Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Ne pas faire comme si de rien n’était

Si le droit suisse ne permet pas de juger les errements d’UBS, il faut changer le droit

Une des plus grandes banques mondiales conduite au bord de la faillite, l’économie nationale suisse courant le risque d’être entraînée dans cette chute, la fraude fiscale organisée à grande échelle au détriment d’un pays partenaire, tout ce fiasco financier et moral ne serait passible d’aucune «réprimande», sous réserve de la condamnation de la banque aux USA. Ni la profession (Convention de diligence), ni l’autorité de surveillance (Finma), ni la justice appliquant le droit suisse n’ont trouvé matière à enquêter, à blâmer, à condamner.

L’événement, l’accident, a pourtant eu lieu. Si les instances de contrôle estiment, hâtivement, qu’aucune infraction n’a été commise, c’est que le code est imprécis, ou incomplet.  Par exemple, la décision stratégique d’inciter des clients étrangers à la fraude fiscale devrait être expressément condamnée par notre droit. Ou encore les critères caractérisant la fraude devraient être explicités dans notre législation. Notamment ceux qui ont été retenus contre 4’400 contribuables américains dont les noms seront livrés au fisc. Ces critères ont été connus des représentants (secrétaire d’Etat) de la Confédération qui étaient partie à la négociation, et ils feront l’objet d’une jurisprudence du Tribunal administratif fédéral. Ils concernent en particulier l’importance des montants dissimulés et le recours à des sociétés off shore. La loi sur les banques devrait le préciser, donnant ainsi un sens concret à l’activité «irréprochable» exigée des établissements bancaires.

Une condamnation des anciens dirigeants aurait marqué la rupture avec les pratiques incorrectes. Elle ne peut être fondée, nous dit-on, ni sur la législation ni sur les conventions actuelles. On ne balancera donc pas la tête de M. Ospel au bout d’une pique, si ce n’est au figuré. Qu’importe! 

Ce qui compte, c’est le repositionnement de l’industrie financière suisse. Elle ne se limite pas à une redéfinition du secret bancaire (fraude, évasion). Elle ne se résume pas à la signature des accords de double imposition. Il faut un geste fort, avant que l’Union européenne et le G20 nous imposent leurs vues. Certains banquiers y songent, mais leurs propositions sont velléitaires. Certains parlementaires motionnent, mais sans majorité. L’initiative devrait venir du Conseil fédéral, conduisant une révision de la Loi sur les banques. Mais, pour y croire, il faudrait que se réalise un double (miraculeux) préalable: le départ de M. Merz, et la reprise du département des finances par un ou une réformiste.

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/10269 - Merci

Discussion

  • 1
    R. Lecoultre says:

    S’il y a encore des citoyens suisses pour croire que leur gouvernement est à leur service et non à celui des grandes entreprises, ils devraient être au clair maintenant.

  • 2
    gindrat says:

    Au lieu de lancer des initiatives aussi inefficaces que celle sur les minarets, nos partis politiques feraint bien de lancer celle qui permettrait de sévir contre nos escrocs de banquiers.

Rétroliens

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

So lullt die Pharma Parlamentarier ein

Einige Parlamentarier der SVP, FDP und CVP plappern nach, was ihnen die Pharma vorlegt. Dafür finanziert die Pharma diese Parteien (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Une principauté au bord de l’implosion: le Liechtenstein suivra-t-il la mouvance des Printemps révolutionnaires?

Le comité «Oui, pour que ta voix compte» a déposé, début février 2012, un projet d’initiative populaire qui vise à retirer au prince de cette monarchie constitutionnelle le droit de veto sur les résultats des votations. Qui aura le dernier mot, le prince ou le peuple? (atlantico.fr)

icone lien Lire l'article

L’économie du bonheur, une décroissance séduisante

Dans le monde anglo-saxon, nulle place pour la sinistre décroissance. Pourtant, les chercheurs se penchent sur d’autres modèles économiques qui ressemblent à s’y méprendre aux théories de la décroissance (Slate.fr)

icone lien Lire l'article

Die neue Kolonisation Afrikas

Seit 2000 wurden weltweit Landflächen so gross wie halb Westeuropa verkauft. Eine Website zeigt den Ausverkauf der Welt (Infosperber)

icone lien Lire l'article

François Hollande und die Wachstumsdebatte

Wenn man von Wachstum spricht, sollte man zuerst einmal klären, woran man hier denkt (Economy Blog, Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

Les paradis fiscaux : visite guidée

Quelles sommes sont cachées dans les paradis fiscaux ? Par qui ? Et comment ? A l’aide d’une méthodologie originale et de données jusqu’alors sous-exploitées, Gabriel Zucman apporte une lumière nouvelle et crue sur ces problèmes, en espérant que cela puisse aider à améliorer la lutte contre les paradis fiscaux (La Vie des idées)

icone lien Lire l'article

The New Class Warfare

California’s superwealthy progressives seem intent on destroying middle-class jobs (City Journal)

icone lien Lire l'article

Suisse et UE: la belle-famille

Un supplément de 36 pages de Europolitique, le quotidien des affaires européennes

icone lien Lire l'article

Les assistés de la France d’en haut sont-ils « intouchables » ?

Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin (Observatoire des inégalités)

icone lien Lire l'article