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Temps de travail chez Lonza, une affaire nationale

Il n’y a pas que le franc qui est CH, mais aussi la place reconnue aux syndicats

Photo G.H.Vandoom
Photo G.H.Vandoom (licence CC)

Les effets de la hausse du franc suisse sont si multiples, circonstanciés, pour les agents économiques, importateurs, exportateurs, frontaliers, professionnels du tourisme, qu’il n’est pas possible d’en tirer l’addition de manière simple.

Le phénomène n’est pas nouveau et, compte tenu de la structure de l’économie suisse, il sera durable. Il faut donc se poser la question: quand revêt-il une importance nationale? quand, touché ou pas touché, chacun est-il concerné?

Déjà on peut observer la modestie des revendications salariales annoncées pour cet automne par les syndicats. On enregistrera le tassement de la croissance économique prévue par les agences spécialisées. Les emplois temporaires, toujours significatifs, ralentissent. Mais ces indicateurs renvoient à des phénomènes économiques généraux, même s’ils ont ou auront des conséquences individuelles. Il en va autrement pour la demande faite de travailler plus, deux heures par semaine, gratuitement.

Principe

Les exigences d’allonger la durée du travail ont été, il y a quelques années en Allemagne, négociées par les syndicats qui ont, sous la menace de la délocalisation, donné la priorité à l’emploi. Mais la manière dont le directeur général de Lonza a présenté l’augmentation de deux heures de la durée du travail, à Viège et à Bâle, est d’une tout autre nature.

Citations, d’après le compte rendu de la conférence de presse où furent présentés les résultats du premier semestre (D. Eskenazi, Le Temps, 28.07.11):

«“L’augmentation de deux heures par semaine de travail de nos collaborateurs à Viège et à Bâle nous donne de l’air. Toutefois, cela ne nous permettra pas de compenser l’appréciation rapide du franc vis-à-vis du dollar et de l’euro durant les derniers mois”, a souligné mercredi Stefan Borgas, directeur général de Lonza, lors de la présentation des résultats au premier semestre 2011. 

Imposée à 2850 collaborateurs, cette mesure a été toutefois bien acceptée par 80% d’entre eux, estime le patron du fabricant d’ingrédients pour l’industrie pharma.

(…) “Nous n’avons pas de programme de licenciement”, souligne le directeur de l’entreprise qui emploie 8300 collaborateurs. L’augmentation du temps de travail devrait engendrer une hausse de la productivité de 5% à 7%. Si ces objectifs sont dépassés, les collaborateurs recevront des bonus.

(…) Au premier semestre, les résultats ont été plus ou moins en ligne avec les attentes des marchés. Si les ventes ont été inférieures aux prévisions, le bénéfice opérationnel et la marge avant intérêts et impôts (EBIT) ont largement dépassé les attentes. Du coup, dans des marchés baissiers, l’action de Lonza a grimpé de 0,8% à 68,65 francs.»

Ainsi, la durée du travail devient une variable qui permet de maintenir le bénéfice escompté de l’entreprise. Elle est imposée. La considération due au partenaire n’est plus contractuelle mais condescendante. Le travail supplémentaire non payé n’a pas du côté du patronat et des actionnaires un équivalent qui prouverait la parité des sacrifices. Au contraire, cette surcharge horaire est exigée pour maintenir le bénéfice au niveau prévu.

Un tel ton, autocrate, affirmé comme tel est contraire à l’esprit des relations avec les syndicats, qui s’exprime dans les grandes conventions collectives de l’industrie des machines, de l’horlogerie. M. Borgas reconnaît 20% d’opposants à ses exigences de travailler plus. On ne sait comment ils ont été recensés. Les citer doit être pour le directeur général de Lonza la limite de son ouverture. La négociation entre partenaires se résume dans un jeu de suffixes: impose – oppose.

En revanche, le monde boursier a apprécié. Malgré la tendance baissière, il a donné un plus de 0,8% à l’action Lonza.

National

Le temps de travail a la particularité d’offrir des possibilités de négociation variées: durée hebdomadaire, vacances, adaptation au flux des commandes, âge de la retraite. Rien ne semble avoir été évoqué dans le cas Lonza. M. Borgas impose. Lonza et sa direction ne se contentent pas d’un état des lieux. Ils se vantent de leur décision. La hausse du franc suisse est intégralement payée par celles et ceux qui travaillent.

