Photo de Rose of Academe_ (licence CC) A l’automne 2009, le Parlement fédéral a introduit une déduction fiscale pour les familles qui confient la garde de leurs enfants à des tiers. Les cantons sont libres de fixer le montant de cette déduction qui ne peut dépasser 10’000 francs. L’UDC aurait voulu faire bénéficier également de cette possibilité les familles qui s’occupent à plein temps de leur progéniture. Elle ne fut pas écoutée. D’où l’initiative qu’elle a lancée, qui exige un traitement égal lorsqu’un des conjoints reste au foyer.
Cette initiative va faire un tabac à coup sûr. Elle fait appel à un sentiment spontané d’égalité de traitement. Pourtant, à revenu égal, une famille bénéficiant de deux revenus dispose, après déduction des frais de garde, d’un revenu disponible inférieur à celui d’un couple avec enfant qui ne peut compter que sur un seul revenu, mais n’a pas ces frais. Cet argument a conduit la majorité des députés à rejeter la proposition de l’UDC. Il n’est pas sûr qu’il convainque le sens commun.
L’UDC n’est pas tant préoccupée par un souci de justice que par la défense de la famille traditionnelle. Elle ne goûte guère l’intervention de l’Etat dans des affaires qu’elle considère comme purement familiales et privées. Elle considère une aide financière publique comme un encouragement à l’éloignement des enfants de leurs parents. Pour elle, seule la famille traditionnelle assume vraiment sa responsabilité éducative, délaissée par les conjoints qui confient leurs enfants à la garde de tiers. Avec une belle cohérence, la conseillère nationale Jasmin Hutter (UDC/SG) a d’ailleurs démissionné à la naissance de son enfant. Pour l’UDC, le soutien aux familles qui se chargent de la garde de leurs enfants est une compensation par rapport au traitement qu’elle juge privilégié des familles qui placent leurs rejetons en crèche.
Mais le parti qui se proclame le seul vrai défenseur de la famille commet la même erreur que la majorité parlementaire. Une déduction fiscale avantage par définition les revenus élevés en faisant chuter le taux d’imposition. Une déduction sur l’impôt dû serait plus sociale. D’autant que l’UDC, si soucieuse des deniers publics, ne prévoit pas de plafond; une famille disposant d’un revenu très élevé bénéficierait également, et encore davantage, de cette déduction. La critique du subventionnement arrosoir, si souvent décrié par les pères-la-rigueur financière, n’a plus cours dans ce cas.





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