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Elections européennes: la Suisse concernée mais spectatrice

Le Parlement européen élu dimanche légiférera pour nous qui n’avons pas voix au chapitre autant que pour les pays membres

Les élections au Parlement européen ne semblent pas soulever les passions dans les pays membres de l’Union. L’intérêt est encore moindre chez nous; en Suisse romande, indifférents ou condescendants, nous observons la campagne qui, outre Jura, patine dans le marigot politique hexagonal.

Le désintérêt des uns et des autres pèche par ignorance des enjeux. En effet, le Parlement européen n’est plus l’organe purement consultatif des débuts de la construction communautaire. Plus des deux tiers des projets législatifs présentés par la Commission nécessitent son aval. En matière d’environnement, de transports, de protection des consommateurs, d’immigration notamment, les députés peuvent amender les textes. Et, à l’exception de la politique agricole, ils sont maîtres du budget.

Par ailleurs les décisions de ce Parlement, qui s’affirme au fil des traités, nous concernent très directement. En effet, la moitié environ du droit suisse est directement inspirée des textes adoptés à Bruxelles ou à Strasbourg, soit par obligation contractuelle résultant des traités bilatéraux, soit par décision «autonome» des autorités helvétiques. L’adoption unilatérale du principe du «Cassis de Dijon» constitue le dernier exemple en date de cette «autonomie» (DP 1816). Dans une interview donnée à europa.ch, le magazine du Nouveau mouvement européen suisse (Nomes), le professeur Thomas Cottier de l’Université de Berne confirme les résultats d’une étude conduite par des chercheurs genevois: la reprise du droit européen représente la même proportion de la législation en Suisse et en Autriche. La Suisse est donc membre de fait de l’Union européenne sans le savoir, ou sans vouloir le savoir: répondant à un postulat du socialiste vaudois Roger Nordmann, le Conseil fédéral a refusé de signaler explicitement les cas d’alignement autonome.

Au nom de la préservation d’une souveraineté chaque jour plus fictive, nous nous privons du droit de codécision que nous garantirait une adhésion formelle. Seule au milieu du continent, la Suisse se retrouve en position de faiblesse sur la scène internationale, comme nous avons pu nous en apercevoir en matière fiscale et de secret bancaire. L’indifférence et la condescendance ne sont vraiment plus de mise.

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Discussion

  • C’est en effet regrettable que notre classe politique soit composée en majorité de lavettes, qui ne savent rien faire d’autre que reprendre servilement des textes européens au lieu d’oser aller à leur encontre, si c’est notre intérêt, – quitte à en subir éventuellement quelques conséquences (en fait aucune).

    Si on cessait de céder d’avance aux voeux des maîtres de l’empire, comme le font ces caniches, on se ferait mieux respecter et on remarquerait très vite, d’ailleurs, qu’il n’y a pas de rétorsions.

    L’attitude actuelle, peu digne, est regrettable. Mais à qui la faute? A la servilité pro européenne du mainstream politique, à part l’UDC, et aux médias entièrement noyautés par le parti pro européen, bien entendu.

    Un exemple typique: le cassis de Dijon.

    Malgré tout, même si on ne s’en sert pas il est préférable de conserver la faculté de ne pas reprendre automatiquement telle ou telle ukaze de Bruxelles.

    On conserve cette facultétant qu’on reste en dehors. Car si nous étions dans ce machin, alors, avec la douzaine de députés que nous aurions au Parlement européen, nous n’aurions pas le début du commencement de l’ombre d’un soupçon de mot à dire. Et de toute façons les décisions européennes s’imposeraient à nous obligatoirement dans tous les cas en rendant caduque notre démocratie directe. Sans parler, pour les gens de gauche et syndicalistes du démantelement de nos protections sociales par les directives Bolkenstein et la jurisprudence de la cour de justice, à laquelle d’ailleurs, nos « élites » pro européennes ont déjà commencé à céder par anticipation, avec la complicité de la gauche et des syndicats.

    Là aussi, d’ailleurs, on se demande pourquoi ce positionnement suicidaire des forces dites de gauche, et il ne faudra pas s’étonner, si cette compromission et cet abandon des intérêts sociaux que la social-démocratie et les syndicats sont censés défendre, ont pour conséquence une érosion continue du PS et une montée encore plus forte du vote populiste. C’est d’ailleurs ce qui vient de se passer à l’chelle continentale ce week end et cela constitue une signe avant-coureur de ce qui ser passera lors des élections fédérales de 2011.

    Donc, ce qu’il faut appeler de nos voeux c’est un peu plus de décence de la part de nos politiques: qu’ils cessent de se mettre à plat ventre: qu’ils retirent enfin cette grotesque demande d’adhésion: qu’ils osent aller à l’encontre des pressions poussant à la Gleichschaltung.

    Alors nous serions traités avec les égards dus à ceux qui ne désirent pas devenir membres.

    Tant que nos dirigeants resteront des carpettes sans vergogne, désireuses de jouir des délices et poisons de ce système continental qui les a moralement achetés en leur faisant miroiter de confortables sinécures, les choses iront à vau l’eau.

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