L’affaire Lonza doit avoir un retentissement national. Tous, nous sommes concernés. Dans la conception de l’organisation du travail, dans l’affirmation de la valeur du travail, dans le partenariat social, dans le droit à la négociation.

A l’heure préélectorale où tous les partis se veulent plus suisses les uns que les autres, à l’heure de la suissitude, on s’étonne que cette atteinte à notre conception helvétique du partenariat syndical, quoique fort imparfaite, ne soit pas plus fermement défendue. Les méthodes du capitalisme anglo-saxon nous sont étrangères, l’objet d’une xénophobie ici légitime.

Le franc lourd doit être l’occasion pour les syndicats, à l’échelle nationale, de rappeler le principe des relations négociées. Dans une déclaration ferme. Nous l’attendons.

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Discussion

  • 1
    Berney Philippe

     
    Enfin une réaction, merci ! Le franc fort ne profite aux travailleurs que s’ils vont en vacances à l’étranger. Il ne faudrait donc pas qu’ils en abusent, quelques heures de travail non payées contribuent ainsi aussi à réglementer leur temps de vacances. Dans le fond, pourquoi ne baisse-t-on pas artificiellement le franc ? A qui profite-t-il ce francs suisse trop haut, si ce n’est aux possesseurs d’autres monnayes en déliquescences, inutile pour l’heure, et placées en Suisse. Donc aux possesseurs de CHF lourd.
     
    Au final, le cout d’un franc trop haut pénalisera davantage les travailleurs suisses que ce qu’ils auraient dû payer pour être membre de l’EU. Les financiers quant a eux, car il ne saurait être question de patrons tel que connus il y a quelques décennies, on le voit, roulent les mécaniques et exigent des heures de travails nos rétribuées.
     
    Les acquis sociaux ont coutés un effort considérable à nos prédécesseurs, patrons comme employés, aujourd’hui on les imagine de droit divin ce qui autorise certain à les piétiner. En attendant de devenir une zone de sous-développement, nous nous préparons ainsi des heures qui déchantent.   
    Cette question est vieille comme le monde, le Veau d’Or ça ne vous dit rien ?

    • Comme vous le signalez en filigrane, la question européenne est cachée derrière ce problème de force du franc. Les Suisses ont voulu le beurre et l’argent du beurre, soit des accords bilatéraux permettant de participer au développement du marché unique européen, mais sans devoir assumer les obligations liées à l’adhésion (adoption de l’euro et participation aux fonds, notamment) : le résultat, c’est cette monnaie qui sert de refuge face à l’euro. Aujourd’hui, le florin néerlandais et le mark allemand ne sont plus là pour partager la tâche et c’est le franc qui devient d’autant plus fort. Les exportateurs allemands et autrichiens concurrents des Suisses sur le marché européen arborent un large sourire…
      Mais comme l’avait signalé André Gavillet dans un autre article, le franc suisse serait sensiblement moins attractif si la Suisse faisait un pas décisif dans l’abandon du secret bancaire de grand papa. Mais comme cela va contre les intérêts de l’élite bancaire qui subventionne les partis de la droite majoritaire (UDC, PLR et PDC), on n’en parle pas !

    • Bien sûr que la question européenne est là derrière. Pas étonnant, alors qu’on a voulu une monnaie économiquement impossible, uniquement pour des raisons politiques, en escomptant que cela causerait des catastrophes telles qu’on serait obligés de franchir le grand saut dans le vide du super-Etat européen. Cette stratégie inconsciente et irresponsable semble revenir dans la figure de ceux qui l’ont conçue comme un boomerang. Justice immanente.
      Là où je suis d’accord avec M. Gavillet c’est que dans cette affaire le comportement des managers de Lonza est contraire à la bonne foi et à l’équité qui devraient présider aux relations entre partenaires sociaux. Surtout au pays de la paix du travail.
      Mais je pense que le comportement de ces managers arrogants n’est qu’une conséquence du vrai problème, qui provient des remous économiques insupportables causés par une intégration européenne mal conçue. L’arrogance de la Cour européenne de justice, dont la jurisprudence «impose» elle aussi une conception qui est celle du big business des multinationales: le principe du pays d’origine des travailleurs détachés, c’est à dire le dumping social dans l’esprit Bolkenstein, constitue un phénomène encore plus préoccupant à mon avis que l’autoritarisme de la direction de Lonza.
      Autrement dit, je pense que le monde du travail suisse aura plus de compréhension pour ce genre de méthodes patronales, qu’il n’en a pour la libre circulation libre exploitation.

