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Par quoi remplacer le service militaire obligatoire?

La nouvelle initiative du GSsA pourrait ouvrir un débat plus large que le sempiternel pour ou contre l’armée

Photo de L. Heiniger
Photo de L. Heiniger (licence CC)

On peut distinguer plusieurs types d’objectifs au lancement d’une initiative populaire: elle peut viser à positionner un parti avant les élections fédérales, elle peut aboutir à réellement changer la Constitution ou simplement elle lance un débat en modifiant quelque peu la donne. Il est probable que l’initiative populaire Oui à l’abrogation du service militaire obligatoire lancée par le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) sera de ce troisième type.

Cette initiative propose de modifier l’article 59 de la Consitution fédérale en remplaçant l’obligation de servir par son contraire: «Nul ne peut être astreint au service militaire». Elle prévoit également la mise sur pied d’un «service civil volontaire». Au surplus, elle mentionne encore une «juste compensation pour la perte de revenu des personnes qui effectuent un service» et une aide de la Confédération en cas d’atteinte à la santé lors d’un service.

Au sein même du GSsA, cette initiative divise profondément les militants: elle pourrait faciliter la mise sur pied d’une armée professionnelle (un cauchemar pour les antimilitaristes) et risque d’emporter dans son élan l’actuel service civil si péniblement conquis. Pourtant, a priori, l’article 58 qui prévoit une armée essentiellement organisée selon le principe de milice n’est pas touché et l’existence d’un service civil volontaire est mentionnée dans le texte de l’initiative.

Mais cela, c’est sans compter avec la dynamique d’ une initiative lorsqu’elle relaie un véritable questionnement dans la population.

Et c’est le cas. La majorité des pays européens ont aujourd’hui supprimé le service militaire obligatoire. Les jeunes convoqués sous les drapeaux éprouvent plus souvent qu’à leur tour des difficultés pour coordonner leurs études, l’entrée dans un apprentissage tardif ou pour signer un premier contrat de travail. Puis, ils constatent amèrement que cela sert à s’ennuyer à longueur de journée, à terminer une nuit écourtée dans un char ou un camion, à endurer la sottise de certains supérieurs, voire des punitions collectives et l’absurdité de situations kafkaïennes. Toutes choses qui ne cadrent plus très bien avec le monde professionnel qui exige d’eux flexibilité, intelligence et cohérence. La motivation est en berne et nombre de jeunes s’interrogent à juste titre sur la valeur ajoutée personnelle d’une telle expérience.

Et ce n’est pas tout. Aujourd’hui, seuls 30% des citoyens de sexe masculin accompliraient leur service militaire en entier, une fois tenu compte de ceux qui sont déclarés inaptes pour des raisons variables ou qui bénéficient d’une double nationalité leur permettant d’échapper au service militaire suisse. Sur une tranche d’âge, en tenant compte des jeunes femmes et des résidents étrangers, c’est en définitive un dixième des jeunes qui est condamné à un retrait imposé de sa vie économique et sociale. Sentiment d’injustice. Pour quel bénéfice?

L’armée du 21e siècle ne s’accomode plus très bien de la conscription obligatoire, avant tout pour des raisons techniques. Une grande partie des Etats européens en ont donc pris acte et le débat a commencé en Suisse également. Comme en 1989, avec la première initiative anti-armée, il n’est pas exclu qu’une initiative contribue à bousculer les habitudes. Celle-là avait permis la division par quatre de l’effectif de l’armée, de larges réformes et la création d’un service civil depuis longtemps attendu par les objecteurs de conscience. L’initiative actuelle risque ainsi elle aussi d’aboutir à des résultats non explicitement souhaités par le comité d’initiative. Mais il ne s’agira pas forcément d’une armée de métier.

Parmi les choses imaginables ou souhaitables, la création d’un service national pour l’ensemble des jeunes résidents, incluant donc les jeunes femmes et les étrangers. Ce service pourrait donner lieu à des choix, parmi lesquels l’armée, un service d’intervention en cas de catastrophes, un service d’intervention dans le cadre de manifestations sportives ou autres, un organisme travaillant sur la cybersécurité, un service civil ou d’autres encore. Les rythmes d’activité de ces différents services seraient adaptés à leurs contenus. Ils permettraient de sanctionner des formations reconnues et faciliteraient l’éveil de jeunes en mal d’intégration en leur confiant de réelles responsabilités. On peut rêver d’une solution digne d’un nouveau siècle.

