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UE – CH: question de méthode

Relations avec l’Union européenne: le ressassement incite à changer de méthode

Photo de Tristam Sparks Photo de Tristam Sparks (licence CC)
icone auteur icone calendrier 25 août 2010 icone PDF DP 

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«La surprise, c’est qu’il n’y a pas de surprise», déclara en substance (si l’on peut dire) la conseillère fédérale Calmy-Rey lors de sa conférence de presse consacrée aux relations entre la Suisse et l’Union européenne. La Suisse va poursuivre dans le tricotage bilatéral.

Ce refus d’annoncer, avec effets, une autre politique a déçu. Le NOMES a par communiqué exprimé la déception des partisans de l’adhésion. Et pourtant ces apparences, celles de l’immobilisme, sont trompeuses. On peut y voir un signe d’ouverture: la volonté de tout remettre sur la table, y compris la fiscalité des cantons réputée non négociable. A quoi serviraient des propositions et des protestations prématurées? Mieux vaut laisser ouverts tous les champs de négociation.

Sous la responsabilité du Conseil fédéral, des rapports consciencieux, mais avant tout descriptifs, en 1999, puis en 2006, ont analysé les options européennes: l’adhésion, l’espace économique, le bilatéralisme. Qu’ajouter qui ne soit connu? Au lieu de répéter avantages et inconvénients sans choisir, ne faudrait-il pas se poser la question de la méthode? Doit-on se limiter à demander combien coûte le billet d’entrée pour une place selon que l’on choisisse le parterre, le balcon ou les galeries supérieures?

Le repositionnement

Avant d’engager avec ténacité des négociations, la Suisse doit refaire son bilan. D’elle-même, liquider des positions douteuses. Car elle ne saurait considérer comme une perte la renonciation à des avantages déloyaux. Elle ne peut défendre comme mérité l’apport de sociétés dont le bénéfice n’est pas imposé au niveau cantonal; de même pour d’autres types de sociétés, quand est outrepassée la ligne blanche de la concurrence fiscale.

Le choix de la méthode est simple. Ou bien considérer la structure actuelle comme un acquis et ne céder que ce qu’on nous «arrachera». Quoique fière, la Suisse ne cède que sous la pression. Ou bien se replier sur une ligne défendable, celle d’une concurrence loyale. Mais quelle force intérieure obtiendra cette révision?

Certains objecteront que cette distinction est formelle. L’Union européenne a un objectif. Peu lui importe la date ou le libellé de la facture, si elle est honorée. Mais pour la Suisse la différence est essentielle. En corrigeant d’elle-même des positions abusives, elle se renforce. C’est ce que nous appelons le «repositionnement», étape incontournable.

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Discussion

  • Oui, être loyal, transparent, liquider toutes nos positions douteuses, adapter nos lois et notre fiscalité aux désirs de l’UE.
    Quel beau programme !
    Surtout lorsque l’on sait que si tous les pays de l’UE ont hurlé contre notre secret bancaire, notre fiscalité et les paradis fiscaux, ceux-cis continuent d’exister et florissent sans entraves et sans que plus personne ne s’en préoccupe. Finies les gérémiades, la Suisse s’est dépouillée, tout va donc bien en Europe où nous n’avons que des amis qui ne veulent que notre bien.

  • 2
    David Branfield says:

