Toujours robuste, le Forum économique de Davos fête ses quarante ans. La longévité exceptionnelle de ce rendez-vous affairiste et mondain prouve que sa recette est bonne. Le WEF empoigne les thèmes à la mode pour attirer les leaders politiques et économiques avides de publicité médiatique. La réglementation financière, la maîtrise des émanations de CO2 et le rôle d’Internet s’imposaient donc à l’agenda du Forum 2010.
Comme on l’a déjà constaté l’an passé, les altermondialistes vieillissent un peu moins bien (DP 1754). L’Autre Davos, interdit dans la station grisonne, tient à l’Université de Bâle un forum inspiré par ATTAC.
Les organisations à la critique moins radicale sont admises à Davos. La Fédération des Eglises protestantes y convoque un débat, retransmis par la TV alémanique, pour remettre en question le modèle suisse, son secret bancaire et son attitude de pique-assiette en Europe.
Public Eye, piloté par Greenpeace et la Déclaration de Berne, entend diriger le regard du public vers ce que cachent les grands de ce monde. Pour la sixième fois, il distribue à l’ouverture du Forum le «prix de la honte» décerné à l’entreprise la plus irresponsable de la planète. Les internautes peuvent choisir entre six nominées. A quelques jours du verdict, ce coup de sonde, ou plutôt ce coup de gueule, voit se détacher clairement une multinationale française et une suisse. GDF Suez est épinglée pour son rôle déterminant dans la construction d’un gigantesque barrage sur le Rio Madeira brésilien. Roche, deuxième nominée, teste ses médicaments antirejet dans les hôpitaux de Chine. Les tests sont médicalement irréprochables. Mais le choix du lieu est critiquable. La Chine peut pratiquer massivement des transplantations parce que les organes utilisés ne manquent pas: 90% d’entre eux sont prélevés sur les condamnés à mort. La rigueur d’un vote par Internet est évidemment facilement contestable. Mais chaque coup de projecteur sur ce que taisent les multinationales reste bienvenu.
En cette année 2010, Public Eye se permet deux nouveautés. C’est d’abord l’opération Greenwash qui s’en prend aux organismes privés ou publics décernant des certificats de vertu bidon à des entreprises qui ne les méritent pas. C’est aussi le vigoureux coup de projecteur sur la demeure Rive-Reine à La Tour-de-Peilz. Depuis 35 ans, ce centre de congrès de Nestlé réunit dans la plus parfaite discrétion les grands décideurs de Suisse pour orchestrer l’avenir du pays. Eclairé par Public Eye, le Tages Anzeiger, quotidien zurichois à grand tirage, a consacré une pleine page à cette conférence secrète au sommet. La transparence est nécessaire au pays de la libre formation des opinions.


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25 janvier 2010 à 16:14
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En quoi la Suisse est-elle pique-assiette de l’Europe?
La réalité est inverse. Les accords entre l’UE et la Suisse bénéficient à l’UE plus qu’à la Suisse.
La raison en est, comme le secrétaire d’état Blankart l’a bien dit, qu’on n’a rien négocié. On s’est contenté de signer les yeux fermés tout ce que Bruxelles voulait:
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1956
http://www.mirabaud.com/jset/mirabaud/wwwmirabaudcom/data/communication/revue_de_presse/2004/200406_lagefi(FB)_fr.pdf
Non vraiment, on ne peut pas dire que la Suisse serait un pique assiette?