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On ne naît pas Suisse, on le devient

La Suisse que l’UDC veut protéger n’existe pas

Photo de Martin Abegglen
Photo de Martin Abegglen (licence CC)

La consultation populaire menée par l’UDC annonce la couleur. La brochure de 24 pages distribuée dans toutes les boîtes aux lettres du pays est «stempelisée» d’un écusson rouge à croix blanche quasi-officiel. L’UDC elle-même se labellise «qualité suisse» et a pour slogan «pour une Suisse forte».

Les cibles sont connues: les étrangers en nombre trop élevé qui «abusent» du droit d’asile et des prestations sociales, prennent des places de travail, commettent des délits, quand ils ne prient pas Allah.

Mais qui l’UDC défend-elle? La réponse n’apparaît qu’en filigrane dans la brochure parce qu’elle doit être évidente aux yeux du lecteur: la Suisse et les Suisses que l’on se garde bien de définir. On en appelle à la représentation et donc au mythe.

Quelles sont ces «qualités et traditions essentielles de notre pays» que les problèmes sociaux «générés par l’immigration» menaceraient? Les concerts de joddle, les soirées jass, les lancers de drapeau? Quels sont ces «us et coutumes suisses» auxquels les étrangers doivent se soumettre? Le cervelas, le lavage de la voiture le samedi matin, la couleur des sacs poubelle, les trains qui arrivent à l’heure? Quels sont les «mœurs» et les «valeurs» des citoyens suisses de naissance qui seraient différentes de celles de certains naturalisés? La ponctualité, le propre en ordre, la discrétion? Si les naturalisés sont des Suisses au rabais, ainsi que le prétend l’UDC, alors qui sont ces «vrais» Suisses? Combien d’années ou de générations faut-il?

Parler au nom de la Suisse ou du «peuple» sans les définir est un procédé récurrent utilisé par Christoph Blocher, qui a déjà été dénoncé (DP 1748). Rabâchons: cette Suisse-là est une escroquerie intellectuelle. Une arnaque et un leurre.

La Suisse n’est ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Italie. C’est ce qu’il la rend souvent exotique, parfois incompréhensible pour nos voisins. La Suisse n’est pas issue d’une dynastie monarchique; elle n’a pas de langue commune; ses frontières géographiques d’un versant à l’autre des Alpes, d’une rive à l’autre du Rhône, du Rhin ou du Doubs n’ont souvent rien de naturel. La Suisse n’existe que par la volonté: celle historique des grandes puissances qui l’entourent et celle de ses habitants de vivre en communauté. Elle s’est construite sur la base des valeurs fondamentales qui figurent dans la Constitution fédérale. La Confédération ressemble plus aux Etats-Unis d’Amérique ou à ce que pourrait être un Etat fédéral européen en devenir – comme l’écrivait Denis de Rougemont – qu’à l’un de ses voisins.

La Suisse ne se définit ni par des qualités et traditions, ni par des us et coutumes, ni par des mœurs communes à l’ensemble de ses citoyens, ni par une religion. Elle s’est au contraire toujours caractérisée par une grande diversité de ce point de vue. Autrefois, les protestants, les catholiques et les juifs; les francophones, les italophones et les alémaniques; les bourgeois, les ouvriers et les paysans. Aujourd’hui, les musulmans, les personnes originaires des autres pays d’Europe et du monde, les clandestins. Aucun destin ne définit par avance ce que l’on considère comme un citoyen helvétique: on ne naît pas Suisse, on le devient.

Cette construction fédéraliste, véritable antidote à un tronc commun, est parfois déplorée comme s’il s’agissait d’un défaut: besoin d’identité, besoin de visibilité comme aiment le répéter les grands communicants. Certains font d’ailleurs l’erreur de remplacer les clichés conservateurs dans lesquels l’UDC enferme le pays par d’autres: pour schématiser, la Suisse d’Henry Dunant plutôt que celle de Guillaume Tell. Cette faiblesse supposée fait au contraire la force de notre pays. Un vaccin qui a permis à la Suisse de résister aux nationalismes des vieux Etats qui ont mis l’Europe à feu et à sang par deux fois au XXème siècle et qui menacent encore la construction européenne.

Combattre les thèses de l’UDC, c’est d’abord combattre cette vision erronée du pays, ce nationalisme unschweizerisch qui est contraire à l’idée même de Confédération. Le vrai nom d’un pays que l’UDC connaît si mal qu’elle ne l’utilise jamais.

DOMAINE PUBLIC

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Discussion

  • Mais bien sur que la Suisse se définit, comme tous les autres pays d’ailleurs, aussi par des qualités et traditions, des us et coutumes, des mœurs communes à l’ensemble de ses citoyens (jass, cirque Knie, arme à la maison, esprit de milice, yodel, démocratie directe, etc., etc.) et par une sensibilité propre aux questions de religion (formée par 5 guerres de religion dans son histoire: 2 guerres de Kappel, 2 guerres de Villmergen + le Sonderbund, ce qui explique d’ailleurs, en partie le résultat de la votation minarets.)

    Cette sorte d’unité dans la diversité est unique et spécifique à la Suisse.

    Vous pouvez déplorer cela, c’est votre droit. Mais à mon avis vous faites fausse route en le combattant. On ne combat pas une réalité historique massive. Ou alors on s’y casse les dents.

    On finira par s’apercevoir que la Suisse a une unité culturelle et mentale beaucoup plus forte et ancrée que les pays qui n’ont en commun QUE d’avoir une seule langue.

    Votre raisonnement est un peu tiré par les cheveux et fait penser à l’argument des adeptes des « gender studies », qui nous expliquent qu’on ne « nait » pas homme ou femme, mais qu’on le « devient »!

  • @curieux:  Ah bon? Ne faisant pas l’armée, ne jouant pas au jass, trouvant les clowns pas drôles et étant athée, je ne serais pas Suisse selon vous? Tout comme l’immense majorité de mes connaissances…

  • « des mœurs communes à l’ensemble de ses citoyens (jass, cirque Knie, arme à la maison, esprit de milice, yodel, démocratie directe, etc., etc.) »
    Tiens, je ne suis pas suisse. Dedieu ce choc.

  • @curieux. Depuis quand le yodel et le jass seraient-ils des mœurs communs à tous les suisses ? En Suisse italienne, d’où je viens, le yodel n’existe pas et n’a jamais existé et on s’est toujours moqué de ces barbus bizarroïdes, avec une calotte de pape sur la tête et qui ululent avec les mains dans les poches. Et le jass au sud des Alpes n’est pratiqué que par des gens relativement jeunes qui ont vécu en Suisse alémanique. Dans la génération de mon père ce jeu n’existait pas, on jouait à la scopa, comme en Italie. Et affirmer que l’unité dans la diversité serait quelque chose d’uniquement Suisse est aussi faux. Il suffit d’aller en Italie pour trouver une plus grande diversité culturelle, linguistique, culinaire, climatique, topographique qu’en Suisse.

