38 ans après la première votation fédérale à laquelle les femmes ont pu participer, 28 ans après l’adoption de l’article constitutionnel sur l’égalité des droits, 18 ans jour pour jour après la «grève fuchsia», l’éventualité d’une majorité de femmes au Conseil fédéral se fait actuelle.
Les méchantes langues ne manqueront pas d’insinuer qu’une seconde genevoise ferait une quatrième de trop. Ou qu’une conseillère fédérale en plus pourrait confirmer que l’exécutif dispose en réalité de pouvoirs en moins, réduits par son propre affaiblissement.
Les beaux esprits tactiques verront dans cette éventualité inattendue l’opportunité de relancer par la forme – le nombre de ministres – la question de fond, à savoir l’indispensable réforme du gouvernement. Et si le Conseil fédéral passait à neuf membres, il pourrait « supporter » la présence de quatre femmes.
Les stratèges des partis préparent la succession de Pascal Couchepin sans trop s’embarrasser de considérations latérales, ni de discussions engageantes, encore moins de programmes concertés. Ils prennent en compte les seuls rapports de force et indices d’éligibilité aux Chambres fédérales et font leurs calculs en vue de l’élection partielle du 16 septembre ainsi que des échéances ultérieures d’ici l’automne 2011. Cette perspective induit inévitablement une focalisation sur les personnes, alors qu’il s’agirait d’évoquer les enjeux politiques. Or les débats sur les priorités ne font pas les gros titres et s’avèrent donc largement inefficaces. Car au total le Conseil fédéral se résume à sept noms.
Et basta!, comme dit le futur ancien ministre de la santé, des hautes écoles, de la formation, des assurances sociales et de la culture.





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