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Aux urnes, les urbains

Les affaires locales étaient aussi au menu des votations dimanche. Parcours non exhaustif dans les villes et cantons des deux côtés de la Sarine

Urbanisme et construction

Le plus gros enjeu se trouvait à Lausanne, dont le vaste projet de transformation urbaine intitulé Métamorphose était contesté par une initiative «conservatrice» émanant d’habitants et soutenue par A Gauche toute et le PDC; ensemble, ils s’opposaient à la descente du stade de football des hauts de la Pontaise vers les bords du lac. Les citoyens ont débloqué le long processus de Métamorphose par 55,9% de non à l’initiative.

A Genève aussi, une «gauche de la gauche» muée en gardienne du patrimoine guerroyait contre l’extension du bâtiment de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), cible habituelle des altermondialistes. Près de deux votants de la Ville sur trois (62,8%) ont dit oui à l’extension du siège de l’OMC, au nom de la Genève internationale et des apports qu’elle représente à l’économie locale.

Outre Sarine, peu de projets à proprement parler urbains. Tout juste le plan de quartier autorisant la construction à Pratteln de la plus haute tour de Bâle-Campagne (75 à 82 mètres) sur le site d’entreprises disparues. Approuvé par 53,1% des votants après un référendum soutenu par les Verts et l’Alliance des Indépendants. Autre construction prévue, celle du nouveau centre informatique de la ville de Zurich sur la colline de l’Albis, pour le modique investissement de 140 millions, accordés par plus de 75% des citoyens.

Transports et circulation

Outre Sarine en particulier, les grandes affaires locales et régionales de ce dernier dimanche de votation concernaient les transports et la circulation. Ainsi, les Bâlois ont dit un petit oui (51%) au redimensionnement d’un kilomètre et demi de larges boulevards d’entrée en ville, rendus superflus par l’aménagement de l’autoroute urbaine A 36. Echec de peu d’un référendum du TCS, appuyé par les libéraux-radicaux, qui s’opposait aux 30 millions de francs nécessaires.

Les citoyens de Winterthour ont en revanche plébiscité, par 67,8% des votants, la piste cyclable que l’UDC a dénoncée comme «la plus onéreuse du monde»: 4705 francs le mètre courant, le prix du bouclement de l’un des plus denses réseaux urbains de voies réservées aux vélos.

Les Bernois étaient, eux, confrontés à une proposition socialiste, adoptée par l’exécutif et le parlement de la Ville puis soumise au peuple par référendum spontané, qui a finalement échoué de justesse: 51% des votants de la Ville fédérale ont refusé d’envisager (au stade du crédit d’étude) la suppression de toute circulation automobile privée sur la place de la gare CFF. La crainte d’un report de trafic sur les quartiers avoisinants a sans doute pesé lourd dans la décision populaire.

La répartition égalitaire du bruit des avions desservant l’aéroport de Kloten, demandée par une initiative cantonale dite «Fairflug» (trafic aérien équitable), a été nettement rejetée dans tous les districts du canton de Zurich, à 3 contre 1 en moyenne (75,2%). Effet prévisible d’un partage tellement équitable des nuisances sonores que tous les résidents se sont sentis également menacés…

A noter enfin que les deux tiers (67,2%) des votants soleurois ont rejeté la proposition d’un barême écologique pour le calcul de la taxe cantonale sur les véhicules à moteur, classés selon leur dépense énergétique. Soleure en reste donc au système traditionnel de l’impôt fondé sur la cylindrée.

Communes et institutions

Au terme d’une procédure de concertation de plusieurs années, la ville de Zoug s’est donné un nouveau plan directeur communal, approuvé par 61,2% des votants. Score satisfaisant pour l’exercice difficile consistant à présenter une vision urbanistique autonome et crédible pour l’avenir d’une ville de plus en plus intégrée dans la zone d’influence directe de la métropole zurichoise, dont le centre se trouve à 24 minutes de RER.

Le canton de Glaris poursuit la préparation de sa grande réforme institutionnelle, qui réduira au 1er janvier 2011 le nombre de ses communes de 25 à 3. Les citoyens viennent d’élire les membres des futurs exécutifs communaux, qui travailleront en parallèle avec les autorités actuelles dès juillet prochain. Artisans et bénéficiaires de la réforme, les radicaux ont raflé douze des 29 postes électifs. Outre quatre sans parti, on compte trois PDC et autant de socialistes et de Verts, tandis que la formation de Mme Widmer-Schlumpf a deux élus et les chrétiens-sociaux un seul, tout comme l’UDC. On peut être le premier parti du pays et peiner à se faire élire dans les exécutifs locaux, en Suisse centrale comme dans le reste du pays.

Pour sa part, le canton d’Argovie reste un solide bastion de l’UDC qui vient de faire échouer, par sa seule force, le démarrage de la réforme institutionnelle soumise au peuple. A une courte majorité de 51,2%, les citoyens argoviens ont refusé un premier train de lois relatives au statut des communes ainsi qu’au partage des tâches et des coûts entre elles et le canton.

L’ensemble des votations évoquées ici se caractérisent par des taux de participation plutôt modestes, avoisinant les 40%. Mis à part quelques résultats indiscutables, les majorités demeurent souvent étroites, parfois inférieures à 55%. Ce qui permet aux perdants de jouer les déçus en bien et de proclamer leur intention de rester actifs ou du moins vigilants. Déclaration sans doute sincère et bien compréhensible, même si l’expérience montre qu’elle n’est pas toujours suivie de l’effet annoncé.

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