  • Bon, à en juger par les réactions, j’ai touché un point sensible.

    J’espère que le webmaster me permettra de répondre:

    M. del Rio, je suis, comme vous, d’origine tessinoise. Permettez moi de vous dire que l’esprit suisse est très profondément implanté dans ce canton, presque fanatiquement helvétique, et qui, pour rien au monde, ne voudrait être considéré comme italien. Vous avez peut-être raison au sujet du jass. Le Tessin est peut-être le seul canton où cette sorte de belotte helvétique ne fait pas partie de la culture populaire de longue date. Mais c’est compensé par un tel attachement à la Suisse… ! D’ailleurs je me demande si la belotte est aussi généralisée en France que le jass en Suisse, ça n’empêche pas la France d’avoir une unité culturelle, certes plus faible que la Suisse mais assez forte quand même. Le jass et ses variantes, pomme, chibre etc., est un phénomène national profond et impresionant que l’on ne saurait nier, même si soi-même on n’y joue pas, ce qui est par exemple mon cas.

    Raph et Cretch, bien entendu que vous êtes Suisses. Vous faites simplement partie de cette minorité importante pour laquelle tout ce dont je parle n’a pas de signification. Cela ne vous permet pas d’en conclure que cela ne constitue pas le fond d’une sensibilité populaire commune à toute la Suisse et très ancrée.

    Je vous rends attentif à un article très intéressant du journal Le TEMPS, paru aujourd’hui et qui nous montre que les « mythes » helvétiques, en particulier celui de Guillaume Telle ne sont pas une invention de l’époque romantique et de Schiller, réactualisée par le radicalisme de 1848, comme on le croit trop souvent, mais que cette idéologie – car c’en est une dans le bon sens du terme – s’est généralisée dans le public suisse dès le milieu du XVIe siècle.

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/6c086972-9a57-11df-a4f8-344ffe5f2115/Les_mythes_servent_de_guide_de_bon_gouvernement

    C’est cela qui me faisait dire, très amicalement., à M. Dépraz dont je ne partage pas les opinions mais dont les articles sont intelligents, qu’il a tort de s’en prendre au bloc idéologique sur lequel repose la propagande de l’UDC. Il peut combattre l’UDC mais à s’attaquer à ces valeurs hélvétiques il court à l’échec, car ces valeurs sont hégémoniques. La gauche de nos grands parents avait compris ça. Même Léon Nicole se réclamait de Guillaume Telle à tout bout de champ.

    Enfin, et pour conclure, une des choses intelligents qu’a dites le conseiller fédéral Leuenberger, un homme que j’apprécie assez peu, c’est qu’il avait découvert avec bonheur, comme président de la Confédération, une Suisse qu’îl ne connaissait pas. Par exemple celle des fêtes fédérales de lutte. Au moins, lui avait compris que c’est idiot de se moquer d’une chose sérieuse comme celle-là. C’est à mettre à son crédit.

  • Vaudois depuis 1440 environ, j’ai été un étranger durant 7 ans de ma vie, ai eu durant toute ma vie active des étrangers comme collègues de travail, comme chefs, comme subordonnés, clients, fournisseurs et amis. Ainsi, qu’est-ce que je devrais avoir contre des étrangers?
    Mais le fait est que la Suisse est surpeuplée depuis longtemps. Nous ne pouvons plus continuer à bétonner au rythme actuel. Lorsque je contemple le splendide paysage autour de Nyon et d’Aubonne et que je pense que d’ici peu, 200.000 personnes viendront y habiter et détruire cette beauté, je chope des boutons. Nous ne pouvons plus continuer comme ça.
    Et en fait, qu’est-ce que la Suisse a, ou est, ou fait, que tous ces étrangers ne peuvent réaliser chez eux? Jusqu’au milieu du 20e siècle, la Suisse était un pays d’E-migration et non d’Im-migration. Les structures attrayantes que les Suisses ont mises en place peuvent être introduites n’importe où de par le monde.
    Nous devons couper l’immigration dans ce pays.

  • @curieux: Vous le dites vous-même « minorité importante » qui justement gagne de plus en plus de terrain. L’affirmation que vous faites est valable pour une certaine génération. Mais si vous regardez les plus jeunes, ils n’auront pour une bonne partie jamais joué au jass, ne connaitront pas le Hornuss et… s’en ficheront comme une guigne des traditions de leurs grands-parents. Ce qui ne signifie pas qu’ils n’auront pas leur culture propre, elle sera juste de nature différente. Certains trouveront que c’est déplorable, d’autres diront juste que « c’est », tout court.
     
     

  • Alors là, je ne serais pas aussi sur que vous, Cretch.

    J’ai plutôt l’impression que votre état d’esprit est surtout répandu chez les quadras et les quinquas. A en juger par mes contacts avec des jeunes j’ai nettement l’impression au contraire que dans la jeune génération l’évolution des mentalités va dans un sens  de plus en plus patriote et même cocardier.
     
    La tendance qui gagne du terrain chez les plus jeunes semble plutôt blochérienne, opposée aux bilatérales, opposée à l’octroi de places d’apprentissage aux sans papiers, totalement eurosceptique et même antieuropéene.

    Bien entendu, cela n’empêche pas qu’une forte minorité soit, et sera toujours de votre avis.

    Un exemple typique de la mode suissarde actuelle, c’est que même le très charismatique et très à gauche Cédric Wermuth, chef des « jusos » suisses allemands, a cru bon d’aller organiser une réunion de ses militants dans l’auberge de Toni Brunner, lequel Toni Brunner a dit qu’il se réjouissait de les accueillir.

    Evidemment, Wermuth a dit que la réunion avait pour but d’organiser le déclin de l’UDC. Mais je ne suis pas sur qu’il y parviendra. Pour le moment je constate que c’est un hommage, peut-être involontaire, rendu par la gauche au courant patriotique très fort dans l’opinion et que Wermuth, qui est perceptif, sent bien.

    C’est une concession symbolique à ce qu’incarne Toni Brunner. Mais je dirais que c’est plutôt  intelligent de la part de Cédric Wermuth, tout comme c’était intelligent de Mme Calmy-Rey de marquer son attachement au Grütli. Si j’avais un conseil à donner à la gauche, ce serait de faire campagne sur le thème de Guillaume Tell.

    Difficile de prévoir l’évolution future, mais dans tous les pays européens il y a une tendance lourde, plutôt réjouissante à mon avis, inquiétante pour d’autres, vers quelque chose que l’on qualifiera de « repli identitaire », patriotisme, nationalisme, régionalisme ou esprit de clocher, selon les goûts.

