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De la diversité des menaces et de la cohérence d’une politique

La politique de sécurité fait l’objet d’un débat national… du moins en Suisse alémanique

Le matériau est maintenant réuni. Flanqué de représentants des administrations fédérale et cantonales, le chef du département fédéral de la défense (DDPS) a procédé à 45 auditions (partis, groupes d’intérêts, cantons, instituts scientifiques, experts nationaux et étrangers). Et, nouveauté, ces auditions ont été retranscrites sur un site Internet (DP 1820) et le public invité à participer au débat.

Chargé d’exploiter cette plate-forme interactive, le Centre d’études sur la politique de sécurité de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (CSS) tire un bilan positif de cette expérience: 8500 visiteurs, 8100 chargements des transcriptions d’auditions et autres documents, 150 participants au débat sur des thèmes particuliers. Le jugement peut paraître optimiste dans un pays où «chaque enfant naît soldat». Mais il faut reconnaître la qualité des interventions, certainement favorisée par l’obligation de s’enregistrer préalablement et par la présence d’un modérateur chargé de trier les prestations hors sujet ou injurieuses.

Sur le fond, bien malin qui parviendrait à définir une politique cohérente sur la base des prises de position émises lors de ces auditions. Pour ne s’en tenir qu’à celles des partis politiques, force est de constater des désaccords profonds.

Aux extrêmes, l’UDC et les Verts se mettent d’emblée hors-jeu. La première, intellectuellement congelée depuis la guerre froide, campe sur la fiction d’une sécurité assurée de manière autonome par une armée préservée de toute forme de coopération: «Aux bords du Rhin, guidez-nous au combat…». Les seconds les rejoignent dans la célébration d’une neutralité mythique qui doit préserver le pays d’une pollution par la violence. Dans la mesure où aucune menace militaire ne pointe à l’horizon européen, l’armée n’a plus de raison d’être et la contribution helvétique au maintien de la paix ne peut prendre que des formes civiles.

Les démocrates-chrétiens admettent le caractère protéiforme des menaces potentielles tout comme leur imprévisibilité. Ils reconnaissent la nécessité de briser notre isolement en développant notre collaboration internationale. Mais, timorés, ils n’envisagent pas d’accroître nos engagements dans les missions de paix au-delà des maigres prestations actuelles.

Radicaux et socialistes optent clairement pour une priorité aux opérations de maintien de la paix. Pour eux, pas de sécurité dans l’isolement; seul un cadre européen convient à cette politique. Une position qu’on peine à reconnaître dans les votes du groupe parlementaire socialiste, trop souvent allié en matière militaire d’une UDC qui campe sur les fortifications du statu quo.

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