    DP n’aurait-il  pas encore compris que les mondialisateurs dont les européanomanes ne sont pas les moindres, visent à supprimer les Etats-nations au profit d’une « gouvernance unique ? »
    Il faut être sourd et aveugle pour ne pas le constater.
    DP n’aurait-il pas encore compris que la monnaie unique européenne, la gouvernance unique européenne  sont des signes précurseurs d’un nouveau credo: la gouvernance unique mondiale. Plus besoin pour les manipulateurs de se baisser pour ramasser le pouvoir: l’endoctrinement aura fait son oeuvre.
    Le Nouvel Ordre Mondial cher au WEF et officines associées, le New World World Order cher à Jacques Attali et consorts n’est qu’une variation sur un thème connu: Die Neue Welt Ordnung . Ca ne vous rappelle rien ?
    L’atteinte à l’identité et à l’intégrité physique des individus est un crime.
    Il en va de même douces violences sur Etats-nations.
    Il ne s’agit plus d’une coalition fraternelle dont les acteurs seraient volontaires.
    La Suisse, démocratie modèle unique au monde, est l’objet d’un chantage permanent de l’Union européenne: Quia nominor leo !
    Il s’agit d’une véritable prise de pouvoir orchestrée par quelques sociétés occultes du style Bilderberg, Trilatérale, Council on Foreign Relations, Skull and Bones, etc. Lisez Pierre Hillard et Dupont-Aignan !
    La suppression des frontières au prétexte qu’ « il n’y aura plus de guerre » ? Absurde et naïf !
    Ah ! Ah ! Hi ! Hi : la théorie du complot revient ! ricane le choeur antique des sceptiques.
    (Comme à Munich… Memento: Daladier, Chamberlain…)
    « La vérité, c’est drôle, personne n’y croit  ! » (max Frisch in Monsieur Bonhomme et les incendiaires).
    Il est donc des jérémiades légitimes, opportunes, utiles et salvatrices.
    Souhaitons que les peaux de saucisson tombent des yeux des babas éblouis par la promesse d’une Europe éternellement prospère et heureuse. Tous les signes montrent que cette « construction » s’érige sur des sables mouvants. Ce n’est qu’un échafaudage bancal et précaire. Et non d’une « aubaine » vantée jadis par un des thuriféraires de la dilution de la Suisse dans « l’Europe ».
    Une Europe démocratique fédérale: oui.
    Une Europe à gouvernement unique, destructrice des identités nationales :Non !
    Qu’ils reviennent nous proposer dans un siècle  un « modèle à la suisse » et nous envisagerons d’adhérer. Pour l’instant, les Vingt-Sept seraient bien inspirés d’établir leurs priorités: en instaurant un système démocratiques chez eux.
    Pour l’instant, la majorité du peuple suisse dit : NIET à la gouvernance européenne, a fortiori « mondiale » !
    Un refus net et massif malgré les torrents de propagande déversés depuis 1992 sur l’opinion publique par des media pratiquant le psittacisme inconditionnel.
    Assez !

  • 3
    Achille Tendon says:

    Le prix  pour rentrer dans l’Europe est beaucoup trop élevé à tous points de vue. Cessons le jeu des bilatérales qui n’est qu’une suite de concessions unilatérales: les lois, les normes et autres inventions technocratiques bruxelloises à adopter ne nous conviennent plus!
    Pour vous en convaincre, faites un tour par le site  http://www.cartonrougeducitoyen.ch/
    qui se livre à un tour d’horizon plutôt complet sur la question.
    La solution est toute simple: comportons-nous comme les Etats-Unis par exemple, devenons un simple client de l’Europe, achetons, vendons, laissons nos entreprises s’installer là où bon leur semble selon les principes de l’Organisation mondiale du commerce.
    Ainsi , de par notre nouveau statut, l’Europe pourra faire l’économie (et elle en a  bien besoin, par les temps qui courent…) de papier et de personnel (pléthorique) pour mieux se consacrer à sa gestion interne.