  • Le « patriotisme » de l’UDC, c’est un nationalisme instrumental destiné à « pêcher » les classes populaires (plus souvent anti-européenne…), c’est un fétiche complètement factice destiné à cacher la vérité : ce parti est un outil au service de la droite ultralibérale la plus dure qui ne souhaite qu’une chose : déplumer le plus complètement possible les droits sociaux (le parti des classes populaires déplume au parlement l’assurance-chômage des jeunes !).
    Ce parti, c’est l’Union des démagogues et de la corruption.
     

  • 10
    J.C. Simonin

    « Ce parti, c’est l’Union des démagogues et de la corruption »
    Quiconque a eu à faire avec le système judiciaire suisse a fait connaissance avec la corruption, l’arrogance, le copinage et l’incapacité totale de résoudre les problèmes même les plus simples en temps utile – si tant est que ces problèmes soient résolus du tout.
    Et que je sache, tous les juges ne sont pas des UDC.
    Dans ce pays, des milliers de personnes sont totalement désabusées après avoir passé par ce genre d’expérience. Et le plus énorme scandale, c’est qu’il n’est pas possible à ces gens de provoquer un scandale. La Suisse est un pays hautment respectable, n’est-ce pas, avec ou sans UDC…

  • Oui, mais cela tout le monde le sait depuis longtemps… et il s’agit en quelque sorte de « petite corruption ».
    Dans le cas du 1er parti de Suisse, c’est bien au-delà, comme la montré le magnifique retournement de veste dans le cas de l’accord UBS.
    Et ce parti est celui des classes populaires… paraît-il…

  • 12
    J.C. Simonin

    Qu’est-ce que c’est, « une petite corruption » ?
    Le brave artisan qui a bossé dur toute sa vie et qui se retrouve plumé par un notaire sans scrupule aidé par un juge marron ne perd « que » quelques milliers de francs – toutes ses économies.
    Un citoyen lambda en instance de divorce passe des années à financer un avocat incapable et toute une faune judiciaire. Un copain à moi y a laissé sa maison, environ un quart de million, pour une affaire qui pourrait être réglée en quelques semaines.
    Une petite bonniche a étét déclarée  coupable sans preuve et sans aveux d’un assassinat et condamnée à 18 ans de réclusions. Mais ce sont là en somme des gens sans mportance, aucune comparaison avec la « grande » corruption, n’est-ce pas….

  • 13
    Jacques Babey

    Laisse ouverte la porte à l’Etranger. Car il est bien faible et bien sot le peuple incapable de l’accueillir.

    St Etienne de Hongrie vers 1050

  • @JC Simonin :
    « Petite corruption » ne visait pas à minimiser les cas que vous signalez, au contraire car j’estime que vous avez bien raison de les dénoncer. Le but était de mettre l’accent sur le parti qui reçoit les plus gros financements pour les services qu’il rend à une partie des classes dominantes. Combattre la corruption en faisant appel à plus de corruption ne me semble pas être la bonne recette…

  • Ce qui serait intéressant, après cette avalanche de réactions exacerbées par le sujet de cette brochure UDC malsaine, c’est de savoir ce que nous, « minorité importante »  faisons de cette campagne. Passons-nous directement la brochure au vieux papier sans même l’ouvrir, essayons-nous d’analyser les méthodes utilisées par nos adversaires dans l’idée de mieux les combattre, jouons-nous le jeu en page 13/24 en répondant qu’aucune mesure ne nous convient ou quoi d’autre? Quelles sont les conséquences de l’un ou l’autre comportement? Aucune? 
    Non jasseur et arme rendue depuis belle lurette, mais curieux. Il en existe donc plusieurs sortes comme il en est des Suisses.

  • 16
    Achille Tendon

    La Suisse a les mêmes frontières qu’en 1848. Donc, tous ceux dont les parents sont suisses qui naissent dans ce pays SONT suisses à la naissance depuis cette époque-là! Ceux qui deviennent suisses le sont par naturalisation et  surtout par amour du pays !
    Et je suis au regret de vous dire que ceux qui déclarent autre chose que cela sont les mêmes qui insistent lourdement pour que la Suisse adhère à l’Europe! Pour votre information vous pouvez  faire un petit tour par le site
    http://www.cartonrougeducitoyen.ch/
    qui vous mettra le doigt sur ce que LE SUISSE veut aujourd’hui pour son pays. Vous y lirez  le résultat des courses : tout ce que notre pays a entrepris, au fil des siècles et plus particulièrement depuis la moitié du 20e siècle, doit servir pour les générations futures.
    Il ne serait pas raisonnable de « vendre » la Suisse à ces centralisateurs bureaucrates qui n’ont que faire d’une province, car c’est bien de cela qu’il s’agit, une province, mais riche à souhait, au point que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une résurgence du colonialisme. Venant de Bruxelles ce ne serait point étonnant!
    Et si l’Europe signe des accords bilatéraux avec la Chine, il n’y a pas de raison qu’elle ne puisse le faire avec la Suisse! Et qu’elle cesse ne nous harceler et de nous culpabiliser. Nous avons été un pays avant tous les autres en Europe.
    Si l’Europe veut dessiner ses frontières, alors qu’elle tienne compte de notre particularité et s’en accommode: après tout les premiers arrivés sont les premiers servis. Et nous y avons mis  la manière!!!
    Et cessons de parler de multi-culturalité et autres billevesées altermondialistes:  « small is beautiful ».  Et évitons de tomber dans le piège tendu par les médias qui ne font que rapporter la bonne parole de la pensée unique: ce n’est que du racolage!!!
    Vive la Suisse !!!

  • Moor, vous voyez l’UDC comme uniquement : « un outil au service de la droite ultralibérale la plus dure qui ne souhaite qu’une chose : déplumer le plus complètement possible les droits sociaux ». Jusqu’à un certain point il y a du vrai là dedans. C’est à dire qu’en effet un homme comme Blocher est patronal jusqu’au bout des ongles. Ceci dit vous n’avez pas raison, à mon avis, si vous lui déniez, et déniez à beaucoup des dirigeants de ce parti, un sincère sentiment patriotique, un sincère attachement à la souveraineté de la Suisse.

    Jusqu’aux accords bilatéraux, où ils ont obtenus tout ce qu’il voulaient, les milieux de l’économie ont été à fond pour le traité colonial dit EEE. Blocher s’est fâché avec beaucoup de gens de l’establishment économique et il l’a fait parce que dans sa vision du monde l’indépendance de la patrie mérite de passer avant certaines considérations purement économiques.

