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Skinheads : La rage en tête

icone auteur icone calendrier 21 novembre 2003 icone PDF DP 

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Le 1er août 2000, Kaspar Villiger prononce son discours sur la prairie du Grütli. Une centaine de militants d’extrême droite chahutent la fête. C’est le scandale. L’inquiétude gagne l’opinion publique. Plutôt discrets jusque-là, les extrémistes changent d’attitude, ils s’exposent à la vue de tous.
Les premières actions violentes de skinheads en Suisse datent de la fin des années huitante. Les centres pour requérants d’asile sont leurs cibles préférées. D’obédience néonazie, ils suscitent la convoitise des mouvements d’extrême droite, à l’image du cercle Avalon – eurocentriste et raciste avec un penchant pour la mythologie païenne des pays scandinaves – ou du parti national suisse (PNS), une antenne du parti national-démocrate allemand. Depuis une dizaine d’années, la police fédérale les surveille de près. On en compte un millier. De sexe masculin, ils ont en majorité entre 16 et 22 ans. Vivant dans les régions rurales, au bénéfice le plus souvent de formations artisanales, ils ne souffrent pas trop du chômage.
Ils se réunissent en petits groupes très éphémères. Les allers et retours se multiplient au gré des conflits internes et sous la pression de la police. Ils tissent des relations durables avec les skinheads étrangers. via Internet qui facilite les contacts et l’organisation des rencontres.

Vêtements et musique façonnent l’image des skinheads. Les chaussures, de lourdes Doc Martens ou des Rangers Boots, font office de signe de reconnaissance et d’arme en cas de bagarre. La musique des groupes néonazis notamment supporte des textes vociférant à la gloire de la race aryenne contre les étrangers, les juifs et tout ce qui est différent, chômeurs, toxicomanes, homosexuels et handicapés compris. En contrepoint, la camaraderie, la patrie, l’ordre, la bravoure, la propreté nourrissent la rage collective des fêtes skinheads. Celles-ci ritualisent, à la limite du religieux, la fusion d’une masse qui vibre à l’unisson, prête à agir. Les concerts vivent ainsi d’un «tour de force ininterrompu» célébrant l’hégémonie du groupe sur l’individu.

Les associations antiracistes revendiquent le droit de porter plainte contre les infractions poursuivies par l’article 261bis du Code Pénal qui punit la discrimination raciale, à l’image du droit inscrit dans la Loi sur la concurrence déloyale (LSD) dont bénéficient les organisations de consommateurs. Une motion demandant son introduction, déposée en 2000 par le socialiste vaudois Jean-Jacques Schwaab, a été cependant rejetée par le Conseil national.

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