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Humeur: vert de rage

Le retour de l’écologie malthusienne au service des «bobos»

Deux monstruosités en quelques jours! Les écologistes nous gâtent. Il faut freiner les migrations – Bastien Girod, conseiller national vert –  et la croissance démographique – Roger Martin, de Optimum Population Trust, mercredi au Journal du matin sur RSR. Moins d’hommes sur terre égale une meilleure viabilité pour ceux qui y sont. C’est simple, élémentaire et… dangereux.

Deux questions se posent immédiatement: qui choisit ceux qui peuvent naitre et ceux qui peuvent migrer? Pourquoi ne pas pousser le raisonnement un peu plus loin et accélérer la fin de vie?

Cette deuxième proposition n’étant pas qu’une provocation. En faisant le choix d’une démographie ralentie couplée à une durée de vie accrue, on arrive fatalement à un vieillissement de la population. Et l’on se prive du flux des jeunes, moins encombrés du sentiment de «déjà vu» et avides de ces expériences «tellement inépuisables en instructions nouvelles que dans la chaîne des âges les générations futures ne manqueront jamais de connaissances nouvelles à acquérir sur ce terrain» (Kant).

Fondamentalement, tout homme est un polluant; parasite de cette terre à protéger, il est le facteur perturbateur de l’équation nature. Et il est vrai que nos excès pèsent sur la planète en des manifestations visibles et menaçantes. Est-il pour autant nécessaire de souhaiter la décroissance de l’espèce pour sa protection? Peut-être.

Mais avant d’en arriver à cette extrémité, on attendrait des écologistes un courage plus visible dans les modifications de comportement des actuels habitants. L’empreinte des terriens sur l’environnement n’a cessé d’augmenter ces 200 ans dernières années et on semble l’admettre comme une fatalité. Ce sont souvent les mêmes qui – préconisant la fin des migrations et la baisse de la natalité – profitent des avantages de notre société de consommation et de mobilité. Plus clairement, je voudrais demander à Bastien Girod s’il est prêt à renoncer à ces voyages qui forment la jeunesse avant d’imposer à ses frères humains une limite dans leurs mouvements?

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Discussion

  • Reconnaître le problème de surpopulation mondiale est-il monstrueux?

    On peut schématiser les dommages environnementaux sous la forme d’un produit entre les trois facteurs que sont 1) le nombre de personnes qui consomment, 2) la quantité consommée par personne et 3) le degré de pollution/épuisement de ressources des technologies utilisées pour la consommation.

    Au niveau des technologies, on fait déjà bcp (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas continuer): traitement des eaux usées et des déchets, réduction de la pollution des moteurs, interdiction des substance nocives (DDT, CFC, PCB, amiante, etc etc). Or ça ne suffit pas: on coupe trop de bois, on pêche trop, on épuise le pétrole, on émet trop de CO2, on ne sait pas que faire des déchets nucléaires etc.

    Il est donc légitime de se demander comment agir sur les deux autres facteurs.

    Réduire la consommation, ça s’appelle la décroissance. La simplicité volontaire peut être heureuse mais ce n’est pas Benoit Genecand qui va faire la leçon aux Verts dans ce domaine! Alors que 3 milliards de personnes sont prises dans la course économique qui va faire de l’Inde, du Brésil et de la Chine – pour ne parlez que d’eux – des pays de forte consommation, et alors que toutes les économies occidentales n’ont qu’un seul mot à la bouche: « redémarrage de la croissance », il est totalement illusoire de parler de décroissance actuellement à l’échelle mondiale.

    Reste le facteur population. Restreindre la liberté de mouvement n’est pas intéressant dans le fond (d’ailleurs Bastien Girod ne le propose pas, pour ceux qui ne semblent pas avoir lu son papier) puisque le problème est mondial. Mais la décroissance de la population humaine n’est pas seulement souhaitable d’un point de vue écologique, elle est inéluctable, de gré ou de force.

    Autant choisir le gré: prendre des mesures de développement et d’équité entre pays riches et pauvres pour accélérer la baisse naturelle de la natalité mondiale. Saviez-vous que ces mesures sont proposées dans le papier de Bastien Girod? C’est ça que vous appelez des monstruosités?

  • Le déchaînement anti-écolo est sans doute, pour Monsieur Genecand, la meilleure manière de promouvoir le partage de ressources limitées…

  • L’Humanité est un peu dans la situation d’un rentier qui, voulant améliorer son ordinaire, entame son capital (et du coup diminue sa rente).

    La planète offre à chacun des 6 milliards d’humains actuels environ 1,5 hectare, et tout ce que cet hectare et demi peut produire (espace, oxygène, alimentation, ressources naturelles). Le problème, c’est que depuis les années 70, la Terre est surexploitée biologiquement, en pompant dans les réserves; en moyenne, chaque humain utilise les ressources de 2,5 hectares, avec des disparités énormes (un Américain: 10 hectares, un Européen: 5 hectares, un Africain: 1 hectare). Les réserves étant par définition limitées, il arrivera fatalement un moment où on ne disposera que de ce que la planète peut produire. Ce moment arrivera d’autant plus vite que le nombre d’humains continuera à augmenter et que chacun de ces humains voudra améliorer son niveau de vie.

    Sans diminution volontaire de la pression sur l’environnement, obtenue soit par diminution du niveau de vie moyen, soit par diminution du nombre d’humains (2 utopies totales…),on laissera la nature choisir la manière de rétablir l’équilibre, ce qui pourrait être brutal.


    “Un type saute d’un gratte-ciel. A chaque étage, il se dit: “Jusque là, tout va bien!”

  • Question au président français Giscard d’Estaing: « Monsieur le président,…xxx…? »
    Réponse du président: « Merci de votre excellente question, en avez-vous une autre? »
    Balayer les questions dérangeantes sous le tapis ne contribue en rien à leur solution.

    DP nous a pourtant habitué à empoigner les problèmes avec plus d’audace.

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