    Aujourd’hui, il y a un jeu entre l’UDC et l’économie. L’économie a compris que l’intransigeance de l’UDC, le poids et la discipline de son groupe parlementaire,  sont des atouts à ne pas négliger. Comme ces milieux ont obtenu satisfaction avec les bilatérales, ils pèsent de leur poids pour maintenir le statu quo car ils ont compris que l’appartenance à l’UE leur imposerait des contraintes dont ils préfèrent se passer. D’autre part, Blocher et l’UDC ont fait le choix stratégique, à mon avis, de jouer leur affaire à droite. Cela implique de donner satisfaction aux désidératas patronaux et de ne pas jouer sur les deux tableaux (ce qui serait théoriquement pensable). C’est pour celà que l’UDC contribue à « déplumer les droits sociaux ». C’est bien vu au point de vue joueur d’échec, car cela oblige plus ou moins les radicaux à se mettre à la remorque de l’UDC, alors qu’un appui de l’UDC à certaines revendications syndicales ou autres ne lui apporterait aucun soutien du côté gauche, tout en ruinant l’alliance de droite.

    Ce que vous oubliez de dire c’est qu’il serait de la responsabilité première de la gauche, sociale démocrate, de défendre les droits sociaux, et non à la droite patronale. Or, la gauche, elle ne fait pas cela. Au contraire: elle pousse à la libre circulation – libre exploitation et à l’adhésion à l’Europe du dumping social.

    Je veux dire: que la droite patronale prenne ce qui lui plaît dans la tendance générale à la dérégulation, c’est assez normal, de son point de vue. Ce n’est pas une trahison. Ca lui permet en contrepartie, d’imposer son refus de l’adhésion à la droite radicale, à certains PDC et au « Spitzenverbände » comme Economiesuisse. Bien joué.

    Ce qui est une trahison en revanche, c’est que des forces de gauche et même syndicales, par désir d’entrer dans l’Europe, jettent l’enfant des droits sociaux, c’est à dire leur propre bébé, avec l’eau du bain de l’indépendance suisse qu’elle veulent sacrifier sur l’autel de l’Europe.

    Ainsi beaucoup de gens dans les classes populaires, dont les intérêts de classe, pour employer une terminologie marxiste, sont contraire à ceux des dirigeants de l’UDC, vont à ce parti parce qu’au moins il défend la Suisse. Avec l’UDC ces gens ne perdent donc que sur un seul tableau. Avec le PS ils perdent sur les deux tableaux: les droits sociaux, bradés par le droit social européen d’inspiration Blokenstein, d’une part, et en plus ils perdent la patrie, trahie au nom du désir d’adhésion.

    Si vous fondiez un parti de gauche antieuropéen, vous pourriez reprendre jusqu’à 10% de l’électorat UDC, qui provient en grande partie de la gauche et des classes populaires. Tant que vous prônerez l’adhésion vous ne pourrez pas vous plaindre étonner que l’UDC séduise les milieux que vous voulez défendre.

    Prenez donc contact avec des gens conséquents dans leur démarche: par exemple M. Michel Gindrat et M. Frédéric Charpié. Eux, ils connaissent la solution du dilemme.

  • Curieux, je déplore comme vous une certaine complaisance de la gauche vis-à-vis de la forme néolibérale de l’Union européenne.
    Mais cela n’empêche pas que l’UDC attire les classes populaires par duperie. Que gagnent-elles à l’entretien des mythologiques helvétiques ? Par contre, elles perdent beaucoup sur le plan social.
    Je comprends vos critiques à l’égard de la gauche et je suis moi aussi convaincu qu’un parti de gauche anti-européen aurait sa place (ce sera peut-être la tâche de « Die Linke »… qui sait ?). Mais vous ne pouvez  pas ignorer le fait que c’est tout de même la gauche qui défend encore et toujours les intérêts des classes populaires (qu’elle espère récupérer…) en matière d’assurance chômage, de retraites, etc.
    Ce que l’UDC sait fort bien faire, c’est « entendre les gens ». Mais cela ne fait pas une politique. L’UDC est la championne de l’opposition à bon marché, mais cette attitude la maintient en marge des exécutifs (Blocher sorti du conseil fédéral, Maurer qui ne sait que jouer la montre, les candidats aux exécutifs cantonaux régulièrement recalés, etc.).
    Le pouvoir de l’UDC, c’est essentiellement un pouvoir de nuisance.

  • C’est très intéressant de constater comment ce sujet passionne visiblement les lecteurs. Rare sont les articles qui suscitent 15 réaction ou plus. Selon moi, cela pourrait être interprêté comme le signe que l’opinion se mobilise POUR la défense du cas particulier suisse. En effet, s’il y avait consentement aux propos de l’auteur de l’article, il n’y aurait pas autant de réactions. L’approbation serait plus tacite.

    Moor, je vote UDC, mais je comprends très bien que vous parliez de « duperie ». Permettez moi d’enfoncer le clou encore un peu: cette duperie serait rendue IMPOSSIBLE par une attitude majoritairement eurosceptique de la gauche sociale démocrate. Donc, je le répète, si votre antipathie pour l’UDC se comprend, il ne faut pas chercher la faute chez l’UDC, qui est dans son rôle de parti patronal, mais dans votre propre camp qui se montre « social traître ».

    Depuis que M. Brutsch m’a fait le compliment de me dire que l’archiconservateur réactionnaire que je croyais être, avait en matière européenne exactement la même analyse que l’extrême gauche, cela m’a intrigué et j’ai correspondu un peu avec l’un ou l’autre des dirigeants de « La Gauche ». Je ne me sens pas très à l’aise avec l’atmosphère idéologique vraiment « rouge » de ce mouvement, mais je dois reconnaître leur parfaite lucidité sur la question du droit social européen, alors que les syndicats, et le gros du PS, pardonnez moi, sont totalement « dans le cirage », et surtout sont complices.

    Pour revenir à l’UDC, ce parti vous étant totalement antipathique, il est normal que vous perceviez son action sous un jour entièrement négatif. Ceci dit, ce que vous percevez comme « essentiellement un pouvoir de nuisance » peut aussi être perçu différemment. Pour ma part, j’y vois un combat retardateur. Je m’explique: dans la situation actuelle l’UDC n’a pas le pouvoir puisque le CF est composé de 6 membres pro européens, complices à la fois du collaborationisme ambiant et du démantelement social du à l’influence du droit européen. L’UDC peut pactiser avec les autres partis bourgeois sur les questions touchant la dérégulation libérale. Mais sur la question principale: celle de l’existence même du pays, c’est à dire de son indépendance, l’UDC a les mains liées. Elle ne peut donc mener qu’un combat retardateur en attendant mieux. C’est ce que fait Maurer. Il ne peut faire mieux, ni plus que d’empêcher la destruction totale de l’armée par ceux qui veulent une armée professionnelle de 50’000 hommes intégrée dans l’OTAN.