    • Et  je voudrais quand même répondre encore ceci à moor. Vous reprochez à la Suisse d’avoir voulu le beurre et l’argent du beurre. C’est à dire le grand marché sans l’euro. Mais vous êtes bien le seul. Tout le monde est épouvanté rétrospectivement à la pensée du désastre auquel nous avons échappé grâce au fait d’être sagement restés en dehors de ce système. Selon l’Académie militaire et le Centre d’études sur la sécurité de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich 94% des Suisses se déclarent pour une politique d’indépendance dans la neutralité. Je n’ai pas les sondages au sujet du franc mais sans doute l’écrasante majorité veut garder le franc.
      Et puis, pourquoi nous culpabiliser? La Grande-Bretagne a aussi refusé l’euro. Elle a eu raison. Et aujourd’hui la Livre sterling n’est absolument pas une monnaie refuge. C’est donc bien que l’économie suisse possède une force intrinsèque qui inspire la confiance. Ce n’est pas seulement le secret bancaire. Il existe aussi à Londres, sous une autre forme mais encore plus fort qu’en Suisse.
      C’est vrai on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Mais le bilan est favorable. Les avantages de ne pas avoir l’euro l’emportent sur les inconvénients du franc fort.

    • Je ne « reproche » rien à la Suisse, mais je constate seulement que les avantages et les inconvénients d’une situation sont servis en commun. L’actuelle force du franc est directement liée à notre politique européenne.
      Vous comparez avec le Royaume-uni. Cette comparaison ne me semble pas bien éclairer le débat, car ce pays est vraiment (économiquement et structurellement) très différent du nôtre… et surtout, il a été victime d’une bulle financière semblable à celle des Etats-Unis. Si la livre n’est pas une monnaie refuge, mais au contraire en chute libre, cela est dû à beaucoup d’autres choses… Des pays comme la Suède ou le Danemark seraient a priori plus éclairants. Cela dit, si ces trois pays ne font pas partie de la zone euro, ils sont tout de même liés pour toutes sortes d’aspects à cette monnaie unique, à travers les institutions de l’Union. Le franc est fort, bien sûr, en raison de qualités propres à l’économie suisse, mais aussi à cause de la situation particulière de la Suisse par rapport à l’Union. Et l’industrie suisse est plus en concurrence avec l’Autriche et l’Allemagne qu’avec la Grande-Bretagne.
      Actuellement, la plupart des Suisse se félicitent en effet de la non-adhésion de la Suisse. Fort bien. Attendons de voir s’il en sera de même si le franc et l’euro se retrouvent à parité. Il faut vous départir de l’impression que nous n’avons fait « que » de bons choix et que notre situation est parfaitement assurée. Elle est au contraire assez fragile à moyen terme (selon l’évolution autour des accords bilatéraux) et votre parti-chéri pourrait donner un coup de boutoir en s’attaquant à l’accord de libre-circulation.
      J’attends la suite du film…

    • Cher moor, tout le monde et moi le premier, attend la suite du film, et même la fin. Je veux dire par là qu’à la fin de ce bras de fer, au sein du monde politique suisse d’une part, entre la Suisse et l’UE d’autre part, il y aura une conclusion qui restera dans l’histoire et pourra durer un certain temps (quelques générations). Soit la Suisse parviendra à imposer le respect de sa souveraineté et de sa capacité à réguler elle-même ses problèmes, dans l’indépendance et le maintien de sa démocratie directe, soit le projet impérial gagnera la partie, impose sa domination, et il n’y aura plus de liberté nulle part en Europe. 
      Pour le moment la Suisse a préservé son indépendance grâce au vote historique du 6 décembre 1992, mais sa survie n’est pas assurée car la classe polittique est encore fascinée par Bruxelles comme un cobra par le charmeur de serpent. Il n’y a pas pour moi de parti chéri, simplement je regarde qui défend l’indépendance de mon pays. Ce ne sont ni le PDC, ni le PLR ni le PS, ni les Verts. Je ne peux que constater ce fait. L’avenir est gros de dangers. Je ne considère pas l’existence d’une Suisse indépendante comme acquise, avec un monde politique aussi à plat ventre devant un pouvoir étranger illégitime. Je crains toujoursb qu’on nous impose l’Anschluss en douce, par quelques accords techniques, anodins en apparence et non soumis à référendum.
      Nous serons peut-être d’accord tous les deux pour penser que la question de la libre circulation sera un test important. Vous pensez probablement que si ce principe sacro-saint était remis en question (par exemple à l’occasion d’une votation sur la « Begrenzungsinitiative ») cela déclencherait un cataclysme, car alors la « clause guillotine » serait appliquée avec pour conséquence – comme je l’ai lu un jour sous la plume d’un journaliste dont je tairai le nom par charité – notre sort ressemblerait à celui de la Corée du Nord et pour éviter cette issue amère nous serions contraint d’adhérer, la corde au cou comme les bourgeois de Calais.
      Je pense pour ma part au contraire qu’en réalité nous n’avons pas besoin des accords bilatéraux. Les intérêts de notre industrie d’exportation sont suffisament garantis par les accords du GATT, dans l’élaboration desquels la Suisse a joué un rôle central. Je vois mal comment l’UE pourrait avoir intérêt à se couper elle-même d’un pays qui est son deuxième partenaire commercial et contribue positivement à sa balance des payements, surtout en période de crise. La seule raison d’appliquer la clause guillotine serait un absurde jusqu’auboutisme idéologique. Même si cela arrivait, je ne pense pas que cela entrainerait des dommages aussi grands qu’on nous le prédit. Cela pourrait même être un avnatage. On nous prédisait déjà la fin du monde en cas de refus de l’EEE.
      J’ai lu aujourd’hui que l’Allemagne accepte déjà de se contenter de 2 milliards au lieu de 10 pour régulariser la situation de ses « fraudeurs » en les laissant dans l’anonymat. Ceci indique que nous ne tenons pas le couteau par le manche mais l’UE non plus. La Suisse a encore beaucoup d’atouts à jouer.
      Attendons donc, tous deux, la fin du film.