Aujourd’hui, les conservateurs tiennent à l’armée de milice obligatoire pour des raisons avant tout idéologiques et ne voient pas que l’armée s’est vidée elle-même de son sens et de la majeure partie de ses effectifs potentiels. Notre pays est parfois à l’avant-garde (notamment avec la politique des drogues), mais il se contente aussi bien souvent d’adopter les mêmes solutions que les autres, mais après les autres (service civil, adhésion à l’ONU, droit de vote des femmes, congé-maternité etc.). Il est encore temps d’être innovateur en matière de service à la communauté et de politique de sécurité.

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Discussion

  • Pourquoi remplacer le service militaire obligatoire?
    Il suffit de l’abolir.

  • Une armée pour quoi faire ?
    Il existe à mon avis deux sortes de menace par la violence: Une guerre nucléaire qui deviendrait vite une guerre mondiale qui détruirait toute vie sur cette Terre. Une armée nationale ne sert plus à rien.
    La deuxième menace est la menace terroriste, des groupes fanatiques, d’où qu’ils viennent, posent des bombes partout et paralysent le pays. Contre de telles menaces, des tanks et des avions ne servent à rien.
    Une guerre de masse telle que la 2e guerre mondiale n’est plus concevable à l’heure actuelle, essentiellement parce que le réflexe patriotique ou nationaliste ne joue plus. Il n’y a plus de Boches à l’heure actuelle, seulement des Allemands. C’est un moyen très efficace pour inciter un peuple à la violence, que de coller un sobriquet au peuple que l’on veut attaquer: ça marche encore aux E.U.s: Kraut, Jap, Charlie, Raghead, Nigger.  Je pense que cette mode est passée ici, depuis 1945.

  • 3
    Pascal Cretton

    Qu’est-ce que la défense? Les mesures qu’une société prends pour neutraliser ce qui la menace. Quelles sont les menaces? Pour une société ancienne, celles-ci étaient identifiées aux envahisseurs de l’extérieur.  Pour une société moderne, il s’agit des phénomènes qui peuvent la vassaliser, la faire imploser, la mener à la barbarie. Lesquels peut-on énumérer? La pollution et la perte de biodiversité (y inclus l’effet de serre, la destruction des sols etc.),  la dépendance alimentaire et énergétique (y inclus la déplétion des énergies fossiles), le manque de sens (y inclus l’individualisme, le consumérisme, le désenchantement du monde),  l’illetrisme,  l’incivisme, l’inculture (y inclus la faillite du politique et la dictature des experts),  l’hubris (y inclus le néolibéralisme, l’idéologie de croissance, le transhumanisme, le messianisme technicien, le recours à la terreur et au droit de tuer, directement ou par modification des conditions du milieu, qu’il soit du fait d’organisations, d’entreprises ou d’Etats via de quelconques prétextes), le déni de réalité (y inclus tous les prétextes et postures psychologiques pour ne pas voir les phénomènes précédents). Et j’en oublie certainement. Ces menaces existent-elles? Oh que oui. L’armée de nos pères fut-elle d’une quelconque utilité contre elles? Non. Dans les années 80, après l’avoir faite, j’ai pris 9 mois pour avoir osé dire cela. A présent qu’elle s’est réduite de 70% par complaisance envers les pieds plats et les fragilités psychologiques d’une part, et de l’engagement des civilistes d’autre part, est-elle plus apte à faire face à ces menaces? Non. Peut-on se permettre que 70% des hommes et les femmes ne puissent participer à une défense cohérente et adaptée aux problèmes qui se posent? A savoir, un véritable service civil général, par lequel la société s’informerait de sa réalité et se formerait à affronter ce qui réellement la menace? Non. Et qu’on cesse de secouer l’épouvantail des méchants fous. La prévention des attentats est affaire de probité de l’Etat envers les valeurs qu’il prétend défendre, ce qui fait partie des impératifs de notre défense. Ceci pour la part du terrorisme d’Etat. Pour l’autre part, elle est affaire de renseignement et de police. L’armée est inutile. Pire, elle monopolise des ressources nécessaires à notre défense véritable. Bien joué du GSsA de remettre pour la millième fois l’ouvrage sur le tapis. Peut-être « qu’à force de secouer la machine, la pièce elle va finir par tomber? » comme le dit un de mes amis installateur sanitaire.