    Donc il est normal que vous perceviez cette politique comme  uniquement nuisible. Sur le sujet qui vous préoccupe (droits sociaux), l’UDC est contre vous. Et sur la question de la souveraineté, qui ne semble pas vous préoccuper plus que de raison, elle freine.

    Si l’on tient à l’indépendance de la Suisse on peut espérer que le rapport de forces se modifie en faveur de l’UDC. Avec 3 conseillers fédéraux de la ligne Blocher, on aurait un gouvernement qui pourrait négocier avec Bruxelles non pas sur les conditions de notre absorption – forcément subalterne – dans le machin, comme le préconise Domain Public et les euroturbos, mais au contraire négocier en imposant à Bruxelles le respect de notre indépendance. C’est complètement différent et cette politique prendrait alors un sens positif et non plus négatif.

    En attendant ce moment on ne peut mener qu’un combat retardateur, parfois un combat de harcélement qui vous exaspère, et que vous percevez comme nuisible.

    L’UDC est dans son rôle en menant ce combat retardateur contre les partisans de l’absorption, tout en faisant cause commune avec les forces patronales peu généreuses en matière sociale. C’est la gauche de gouvernement qui n’est pas dans le sien et qui trahit sa clientèle en combattant pour l’Europe du démantelement social.

    Ce que j’espèrerais en tant que patriote, ce serait un nouveau contrat social par alliance, au moins tacite, entre une gauche socialiste sincère et cohérente dans la défense des acquis sociaux, c’est à dire NECESSAIREMENT EUROSCEPTIQUE, d’une part, et une droite UDC soucieuse de l’indépendance de la Suisse. Cette entente détiendrait le pouvoir, puisqu’il s’agit des deux plus grands partis. Et alors, la gauche serait en position, pour prix de son soutien à l’indépendance de la Suisse, d’exiger, et obtenir, du maillon fort du bloc bourgeois qu’est l’UDC, des concessions dans le domaine social.

    Malheureusement je ne suis pas très optimiste sur les chances que cela se produise. Pardonnez moi l’exporession mais je trouve la PS trop vendu à l’idée de dissolution de la Suisse dans le magma européen.

    Enfin, Achille Tendon, bravo! Vous dites avec d’autres mots ce que je pense aussi. et vous sentez les choses comme, je l’espère, la majorité des gens.

  • 20
    Figure géométrique

    Ouille, étant née de sexe féminin, je n’ai pas connu l’esprit de milice; divorcée, je n’ai pas de mari qui puisse ranger son arme entre mes dessous et son cor des Alpes. Et pourtant je me sens Suisse.  Pourquoi? Parce que ma mère est française et mes voisins de palier saoudiens, portugais, allemands, suisses, ghanéens. Parce que le jass s’appelle aussi le chibre et qu’on peut y jouer  avec des cartes françaises, allemandes ou autrichiennes. Parce que je ne suis pas nationaliste mais fédéraliste. Parce que je ne suis pas d’accord avec notre politique d’immigration mais que j’ai le droit de le dire. Parce que j’aime aller voter souvent et sur tout et même parfois un peu au sujet de n’importe quoi. Parce que j’aime nos chemins de fer et nos funiculaires. Parce que je ne suis née ni femme ni suisse et que je suis devenue les deux. Monsieur Dépraz, je vous remercie de ce bel article et de son titre qui rend hommage à Simone de B.

  • Curieux, je comprends fort bien votre position et je suis même d’accord avec certains de vos propos.
    Par contre, je ne crois pas du tout à la sincérité de l’engagement patriotique de l’UDC. Je suis convaincu qu’il s’agit de poudre aux yeux et que les grands patrons qui dirigent ce parti sauront toujours « se vendre » lorsque ce sera avantageux pour eux (ils l’ont d’ailleurs déjà fait à plusieurs reprises !). Non, les combats identitaires de l’UDC sont des promène-couillons destinés à râtisser un électorat que ce parti n’avait pas jusqu’aux années 90. Et cela marche en effet très bien…
    Dans le combat anti-européen, ce ne sont pas les classes populaires qui sont défendues par l’UDC, ce sont des intérêts économiques. Accessoirement, l’entrée dans l’UE n’empêche pas des pays comme la Suède ou le Danemark d’être amplement plus « sociaux » que la Suisse.
    Que l’UDC ait été capable de toucher une fibre identitaire (et de thématiser, thématiser, et encore thématiser… sans véritables résultats…), c’est un fait avéré. Que la gauche soit aussi responsable de ce fait en renonçant à s’intéresser réellement à certains sujets (la sécurité, par exemple), c’est clair. Cela n’empêche pas que le succès de l’UDC auprès des classes populaires soit une absurdité à dénoncer (et cela est en partie dû à un manque d’instruction évident). Vous pouvez compter sur moi pour continuer à le dénoncer !
    Je souhaitais qu’une sortie du PS du Conseil fédéral permette une grande clarification, en obligeant l’UDC a assumer clairement son rôle d’outil des classes dirigeantes et en permettant à la gauche de retrouver un rôle d’opposition face à la dérive néolibérale.
     

  • Vous avez essayé la belote ? C’est finalement beaucoup plus intéressant que le jass…

  • 23
    J.C. Simonin

    Peu importe le parti, si l’idée est valable.
    Le fait es que ce pays est surpeuplé. On ne peut tout simplement pas continuer comme ça. Des pays très prospères tels que le Danemark ou la Suéde sont nettement moins peuplés et ont une proportion beaucoup plus basse d’étrangers. Une fois de plus, je n’ai rien contre les étrangers en soi. J’ai vécu à l’étranger, en Amérique du Nord, durant sept ans, ai eu des étrangers comme supérieurs, comme collègues, subordonnés, fournisseurs, clients et amis, mais il y a une limite à tout.
    Les Américains ont une densité de population infiniment moindre que les Suisses et érigent des murailles contre les étrangers

  • 24
    Achille Tendon

    Moor, baser vos assertions sur le « manque d’instruction évident » du citoyen lambda est aussi bas que ce que vous proclamez à propos de l’UDC!
    Quant au social, allez faire un tour « physique » du côté des pays nordiques que vous citez pour vous rendre compte de la situation et demandez aux gens pourquoi il y a une résurgence du nationalisme. Et n’oubliez pas de visiter la banlieue de Göteborg, juste pour voir!…
    Vous en reviendrez ragaillardi par le fait que nous pouvons encore, en Suisse, débattre de ce genre de problème ouvertement, sans être interdit de toute part. Et espérer qu’il ne faille pas promulguer, comme au Canada, une loi anti-bâillon !!!

