Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Convention contre les doubles impositions: la Suisse persiste à finasser

Le triomphalisme français ne facilite pas la tâche de H. R. Merz

En signant le 27 août dernier un avenant à la convention contre les doubles impositions (CDI) avec la Suisse, la ministre française de l’économie et des finances ne cachait pas sa satisfaction. Désormais, il suffira au fisc d’outre Jura de fournir le nom et l’adresse du contribuable soupçonné de fraude, la période visée et de préciser quelles informations sont recherchées à propos de quel impôt. L’article 10 lettre e) de l’avenant stipule que le fisc doit fournir «les nom et adresse de toute personne dont il y a lieu de penser qu’elle est en possession des renseignements demandés», notamment la banque, «dans la mesure où ils sont connus». Une formulation qui, sur le fond, reprend les exigences du modèle d’accord sur l’échange de renseignements en matière fiscale de l’OCDE à son article.5, al.5, litt.e. Ce qui signifie, en bon français, que ces informations, les plus difficiles à élucider pour le fisc, ne sont pas une condition indispensable à l’entraide.

Suite aux réactions suscitées par l’accord, le département fédéral des finances (DFF) a publié le 14 septembre un communiqué qui n’a guère attiré l’attention. Pourtant le DFF y glisse une petite phrase qui, à l’instar d’un boomerang, risque fort de revenir dans la figure de notre pays: si le nom de la banque n’est pas indispensable, l’est par contre le numéro de compte bancaire international (IBAN) du contribuable soupçonné. Ce qui revient à exiger de connaître le nom de la banque abritant les avoirs dudit contribuable.

Le DFF croit-il pouvoir ainsi rouler le partenaire français par un tour de passe-passe sémantique?

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/10193 - Merci

Discussion

  • 1
    curieux says:

    Il est bien évident que la Suisse va forcément chercher diverses cautèles permettant de sauver au moins quelques plumes de la poule aux oeux d’or qui fait vivre tant de gens.

    La place financière représente 12 à 15% du PNB, à peu près autant des recettes fiscales de l’état, 200’000 places de travail, plus un multiple de ce chiffre en emplois induits (juristes, publicitaires, informaticiens, fournisseurs de toutes sortes…). L’ »Ã©vasion fiscale » représente beaucoup plus de la moitié de ce courant d’affaires, malgré les pieux mensonges de certains, y compris parmi les professionnels de la branche qui veulent jouer à la vertu et n’osent pas dire les choses comme elles sont, en quoi ils ont tort.

    Et vous vous imaginez que ce pays peut annuler tout ça d’un trait de plume?

    Allons, allons….!

    Le numéro IBAN du compte du client… astucieux. C’est une bonne idée, je n’y avais pas pensé. Mais heureusement que les gens qui se préoccupent des intérêts résumés plus haut, tellement vitaux, ont un peu d’imagination.

  • 2
    curieux says:

    Permettez moi juste d’ajouter un point. J’espère qu’on ne me jugera pas trop bavard.

    Vous écrivez: « Le DFF croit-il pouvoir ainsi rouler le partenaire français par un tour de passe-passe sémantique? »

    Pardonnez-moi, comme dirait Darius Rochebin, mais il me semble que Domaine Public fait ici preuve d’une certaine naïveté.

    Ne croyez-vous pas plutôt, que, bien au contraire, il ne s’agit , en grande partie, que d’une gigantesque mise en scène de théatre, et que personne n’est « roulé ».

    Dans un souci de populisme planétaire, les hauts et puissants du monde entier se sont mis d’accord pour organiser des réunions: G20 OCDE, etc., pour fournir au bon peuple une explication simple (mettre la faute sur les banquiers et les paradis fiscaux, boucs émissaires commodes) et promettre des mesures. Le petit avocaillon Sarkozy, a joué le jeu en en rajoutant question effets de manche. Lui qui était spécialisé dans le maniement des comptes numérotés en Suisse, sociétés offshores, structures de défiscalisation en tous genres au profit de ses riches clients de Neuilly qui l’ont hissé au pouvoir! Comique, non?

    On peut même se demander si lui-même, personnellement, ainsi que son clan, ses ex-femmes et son actuelle épouse richissime, ne font pas eux aussi personnellement un usage immodéré de ces facilités si agréables offertes par la Suisse, ce pays si difficile à remplacer par un autre aussi fiable.

    Alors, bien sûr, il a fait des discours démagogiques pour la galerie. Il a dit: « l’époque du secret bancaire est révolue » etc. Poudre aux yeux, écrans de fumée!

    Personnellement je penserais plutôt que Mme Lagarde, dûment briefée par le patron, a commencé par expliquer à ce gentil petit Suisse de Hans-Rudolf: « Vous me comprenez bien. On va jouer la comédie. On va signer ce papier, mais on vous supplie de trouver un truc (par exemple l’astuce du numéro IBAN) pour que tout change sans que rien ne change ». Et l’autre aura répondu: « Mais Voui, chère Matame, ch’ai pien combris. On est pas si bêtes, nous les Suisses. »

    Je suis convaincu que ce dialogue a eu lieu et que c’était la partie française, non la partie suisse, qui a SUPPLIE pour qu’on lui propose une solution permettant de sauver l’essentiel de ce à quoi les élites dirigeants françaises tiennent à tout prix.

    Et vous pouvez être sûrs d’une chose: Si les socialistes étaient au pouvoir en France, ç’aurait été exactement kif kif. Jamais aucun pouvoir n’a été plus friand de comptes en Suisses que celui de M. François Mitterrand et de ses successeurs.

Rétroliens

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

Das «beste Gesundheitssystem» wird zum Lazarett

Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Lackmusprobe für Bundesrat Alain Berset

Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)

icone lien Lire l'article

«Um euren Finanzplatz mache ich mir keine Sorgen»

Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet

icone lien Lire l'article

«Die Asylverfahren sind kafkaesk»

Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

«Die Politiker sind süchtig nach Moral»

Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

D’une grande crise à l’autre: quelles ruptures politiques?

Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Freie Hand für die Vermögensverwaltung der Bundesräte

Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)

icone lien Lire l'article

Le drôle de destin de la taxe Tobin, des altermondialistes aux libéraux

Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)

icone lien Lire l'article

2012-2015: les enjeux sociaux en Suisse

Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)

icone lien Lire l'article