  • Le stratège chinois Sun Tsu dans son art de la guerre déclarait:  « On a toujours une armée sur son sol, la sienne, ou celle des autres ».
    Il serait peut-être bien d’y réfléchir avant de supprimer quoi que ce soit!
    Et nous connaissons bien cette technique de subversion caractérisée: celle de ceux qui cherchent par tous les moyens à déstabiliser notre pays. Et qui n’ont pas calculé l’impact réel que le résultat de ce  genre de proposition peut avoir sur les pays qui nous entourent. Les blessures de la dernière guerre sont à peine refermées, ne l’oublions pas et la mémoire collective n’est pas encore chloroformée au point de nous faire perdre de vue l’essentiel: la liberté et l’indépendance de notre pays, trop souvent vilipendées par ces organisations qui occultent le rôle de notre armée dans tout le contexte historique du pays.
    Et osons espérer que les électeurs et citoyens sauront prendre la mesure d’une telle initiative et  remettre cette dernière à sa juste place. Tout citoyen responsable doit se souvenir de  ses devoirs et pas seulement de ses droits . Comme il est facile de profiter d’une période de crise pour tenter d’abuser de la faiblesse ou de l’aveuglement passagers de l’électeur.

  • 5
    Lecoultre Richard

    D’autres buts de l’armée étaient d’ouvrir et renforcer l’esprit des Suisses sur nos valeurs civiques, patriotiques et sociales. Pour remplacer l’armée, pourquoi pas un stage dans une grande banque?

  • Une constatation d’une valeur universelle doit être faite, ou plutôt deux:  Toutes les nations du monde sont des démocraties, et pratiquement toutes ont un Ministère de la Défense. La Corée du Nord est une démocratie, la République du Congo est une démocratie, et aussi le Zimbawe, puisqu’ils ont eu des élections là-bas. Il y a eu la République Démocratique d’Allemagne, et j’en passe. 
    Et aussi, il est certain, n’est-ce pas, que ces abominables aggressions au Vietnam, en Irak, en Afghanistan ont pout but de défendre nos valeurs démocratiques et éternelles,  à l’exclusion de toute intention mercantile. C’est pour leur bien que entre 600.000 et un million d’Irakiens ont été bousillés et des milliers de km2 ont été contaminés à l’uranium apprauvri ou, dans les cas du Vietnam, à l’agent orange.
    C’est un fait, pour redevenir sérieux, que notre civilisation passe par une crise des valeurs. Le bon vieux nationalisme a fait son temps, on voit les limites de la Croissance, cette religion d’Etat. Le moment ne serait-il pas venu d’apprendre à jouir de la vie, de la prendre comme elle vient, de travailler pour vivre et non de vivre pour travailler.
    Le temps est venu pour le citoyen lambda de faire comprendre à notre soit-disant « élite », qu’il n’avale plus n’importe quelle connerie, qu’il ne se laisse plus bluffer par un quelconque 11-Septembre,
    « Suppose, il y a la guerre, et personne n’y va… » Bertold Brecht

  • Mon cher M. Simonin, ne vous faites aucune illusion. Ce que veulent ces gens qui sont contre notre armée de milices, contre l’obligation de servir etc., c’est que nous soyons dans l’OTAN au plus vite et que nous allions répandre la démocratie en Asie centrale à coups de bombes.

    Et vous verrez que si cette bande d’irresponsables réussit  à nous faire entrer dans l’EUROTAN (car l’UE et l’OTAN c’est kif kif, il faut bien que chacun le comprenne, pareil pour l’ONU d’ailleurs) , ce ne sera pas la belle idylle anarchiste que vous décrivez. Mais ce seront des milliers de citoyens suisses forcés d’aller se faire tuer en Afghanistan ou ailleurs et des cercueils revenant chaque semaine.

    Pourquoi croyez-vous que ce cher Samuel Schmid voulait à tout prix que notre armée s’équipe d’hélicoptères de combat permettant de transporter des troupes à des milliers de kilomètres? Pourquoi croyez-vous que maintenant, depuis que ces gens ont commencé leur réforme pour nous rendre « interopérables », on n’a plus que des troupes « logistiques ». Ben voyons! Le but, bien évidemment, c’est que les troupes suisses servent de forces auxiliaires aux forces de l’empire qui ferraillent en Asie centrale.

    Quand j’y pense, ça m’indigne à un point….! Que nos officiers ambitieux cautionnent un tel projet, que l’idéologie dominante pro européenne pousse à la roue dans le même sens, c’est révoltant. Et que les gogos suivent, c’est encore plus affligeant.

    Jamais de la vie, dans aucune circonstance, n’accordez aucun crédit au baratin des défenseurs du service civil et aux antimilitaristes en général. Avec eux, le remède est TOUJOURS pire que le mal. Ce sont eux, dans l’histoire ça a toujours été eux les plus va-t-en guerre, le plus bellicistes.