  • Moor, difficile de sonder les reins et les coeurs. je pense que monsieur Blocher est un patriote. Je le respecte et je vote pour l’UDC principalement parce que c’est lui. Je pense avoir personnellement la fibre patriotique.

    Mais bien sur, le patriotisme n’est jamais pur, pas plus que n’importe quel autre sentiment politique. Il n’exclut pas la défense d’intérêts particuliers. C’est certain.

    J’ai aussi pensé, comme vous, et depuis longtemps, que si le PS prétend être un parti de gauche il aurait du retourner dans l’opposition et y rester. Cela seul lui aurait donné de l’impact et de la crédibilité dans la défense des acquis sociaux.

    Mais, tout comme vous vous ne voulez pas voir la sincérité des ténors UDC, moi je ne crois pas du tout (et j’ai probablement en partie tort) à la sincérité des socialistes dans la défense des petites gens. Le PS n’est qu’un parti d’arrivistes servant à distribuer des places. Et c’est ce qui le perd. Même si la Suisse virait à l’extrême droite le PS resterait au gouvernement pour rester près de l’assiette au beurre. Les huiles du PS se feraient tuer plutôt que d’aller dans l’opposition et de perdre l’accès au fromage.

    L’engagement pro européen du PS, selon moi, s’explique principalement par le désir de jouir des prébendes et sinécures de Bruxelles (voitures de fonction, secrétariats personnels, pensions dorées, quantité de postes juteux à se partager, etc.) Et c’est cet engagement pro européen qui, en même temps, est la cause de l’effondrement électoral du PS. C’est une justice immanente. Ils sont punis par là où ils ont péché.

    Vous avez écrit que le PS espère encore récupérer l’électorat populaire et vous pensez que le PS défend ces classes populaires en Suisse contre le démantelement ultra-libéral. A mon avis vous vous faites des illusions. Une défense de l’AVS est platonique, elle n’a aucun sens si au même moment on plaide pour l’adhésion à l’UE dont on connaît la législation antisociale (j’ai déjà mentionné les jurisprudences de la Cour de justice qui rendent obligatoire le dumping social et condamnent les entreprises qui osent respecter les conventions collectives.)

    C’est pourquoi il est impossible que le PS récupère le vote populaire. Le PS est condamné à représenter son véritable électorat: celui des fonctionnaires petits et grands, et des intellectuels bobos aisés. Or, ceux-ci veulent adhérer à l’Europe car c’est leur intérêt matériel. L’Europe c’est un système où les fonctionnaires ont le pouvoir et où le peuple n’a que le droit de subir.

    La position d’un Jean-Claude Rennwald (défenses syndicale pour la galerie, mais ce n’est pas crédible du moment que JCR est aussi pour l’adhésion à l’UE) n’a aucune chance d’être crédible et elle va finir par plomber définitivement ce parti.

    Pourquoi ne conseilleriez vous pas à votre parti de négocier une alliance avec l’UDC. Donnant donnant: on vous soutient dans l’opposition à l’annexionite bruxelloise, et en contrepartie on exige de vous un frein au démantelement social. Chiche!

  • @Achille : dire que c’est « bas » vous évite de répondre par l’argumentation. Il se trouve que plusieurs études ont corroboré le fait que l’électorat nouveau de l’UDC, depuis les années 90, était constitué principalement par la partie la moins instruite de la population. Nous sommes là simplement devant un fait. Il se trouve que cette partie de la population est justement celle qui fait les frais (au sens propre, financièrement) des politiques soutenues par l’UDC, comme le démantèlement de l’assurance-chômage. Ces gens votent contre leurs intérêts, parce qu’ils saisissent plus facilement l’image du mouton noir que des arguments complexes sur la fiscalité ou les assurances sociales. On peut appeler cela démagogie, populisme, ou autrement… peu importe. Quant aux pays nordiques cités, je les connais suffisamment ( y compris « physiquement ») pour savoir que leurs prestations sociales sont équivalentes au moins à celles de la Suisse, bien qu’ils soient dans l’Union européenne. De manière générale d’ailleurs, l’Union européenne influe peu sur les législations sociales… en tout cas beaucoup moins que l’UDC chez nous !!!
    @Simonin : votre argument sur la densité de population ne tient pas face aux plus de 400 habitants/km2 des Pays-Bas et celui sur la population étrangère tombe face au Luxembourg (qui a statistiquement plus d’étrangers que la Suisse). Pourquoi ne pas essayer aussi d’expliquer notre différence par le nombre de vaches, le nombre de sommets de 4000 mètres ou la taille des trous dans le fromage…
    D’autre part, si la Suisse appliquait les lois sur la nationalité en vigueur dans les pays voisins, elle n’aurait pas beaucoup plus d’étrangers que la France ou l’Allemagne. Les deux tiers de nos étrangers sont en Suisse depuis la naissance ou plus de 15 ans, ce qui en fait généralement des « nationaux » ailleurs. Le nombre trois fois supérieur d’étrangers en Suisse est donc de l’ordre de l’illusion statistique (l’art préféré des agences de comm’ de l’UDC…).
    Je ne suis personnellement pas un maniaque de l’adhésion à l’Union européenne (je peux vivre sans), mais je suis sidéré par les peurs fantasmatiques qu’elle déclenche chez certains. Qu’elle ait des inconvénients, c’est certain (elle a quelques avantages…), mais de là à susciter de telles haines instinctives. Il faudrait juste accepter de constater que des pays comme l’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, le Luxembourg (tous des pays à points communs avec la Suisse) ont réussi à maintenir leurs qualités respectives.
    Bref… retour à la raison, SVP.
     

  • @moor: Dommage que vous éludiez la question que je vous posais: ne serait-il pas dans l’intérêt de la gauche socialiste d’adopter une position clairement eurosceptique au nom de la défense des conventions collectives et de l’acquis social?

    Ceci permettrait de récupérer efin l’électorat populaire, qui est peut-être peu instruit mais qui n’est pas bête. Il a très bien compris ce que signifie la directive Bolkenstein. Il a compris aussi que libre circulation rime avec libre exploitation. Il l’a tellement compris qu’il est devenu « xénophobe » et c’est une erreur tragique de la part de la gauche bien-pensante de le stigmatiser en parlant de xénophobie car celà renforce l’adhésion de cet électorat à l’UDC. Il a très bien compris que l’Europe est antisociale. Il a même compris, bien qu’il vote UDC, que l’UDC est antisociale,. Seulement comme j’ai tenté de l’expliquer il préfère perdre sur un seul tableau (celui des droits sociaux, en conservant au moins la patrie suisse) plutôt que sur les deux tableaux (destruction des droits sociaux par l’Europe, plus braderie de la Suisse) ce qu’implique la ligne du PS. 

