un côté ils déplorent à juste titre les effets apocalyptiques du réchauffement climatique pour la planète dus au CO2 notamment, de l’autre ils veulent sortir immédiatement du nucléaire (remplacé avant tout par des centrales au charbon ou au gaz de schiste, plus polluant tu meurs !) , par aveuglement idéologique et sans en mesurer les conséquences incalculables pour l’économie et les besoins en électricité en constante augmentation chaque année. Les écolos veulent beaucoup plus de transports publics, des voitures électriques pour combattre la pollution en ville, etc. Très bien, mais nos trains ne roulent pas au charbon et l’électricité sans le nucléaire deviendra de plus en plus rare et très chère, à moins que nos écolos ne souhaitent une décroissance généralisée qui nous conduira au chômage de masse et à la misère !
    Au lieu de terroriser la population et d’exiger, comme sous les pires dictatures, la fermeture à brève échéances de toutes les centrales actuelles, pour satisfaire nos ayatollahs écolos apprentis-sorciers, il convient d’organiser dans la sérénité des débats publics avec des experts neutres et les responsables de la production électrique dans les médias publics pour que l’opinion publique et les citoyens puissent avoir une réponse précise sur les questions essentielles, notamment concernant la sécurité des centrales actuelles et l’autre concernant les centrales de la nouvelle génération, qui produiront peu ou pas de déchets avec des systèmes de sécurités optimaux. L’avenir du nucléaire dépendra de ce grand débat démocratique, car toute façon le peuple aura le dernier mot.
    Un dernier mot concernant l’attitude de la gauche suisse, qui s’est ralliée probablement sous l’influence des Verts allemands au fondamentalisme antinucléaire quasiment hystérique. Expliquez-nous pourquoi en France, le PS et le parti communiste ont toujours accepté l’option nucléaire choisie par le gouvernement ? Certainement pas pour plaire à la droite, surtout lorsque l’on sait que la CGT, syndicat communiste habituellement très combatif sur les conditions de travail, est bien représenté parmi les employés et les techniciens qui travaillent dans les centrales nucléaires françaises ?
     
     

    • 2.1
      Jean-Daniel Delley

      Merci de me lire avec un peu plus d’attention. J’observe que le Conseil fédéral a réagi à Fukushima, répondant ainsi à l’inquiétude de l’opinion. Par contre je n’ai jamais utilisé l’argument catastrophiste contre le nucléaire. DP n’a attendu ni Tchernobyl ni Fukushima pour dénoncer cette source d’énergie centralisée, basée sur un combustible non renouvelable et qui lie les générations futures.

  • Précision concernant mon commentaire précédent : je voulais parler de la nécessité d’organiser des débats publics dans les médias avec la participation d’experts neutres dans le domaine du nucléaire et de responsables de la sécurité des centrales nucléaires suisses, afin de proposer à l’opinion citoyenne une information aussi objective, transparente et complète que possible sur leurs inquiétudes légitimes, car dans notre système de démocratie semi-directe, c’est de toute manière le peuple qui aura le dernier mot.
    La peur du nucléaire fait partie de ces peurs irrationnelles, comme la peur de l’islam, dont les fondements sont l’ignorance et la désinformation du public.

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