    Il faut une armée pour défendre notre territoire, point barre. Une sorte de Vietcong. Voilà la seule solution humaniste et digne d’une démocratie.

    Et qu’on ne me dise pas que c’est dépassé. Depuis des décenies en Afghanistan des combattants mal armés ont mis en échec d’abord l’armée rouge, puis une coalition militaire composée de toutes les plus grandes puissances du monde réunies. Alors…

    Qu’on ose mettre en doute la possibilité d’une défense territoriale, cela aussi m’indigne à un point… C’est criminel ce discours.

  • 8
    Edouard Dommen

    L’idéal serait l’abolition de l’armée, remplacée par un service civil obligatoire et universel pour hommes et femmes.

  • 9
    Laurent Jolissaint

    Posons-nous une question fondamentale : quelle-est l’utilité même d’imposer une période de service à la communauté aux jeunes adultes ? Si, après débat, on estime qu’une telle période est utile, alors on peut commencer à réfléchir à son contenu. Si on ne trouve rien, alors supression. Car on ne saurait forcer les citoyens à faire des choses dont personne ne comprend les objectifs.
    Pour ma part, j’imaginerais sans aucune difficulté des tas de bonnes raisons pour un tel service. Ce type d’exercice, bien calé dans son siège face à son ordinateur, est à la portée de n’importe qui. C’est, disons-le, la partie facile. La partie vraiment difficile, en revanche, c’est de déterminer le sens fondamental d’un tel service, ou, pour utiliser un vocabulaire militaire, l’objectif de la mission. Une fois que le sens/but de ce service est déterminé, il sera beaucoup plus facile de déterminer les missions nécessaires à l’accomplissement de l’objectif.
    Quelle est la situation actuelle ? on a une armée, mais son sens, son objectif historique, a pratiquement disparu. Plus de sens, plus de mission, et donc plus d’adhésion. Normal.
    Mais au dela du sens à trouver pour un service à la communauté, il y a encore la question de l’utilité réelle d’un tel service (mal barré pour l’armée suisse)…
    En résumé, avant de discuter des diverses missions possibles pour un service des jeunes adultes à la communauté, il faut d’abord s’accorder sur son sens et son utilité. S’il s’avère que l’on trouve que l’armée suisse a un sens pour notre pays, et que ce sens soit, en plus, réellement utile, alors moi je ne suis pas contre cette institution. Chacun, pour soi-même, depuis son fauteuil, trouvera, ou pas, un sens et une utilité à l’armée suisse. Et je suis sur que ce cher « curieux » pourra nous écrire une autre tartine militaro-facho-nationaliste à ce propos.

  • Je suis peut-être militaro-facho-nationaliste mais je ne vois pas comment on pourrait justifier d’imposer aux gens des périodes obligatoires au service de l’Etat pour un motif autre que la défense militaire du pays.

    A part ça c’est atterrant de constater que beaucoup de gens semblent effectivement convaincus qu’on est entré dans l’ère de la paix perpétuelle et que plus jamais aucun danger de guerre ne risque de troubler notre douce quiétude. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’on a eu cette illusion. Ca s’est toujours mal fini. 

  • Il y a ceux qui sont convaincus que nous sommes entrés dans une période de paix perpétuelle, et qui manquent certainement de réalisme, soit.
    Il y a ceux qui préparent la guerre précédente, aussi, avec les moyens, les doctrines, voire les tranchées de la précédente.
    Deux types d’irréalistes qui se font face, en somme. Or, autant la fin du XVIIIe siècle a vu le passage d’armées de métier à des armées de masse, autant notre époque voit le retour aux armées de professionnelles. Ce sont des évolutions fondamentales qui dictent ces changements, pas les préférences des politiciens en place. Mais ces préférences entraînent parfois des retards ou des illusions coûteuses. L’histoire en est pleine…
    Curieux, votre préférence pour l’armée de grand-papa est anachronique. Vous êtes autant irréaliste et à côté de la plaque que les gens que vous critiquez. A quoi bon condamner des centaines de milliers de jeunes à creuser des trous et les reboucher, à nettoyer et renettoyer sans fin les mêmes objets, en répéter des exercices stupides, à multiplier des attentes dans les courants d’air ? La sécurité d’aujourd’hui réside ailleurs…
    Une armée de volontaires, ou de professionnels (débat ouvert), sera mieux à même de défendre la Suisse qu’une bande de soifards désoeuvrés quelques semaines par année. Divers services complémentaires permettront de compléter le dispositif de sécurité (catastrophes naturelles, cybersécurité, etc.).
    Sortez de votre tranchées, rangez votre M113 !
     