    Sur la base d’un donnant donnat il existe la possibilité d’obtenir des majorités pour la défense de l’indépendance suisse, d’une part, et d’autre part on pourrait s’entendre sur la défense des cheminots, des postiers, des paysans, etc., bref conserver un certain acquis social mis en danger par la pression européenne « bolkensteinienne ». 

    Ceci serait une option tout à fait valable et je pense que par patriotisme et même par électoralisme, l’UDC serait prête à des concessions de ce type. Ce d’autant que le coût peut en être aisément financé par les énormes profits de l’Alleingang (notamment les revenus colossaux du secret bancaire pas encore mort et que l’on pourrait réactiver sous une forme repensée.)

    Pourt cela il faudrait un accord sincère et savoir tenir cet accord.

    Malheureusement, chez les socialistes le désir de jouir des privilèges de la grande vie bruxelloise, aux dépens des petites gens de Suisse, est tellement irrésistible, et l’antipathie envers l’UDC (vous en êtes un exemple) tellement insurmontable, que cette voie ne sera pas suivie.

    C’est excessivement dommage, car c’est la seule qui pourrait réconcilier le PS avec le peuple travailleur.

    C’est bien pourquoi elle mériterait d’être envisagée et même sérieusement. Et c’est pourquoi, moor, je ne désespère de connaître votre opinion là dessus.

  • 28
    J.C. Simonin

    Si l’on tient compte du fait que quelque 70% du territoire suisse est inhabitable – je ne me vois pas tenir un bistro sur le Glacier d’Aletsch  ou dans les Rapilles de Baulmes VD – je pense que la densité de population de la Suisse est largement supérieure à celle de la Hollande, qui me semble relativement platte…
    Je me souviens qu’en 1992, au moment d’adhérer à l’EEE, nos édiles nous ont prévenus qu’un refus nous condamnerait à crever de froid et de faim dans les ténèbres du dehors. Nous avons refusé l’adhésion salvatrice et le résultat est que nous avons les finances les plus saines, la TVA la plus basse, le taux de chômage le plus minime – qui se transformerait en manque aigu de main d’oeuvre sans les travailleurs étrangers –  un standard de vie les plus élevés du monde entier. Et je ne vois pas pourquoi cela devrait changer.
    Les dirigeants du PS sont des socialistes de luxe qui n’ont aucun rapport avec la population. D’une manière générale, si nous avions eu dans les années trente et quarante les mêmes andouilles et les mêmes pleutres au Gouvernement que durant les vingt dernières années, nous aurions été la première colonie nazie, encore avant l’Autriche…

  • @curieux :
    Je vous donne raison sur les points suivants :
    – Il y a besoin d’un parti fort à gauche du PS qui adopte une position critique vis-à-vis de l’Europe (si le PS ne le fait pas).
    – Le PS accepte tout, comme vous le dites. Il serait peut-être même prêt à participer à un gouvernement avec 4 UDC blochériens…
    – Il y a au PS des carriéristes, comme vous le dénoncez. Heureusement, il reste aussi d’honnêtes défenseurs des causes sociales.
    – Le PS est devenu un parti des classes moyennes (par sa faute, c’est vrai, mais pas uniquement : les électeurs qui préfère le drapeau à la sécurité sociale ont bien aidé). Après tout, peut-être qu’il devrait en prendre acte et signaler aux classes populaires qu’elles doivent désormais s’adresser à l’UDC pour lancer des référendums pour les soutenir. Ce serait marrant…
    Je vous donne tort sur un point essentiel : le PS n’est pas mon parti.

  • Discussion vigoureuse, et pas inintéressante, mais qui commence à s’épuiser et à tourner en rond entre un cercle étroit de participants… L’objet de l’article n’est ni la question des relations entre la Suisse et l’UE, ni celle du rapport respectif de l’UDC et du PS aux classes populaires, mais celle des relations entre Suisses et étrangers au travers de la consultation lancée par l’UDC. Merci d’y revenir pour d’éventuels nouveaux commentaires (et pas forcément par les mêmes auteurs).

  • 31
    Philippe Berney

    Notre pays, entre autre, par ça neutralité imposée et son « sonder fall schweiz », est devenu au fil des ans un excellent navire d’eau douce admirablement piloté par de bienveillants marins. Aujourd’hui nous atteignons par la nature des choses l’estuaire de ce long fleuve tranquille et la vue des eaux agitées de l’océan inquiète. Je suis persuadé que nous apprendrons petit à petit à  naviguer au côté des autres en haute mer aussi. Faire demi-tour est impossible. L’histoire est en marche il faut faire avec. L’Europe sera une contrainte exigeante et difficile mais elle deviendra à terme la moins mauvaise solution.

  • 32
    J.C. Simonin

    La petite Suisse, avec 41.000 km2 et – en 1848 – 3 million d’habitants, a mis 550 ans de 1291 à 1848 pour être ce qu’elle est essentiellement aujourd’hui. Les Suisses se sont occasionnellement tapé sur la figure, la dernière guerre civile remonte à 1847, a duré 12 jours et a fait 120 morts, les pires atrocités étant quelques consommations impayées dans les bistrots et quelques potagers ravagés.
    Et l’on pense sérieusement qu’une Europe de 5 millions de km2, avec deux douzaines ou plus de nations, la plupart juste sorties de la féodalité et 400 millions d’habitants, qui se sont étripés conscienceusement durant des siècles, va se faire d’un coup de baguette magique. C’est rigolo comme tout.
    Même si l’on parvient à se débarrasser d’un nationalisme mesquin et malsain, le fait est et demeure que durant longtemps encore, un Portugais et un Suédois, ou un Finnois et un Français n’auront rien à se dire, n’auront rien à partager.
    Je parle assez couramment l’italien et me sentirais très vite chez moi au Tessin. En tant que Welche, j’ai passé la plus grande partie de ma vie en Suisse alémanique et m’y sens chez moi. Mais je ne sentirais pas chez moi en Estonie ou en Grèce ou en Espagne. La Suisse est une nation parce que les Grisons partagent les mêmes idéaux que les Genevois, ou les Tessinois que les Jurassiens. Allons-nous maintenant nous entretenir de la Belgique, ou rappeler comment les Français ont traité les Alsaciens après 1918 ? On pourrait aussi parler un peu de la Catalogne, ou du Pays Basque. De la jurisprudence imposée peu à peu par la Cour Européenne de Justice et de ses succès.
    Le contrôle exercé par les citoyens et citoyennes suisses sur le gouvernement de ce pays à tous les niveaux est unique au monde. Mais ce contrôle présume une prise de conscience politique tout aussi unique, qui fait qu’un Vaudois est conscient de se qu’il se passe en Thurgovie ou à Schaffouse ou inversément. Je pense qu’un Hongrois se soucie comme d’une pomme de se qu’il se passe à Nantes ou à Glasgow. Et l’Europe ne sera jamais une nation, aussi longtemps que cette mentalité prévaut. 