    • Vos termes, comme « le projet impérial », sont révélateurs d’une vision du monde en noir et blanc, sans aucune nuance. Vous regardez la construction européenne comme si elle émanait des successeurs d’Adolf Hitler dont le but serait, selon vos propres termes, qu’il n’y ait « plus de liberté nulle part en Europe ». Vos propos sont véritablement excessifs et constituent la limite de la rationalité de votre point de vue.
       
      Je suis très loin de soutenir le projet européen dans sa configuration actuelle, mais je n’arrive pas à n’y voir que des misères. Quant aux suites qui seraient données à une rupture de la libre circulation des personnes, je ne les mesure pas. Je préfère y voir un gros point d’interrogation, inquiétant quand même. Mais je vous laisse votre image de « Corée du Nord » (ce n’est vraiment pas ma façon de voir les choses) qui colle si bien avec votre mode catastrophiste d’argumentation.
       
      Pour l’instant, le bateau « Suisse » navigue entre les écueils assez adroitement en tirant pas mal d’avantages de la situation présente. Mais le taux de change du franc par rapport à l’euro nous rappelle que nous sommes naturellement solidaire de la situation économique de l’Europe étant donné notre implication dans les échanges européens où nous vendons près de la moitié de notre PIB. Cet élément, vous pouvez le nier tant que vous voulez, il vous revient régulièrement dans la figure…
       
      Peut-être qu’un jour, dans un éclair de lucidité, vous découvrirez le gris, soit des éléments à mettre au crédit de l’Union européenne, ainsi que des faiblesses dans la position suisse.

    • Je voudrais juste préciser à moor que je ne pense pas du tout que la Suisse risque de se transformer en Corée du Nord. Bien au contraire je pense que son Alleingang aidera au maintien de sa prospérité et que le risque d’isolement de la Suisse est un mythe. J’ai cité cette comparaison avec la Corée du Nord, que j’avais lue sous la plume d’un journaliste du Temps, parce que je la trouve ridicule.
      A part ça, c’est vrai que je vois de sérieux dangers pour la liberté si l’UE accouche d’un super-Etat alors que chacun sait que ça, les citoyens des populations concernées l’ont clairement refusé. Notamment en rejetant le projet de constitution Giscard qui leur a quand même été imposé par la suite par une sorte de coup d’état.

  • Dans l’Antiquité, en cas de catastrophes, les prêtres terrorisaient les populations en les menaçant de la colère des dieux. Aujourd’hui, grâce à notre instruction scientifique, nous nous laissons intimider par les prêtres modernes de la finance et de la spéculation. Qui nous pressent-ils de satisfaire et de rassurer ? Le marché ! Comme dans l’Antiquité, on se fout des populations comme d’une guigne. A quoi servons-nous, dans notre société moderne et progressive ? A garantir aux spéculateurs le succès de leurs magouilles. Beau programme ! Quel progrès !   

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