  • 12
    Laurent Jolissaint

    S’assurer de la sécurité de notre pays et de ses habitants par rapport à tout type de menace est une des tâches fondamentales de notre gouvernement, tout le monde est d’accord là-dessus.
     
    Il convient donc de se pencher avec toute la rigueur intellectuelle requise sur la question de l’évaluation des risques actuels. C’est ici que l’avis de chacun diverge.
     
    Pour ma part, le niveau de risque d’agression de la part de nos voisins est aujourd’hui ridiculement bas, et pour longtemps, et il n’est plus possible de justifier le maintien d’une structure de défense aussi inadaptée que l’armée suisse. Il faut un système de défense adapté aux risques réels. On ne se défend par contre la malaria avec un FA-18.
     
    Par ailleurs, il est absolument évident que la Suisse doit collaborer pleinement avec le système de défense européen et transatlantique. Imagineriez-vous une seconde un état agressant la Suisse sans que nos voisins soient touchés ? Par un tir depuis l’orbite, ça pourrait être possible, tiens. Mais alors il faudrait que la Suisse participe à un système de détection de missile à l’échelon européen, au minimum…
     
    L’armée de papy est OUT, définitivement, et s’y accrocher par simple nostalgie n’est pas un service rendu à notre pays, bien au contraire. Puisqu’il faut se défendre, au moins faisons-le de manière rationnelle !
     
    Dernière remarque : au cas où personne ne l’aurait remarqué, la Suisse n’a pas d’ennemis parmi les nations démocratiques de la planète. Les pays qui pourraient présenter une menace sont ceux conduits par des malades mentaux du type Khadafi, et du temps que des crétins de ce type viennent bombarder le palais fédéral, la température moyenne de la planète aura pris encore un degré ou deux… La vraie menace, celle qui fait VRAIMENT peur, c’est la révolte des désespérés de la misère économique et humaine, et ceux là, ils sont partout, même en Suisse, ceux qu’on humilie, que l’on exploite, que l’on vole, ceux qui devront quitter leur pays lorsque les conditions de vie y seront intenables pour cause de réchauffement climatique, dans quelques 20 ou 50 ans. Ou iront-ils ? et pourra-t’on éviter toutes les actions – violentes – de vengeance, de jalousie et de haine à l’égard des plus aisés, c’est à dire, nous ?
     
    Si tu veux la paix, alors prépare la paix. Ce n’est pas ce que les gradés de l’armée suisse, les fabriquant s d’armes, les vendeurs de bagnoles et les CEO des multinationales nous préparent…
     
    Nous sommes tous, aujourd’hui, responsables d’une manière ou d’une autre des déséquilibres sociaux et écologiques de notre planète. De fait, si danger il y a pour la Suisse, c’est un danger multiforme, qui peut se transmettre à travers un quelconque des canaux qui relie notre pays au reste du monde – migrations, flux d’énergie, flux de matières premières, et de capitaux. S’assurer de la sécurité de la Suisse, c’est s’assurer de la viabilité des ces flux. Et pour cela, il faut faire en sorte que les pays auxquels nous sommes liés puissent eux aussi être stables et prospères. Et non pas se préparer à une invasion des russes ou des cowboys du Bielouchistan.
     
    Si tu veux la paix, comme disait ma grand-mère, alors exporte la paix, c’est à dire l’éducation, la démocratie, le respect des autres, la justice, l’égalité de l’accès aux ressources (argent, sol, eau, nourriture…), l’accès aux soins etc… 4 milliards de francs suisses, ca fait combien de salaires annuels de profs d’école ? et combien de metres carrés de panneaux solaires ?

  • L’auteur de l’article regrette qu’une très large majorité des commentaires n’ait aucun rapport avec son article.

  • 14
    Laurent Jolissaint

    Ma foi, Dani, c’est vrai. Je crois que sur un sujet aussi emotif, tout debat se polarise tres vite. Maintenant, s’il n’y a plus d’obligation de servir, pourquoi remplacer ce temps gagne par quelque chose d’autre ? Ne pourrions-nous pas tout simplement laisser tomber tout service « national » ? la societe suisse en a t’elle vraiment besoin ?
    Par ailleurs, sans service militaire, on se retrouve avec le choix (1) professionaliser l’armee, car si on doit compter sur le volontariat pour servir dans une armee, a mon avis c’est mal barre (et tant mieux, d’ailleurs) (2) la supprimer. Difficile de separer la question de l’obligation de servir de la question de l’avenir de l’armee de milice.

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