  • @J.C Simonin
    Désolé de vous dire que vous vous trompez lourdement.
    Un vaudois n’est pas plus apte à saisir la manière de réfléchir d’un uranais, qu’un portugais avec un letton.
    Il n’empêche que la suisse fonctionne.
    Pourquoi? La réponse est toute simple. Nous le voulons!!
    Bien sûr, notre avis n’a pas été directement sollicité. D’ailleurs, cela nous a même été un peu imposé par Napoléon. Il n’empêche que même si on râle, on est bien d’accord de vivre et travailler ensembles.
    Quant au reste, tout ce que vous (un vous général) reprochez à l’Europe, nous le trouvons ici également. Un pouvoir supérieur, des tribunaux européens qui imposent leurs vues, des représentants germanophone qui interviennent dans des décisions concernant les latins et inversément.
    Tout est là, la seule différence, et elle est de taille effectivement, c’est que nous pouvons nous prononcer sur tout et rien concernant la marche de notre pays.
    Pour en revenir au feuillet adressé par l’UDC, je n’y vois que de la propagande faites par de riches zurichois pour monopoliser l’attention de la population sur un faux problème.
    Oui il y a un problème de criminalité, oui il y a beaucoup de criminels étrangers dans le lot. Mais quelle nature des crimes?
    Beaucoup de la criminalité vient de conditions de vie précaires. Et cela touche beaucoup d’étranger.
    Que les riches UDC qui financent ce genre de feuillet fassent que leurs entreprises paient un peu mieux les employés, qu’ils arrêtent d’attaquer sans arrêt les acquis sociaux, les assurances chômages etc… bref qu’ils participent à l’amélioration des conditions de vie générale et non seulement la leur et celle de leur petits copains et vous verrez déjà nettement moins de problèmes.
    Puis s’il vous plait, on ne peut pas demander un durcissement des lois et refuser de l’autre coté l’augmentation du nombre de fonctionnaires de police, de la construction de prison et de l’augmentation du nombre de magistrat.
    Si vous manquez d’ouvriers pour construire votre maison, ce n’est pas en diminuant les délais que cela ira mieux.
     

  • 34
    J.C. Simonin

    Lefredo: Si un Uranais et un Vaudois acceptent la diversité de vues et de mentalités au même degré, c’est donc qu’ils ont un trait de charactère très important en commun…. On est d’accord là dessus.
    J’ai vécu six ans et demi en Amérique du Nord, parle, lis et écris l’anglais exactement comme le français, connaît bien la géographie du coin, son histoire, ses diverses mentalités, et étais au moment du retour exactement autant un étranger qu’au premier jour: je n’ai jamais eu la moindre envie d’accepter la mentalité de ces gens, leur racisme, leur totale ignorance du monde extérieur et leur indifférence encore plus grande de ce monde. Et en Suisse, je n’ai jamais rencontré d’Américain qui se sentait à l’aise ici. Je n’ai pas dit qu’il n’y en a pas, j’ai dis que je n’en ai jamais rencontré.
    Partout dans le monde, il faut trois générations pour faire un citoyen: l’immigrant apparement bien intégré, qui gagne décemment sa vie, qui respecte les lois et les coutumes de sa nouvelle patrie, est et demeure un étranger de manière indélébile: à la maison, on cuisine comme au vieux pays, on parle la langue du vieux pays, on lit les journaux du vieux pays
    La deuxième génération est méchamment tiraillée entre le vieux payx et le nouveau pays. Entre deux monde souvent extrêmement différents. Et c’est cette génération qui produit le plus de ratés, de criminels, de cas pour les services sociaux.
    La troisième génération enfin n’a plus rien à voir avec le vieux pays. Le processus d’intégration totale est achevé.
    Ce processus est universellement valable, en Amérique comme ici ou même ailleurs.
    Et l’Europe ne peut pas réellement se faire si les peuples qui la composent ne ressentent pas au fond d’eux même l’envie et le BESOIN de la réaliser. L’Europe Unie a jusqu’à présent réalisé un splendide exploit, qui à lui seul justifierait son existence, et c’est que depuis bientôt trois générations, il n’y a pratiquement plus de guerres – si l’on excepte l’affaire yougoslave. Mais cela ne fait pas encore de l’Europe une Nation… 

  • Bonsoir, à tous et toutes,
    je ne suis pas membre de l’UDC et je n’ai pas fait la même lecture de cette consultation populaire que certains d’entre vous. Première suggestion, les autres partis devraient en prendre de la graine et faire de même. Lancer régulièrement des consultations. Tant au niveau communal, que cantonal et national. C’est une forme de participation qui est indispensable!
    Les questions posées sont fondées et ont du sens. Ce sont les mêmes qui sont abordées dans de nombreux autres pays du monde entier. Essayer d’y apporter des réponses, c’est le rôle du politique.
    Consolider et défendre notre Etat de droit, ses lois, leur application a du sens. Notre pays en est l’émanation. C’est le fruit de l’exercice de la démocratie par les citoyens (nes), de luttes et divergences internes qui ont fondé notre neutralité.
    Nos démocraties sont-elles en danger, c’est une question ouverte. Chaque citoyen (ne) a des droits et des devoirs.
    Comment faire pour « réguler » l’arrivée des migrants, des personnes arrivant en Suisse ? Pour les demandeurs d’asile, les pays à risque doivent être clairement répertorié et il faut en suivre l’évolution. Le cas de chacun (e) doit être examiné et suivi. Collaborer avec les pays voisins pour éviter les dépôts multiples. Ces pratiques existent.
    Pour ceux qui recherchent un emploi, il faut parler la langue de la région concernée (comme le disait dernièrement un Français vivant au Brésil depuis plusieurs années. On se sent tous Brésiliens, on parle tous la même langue…..). Obtenir un permis de travail. Exercer une activité pendant plusieurs années (à définir) avant de pouvoir bénéficier de tous les droits (à définir).
    Concernant l’obtention de la nationalité, une question se pose. Peut-on en avoir plusieurs ? En son temps, l’Italie disait non à ses ressortissants qui voulaient en obtenir une autre. Vous devez choisir. Etre Italien, le rester ou non, mais pas les deux. La question est ouverte.
    Au sujet des relations entre Etats. La « réciprocité » doit exister dans toutes les formes de négociation et d’accords.
    Nos élus à Berne, sans distinction de parti, sont-ils à même de prendre en mains ces questions et d’y apporter des réponses ? Ce n’est pas l’impression donnée ces jours par cette « petite » cuisine politicienne en cours. Un mandataire doit remplir son contrat jusqu à son terme.

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