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Le sauvetage de l’assurance-invalidité, illustration du conservatisme helvétique

Une fois de plus, le système a heureusement fonctionné. Mais sa
capacité d’adaptation à l’évolution accélérée des circonstances est
préoccupante

icone auteur icone calendrier 27 septembre 2009 icone PDF DP 

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La cause tenait de l’évidence. L’endettement, le déficit annuel, l’importance de cette assurance, l’assurance-invalidité, dans notre système d’assurances sociales, tout justifiait une intervention politique décidée. Elle a eu lieu, in fine, mais il aura fallu subir des années de résistance conservatrice avant que le peuple, majoritairement, et les cantons, de justesse, ne la ratifient.

Rappel de la course d’obstacles. Lente révision de la loi (la cinquième!) sous menace de ne pas accorder les moyens financiers si des restrictions n’étaient pas votées. Puis – compromis imposé – que les ressources nouvelles, soit l’augmentation de la TVA, seraient provisoires et la 6e révision engagée sans tarder. Enfin, devant la défaillance d’économiesuisse, report d’une année de l’entrée en vigueur. Ces concessions successives ont permis à la Suisse institutionnelle de s’engager et de trouver une majorité, malgré une campagne de faible propagande, en regard des moyens de l’UDC se complaisant dans son rôle d’opposant.

A été vécue une fois de plus l’importance de l’exigence constitutionnelle de la majorité des cantons. Mais les petits cantons de Suisse centrale ne peuvent, sans risque pour l’équilibre confédéral, exploiter leur compétence fiscale et d’aménagement du territoire à l’extrême de l’égoïsme cantonal et repousser les actes de solidarité nationale. L’un plus l’autre poussés à l’excès finiront par fissurer la cohésion du pays.

Enfin, il faut reprendre le dossier TVA. Nous aurons à augmenter cet impôt substantiellement si nous voulons adhérer ou nous rapprocher de l’Union européenne. Or se révèle, pour décrier cet impôt, une conjonction de la gauche qui le considère ataviquement comme antisocial, et de la droite qui en fait un de ses thèmes du refus de l’impôt.

La votation, heureuse, sur l’AI voudrait qu’on se réjouisse de ce sauvetage. Mais comment ne pas mesurer l’emprise du conservatisme helvétique à tous les niveaux: parlementaire, constitutionnel et fiscal. Est en jeu notre capacité d’adaptation dans l’environnement international.

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Discussion

  • C’est tout de même incroyable cette façon d’appeler de ses voeux une TVA à 15% ou plus, de façon à se mettre en conformité avec une intégration européenne… dont le peuple a dit par 75% de majorité qu’il la refuse!

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