  • Autant j’étais pro-Européen à l’époque où s’est posée la première fois la question de l’adhésion de la Suisse à l’Europe, autant je suis aujourd’hui peu enclin à ce projet, après avoir constaté que les pratiques au sein de l’UE ne confèrent pas comme devoir la participation des peuples aux grandes décisions qui les concernent.
    Je ne crois pas non plus à la capacité qu’aurait la Suisse à convaincre les pays de l’UE d’offrir à leurs citoyens un système participatif en cas d’adhésion. D’une part, une telle liberté ne se donne pas, elle se conquiert. Il appartient donc aux citoyens européens d’opérer un tel choix et l’imposer. D’autre part, la Suisse n’est pas un modèle. Au mieux elle peut témoigner de son expérience.
    C’est tout ce que je peux partager avec les commentaires précédents. Je crois qu’il n’y a en effet rien à gagner à se montrer déloyal envers qui que ce soit. Cela n’a rien à voir avec les autres pays, cela nous concerne nous seuls. En effet, la loi du plus fort, du plus vénal, du plus désinformateur n’est pas seulement peu enviable moralement.
    Le plus important est concret. La pratique et l’histoire démontrent combien l’absence de limites pouvant être imposées par la force du Droit (au sens noble du terme) à la Mondialisation, au libéralisme et ses contraires (l’autoritarisme, la planification centralisée…) à outrance, conduit à des dérives destructrices pour le tissu social : chômage, surconsommation médicale, handicap, pauvreté…, mais aussi augmentation des faillites, pertes de savoir-faire…, autant que désespérance, repli sur soi, passivité, abdication.
    En bref, l’inflation des coûts relatifs à la solidarité (frais médico-pharmaceutiques, assurances sociales, aides sociales, aide aux pays les plus défavorisés…) est combattue par les mêmes qui en sont la cause. Et pour cause. Les pertes entraînées aux savoirs traditionnels, artisanaux ou personnels apparaissent sans importance.
    Quant l’abandon à l’extrême pauvreté de peuples entiers, la mort de millions d’individus (faim ou maladie), l’assujettissement à la limite de l’esclavage de travailleurs lointains, force est de constater qu’à la fois nous faisons preuve de négligences coupables autant que de générosité surprenante. Bref, notre petite société n’est ni parfaite, ni toute-puissante. Et toujours et encore la même constante, rien ne peut changer, aucun terme ne peut y être mis sans l’addition des forces de toutes les personnes, voire de tous les peuples de bonne volonté.
    L’information indépendante faisant référence à une éthique positive, met en évidence ces systèmes et leurs stratégies destructrices. La conscientisation des populations va modifier progressivement la donne. Conserver certaines croyances n’est plus de mise. Nous devons réviser l’appréciation de notre environnement sur un mode moins analytique au profit d’un modèle systémique.
    Choisir la primauté de ce second modèle, sans exclure le premier, met en évidence l’extrême importance que revêt la création d’instances régulatrices supranationales (par exemple : un système judiciaire international des échanges économiques, auxquelles diverses parties concernées pourront faire valoir leurs intérêts : investisseurs, conglomérats, entrepreneurs, au même titre que les populations concernées, certaines personnes morales…).
    Ce qui précède est un peu caricatural et réducteur eu égard à la complexité de notre monde. Cependant, la question centrale n’est-elle pas : « Quel monde voulons-nous ? ».
    Si nous pensons que notre projet commun au sein de notre petite Confédération cherche prioritairement le bien commun, le bien de tous, du plus fort au plus faible, même imparfait, alors nous devons affirmer l’originalité de notre projet de société pour être en mesure de négocier notre liberté au sein des nations, voisines ou plus lointaines.
    Utopie ? L’archer doit viser les étoiles pour tirer sa flèche jusqu’aux nuages. Nous démontrons depuis environ une centaine d’années que les partis dits de droite, du centre ou de la gauche, et même parfois de leurs extrêmes, apportent une plus-value pratique à la gouvernance de notre pays. L’addition des idées — même opposées — constitue une richesse que certains nous envient.
    Si notre pays parait évoluer lentement, c’est surtout en rapport avec l’emballement issu de la mondialisation de l’économie. Nous ne sommes pas immobiles. Nos autorités politiques et administratives travaillent. Notre force intérieure est constituée par la pluralité des opinions et par notre savoir-faire pour trouver des applications pratiques dans lesquelles chacun peut se retrouver, au moins en partie.
    Ce qui doit être valorisé, c’est le respect porté à la pluralité des idées, sauf si elles sont amorales ou contraire au droit. Ce qui doit être encouragé encore et toujours c’est le débat d’idées et l’addition des forces que nous appelons concordance. Ce que nous devons rehausser, c’est la nécessité de ne pas nuire à autrui ou à l’environnement proche et lointain. Ce qui doit être accepté, c’est accorder du temps au temps.

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