Photo de Gunnar Ries (licence CC) Le Moniteur de la santé 2010 révèle l’attitude ambiguë des assurés à l’égard des réseaux de soins, appelés aussi « soins intégrés » ou « managed care » (DP 1871).
Le Conseil national vient d’adopter une révision de la loi sur l’assurance-maladie imposant aux caisses d’offrir à leurs assurés de tels modèles. Un modèle qui, selon l’étude de l’institut gfs, ne regroupe que 10% des assurés, tenterait 18 autres pourcents et qui séduit avant tout les jeunes entre 30 et 39 ans, alors que 58% des sondés ne s’y intéressent pas. Pourtant une large majorité (75%) reconnaît le rôle positif de la gestion intégrée des soins dans la réduction des coûts.
C’est dire la nécessité d’une politique d’information pour expliquer les avantages de ce modèle qui devrait garantir tout à la fois une qualité élevée des soins, une gestion plus efficace des traitements et donc un meilleur contrôle des coûts. Jusqu’à présent les caisses ne se sont pas distinguées par une promotion active de ce modèle.
C’est dire aussi l’importance des incitations financières pour motiver les assurés à rallier les réseaux de soins. Le Conseil national a fixé à 10% la part des coûts de traitement à la charge des assurés d’un réseau – dans les limites du plafond actuellement fixé à 700 francs – et à 20% la part à assumer par les patients optant pour le modèle classique du libre choix du médecin. Or, toujours selon le sondage gfs, 77% des assurés refusent ce traitement différencié, favorable aux patients d’un réseau. Une attitude assez logique, puisqu’une majorité d’entre eux n’envisage pas d’adhérer à un réseau.
Les personnes sondées manifestent une certaine fatalité face à l’évolution du coût des soins: pour 85% d’entre elles, les primes vont continuer d’augmenter. Mais 66% se déclarent opposées à ce que les assurances ne prennent plus en charge les médicaments visant à traiter les maladies bénignes. Les Helvètes reconnaissent bénéficier d’un système de santé de grande qualité, mais onéreux. Pourtant ils restent méfiants à l’égard de toute restriction dans le choix de leurs prestataires de soins et des prestations disponibles. Or chaque année, les coûts de la santé augmentent de deux milliards de francs, sans qu’on puisse pour autant constater une amélioration sensible de la santé publique.
Les soins intégrés pourraient freiner cette spirale insensée. Reste à convaincre que ce modèle n’impose pas de subir arbitrairement un thérapeute – les réseaux regroupent un grand nombre de soignants – et qu’en réunissant les compétences et les collaborations, il ne peut qu’améliorer la qualité des prestations.





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