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Franz von Däniken: ce repli qui accroît notre dépendance

L’ancien secrétaire d’Etat aux affaires étrangères s’exprime dans Das Magazin

Dans son récent rapport sur la politique extérieure, le Conseil fédéral expose de manière convaincante les raisons justifiant une adhésion de la Suisse à l’Union européenne. Puis il conclut avec l’habituelle pirouette qui replace la voie bilatérale au centre de sa stratégie, relèguant l’adhésion au rang d’une option parmi d’autres dans un future indéterminé (DP 1840).

Aujourd’hui, l’opinion helvétique n’est certes pas majoritairement favorable à une adhésion. Mais le sera-t-elle un jour si ses gouvernants et les partis politiques évitent systématiquement d’aborder la question lors de chaque événement illustrant le coût croissant de notre isolement? Aussi faut-il apprécier à sa juste valeur l’analyse à la fois rigoureuse et subtile de Franz von Däniken, ancien secrétaire d’Etat aux affaires étrangères dans Das Magazin, le supplément hebdomadaire de quatre quotidiens alémaniques.

La diplomatie helvétique se disperse, note-t-il. La Suisse veut se rendre utile un peu partout sur la planète (Iran, Moyen Orient, Turquie-Arménie, Soudan). Son successeur se rend plus souvent à Téhéran qu’à Berlin, signe de notre passivité face à l’Europe. Cet activisme cache mal l’absence de réflexion sur notre dépendance à l’égard de l’Union européenne, notre faible capacité de résistance aux pressions de Bruxelles.

L’image de la Suisse à l’étranger ne dépend pas de telle ou telle péripétie. Une perception positive se construit sur le long terme en assumant une responsabilité internationale qui devrait être celle d’un des pays les plus riches de la planète au coeur de l’Europe: à savoir une participation active au processus d’unification européenne et aux efforts de maintien de la paix (note du rédacteur: et non pas une låche abstention comme l’a illustré récemment le Conseil national en refusant une modeste participation helvétique à la défense des navires du Programme alimentaire mondial contre les pirates somaliens); et un témoignage de solidarité active pour réduire la pauvreté sur la planète.

Pour von Däniken, une diplomatie efficace implique des contacts plus étroits de nos ministres avec leurs homologues, notamment européens. Seuls de tels contacts sont susceptibles d’améliorer la compréhension à l’égard de notre pays. Et d’illustrer à propos des tentatives helvétiques de rejoindre le cercle du G20: «Croire qu’il suffit d’expliquer notre position quelques jours avant le sommet du G20, c’est de l’inconscience».

Vu l’affaiblissement du consensus entre les partis gouvernementaux, l’ancien diplomate ne cache pas sa préférence pour un régime qui verrait s’affronter une majorité et une opposition. Ce qui permettrait de faire les comptes au terme de la législature. Mais un gouvernement de type collégial pourrait aussi se montrer efficace en politique étrangère, à condition que chacun de ses membres respecte quelques lignes de conduite et fasse passer la volonté de coopérer avant son faire-valoir personnel.

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Discussion

  • 1
    Luc Recordon says:

    Malgré une sotte remarque sur le refus d’une participation suisse à Atalante, la thèse générale de cet article est pertinente.

Rétroliens

Les commentaires sont fermés.

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