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L’attraction trouble des «hedge funds»

Avant la crise financière, Genève se voyait volontiers centre mondial des fonds spéculatifs…

David Hiler, le conseiller d’Etat en charge des finances, a proposé, avant que n’éclate la crise financière, que le canton de Genève ouvre largement ses portes aux hedge funds afin d’étoffer sa position de place financière internationale… et de s’assurer une source de revenus supplémentaires pour les finances publiques.

Les hedge funds sont des fonds d’investissement d’un type particulier dont il n’existe pas de définition légale, précise et formelle.  Le terme lui-même est trompeur, littéralement en français «fonds de couverture», c’est-à-dire se livrant à des placements protégés des fluctuations des marchés financiers. Une telle description devrait les situer du côté des fonds sans risque. Or il s’agit au contraire de fonds très spéculatifs, dont la gestion est particulièrement agressive, axée sur des rendements promis.

Les hedge funds sont peu ou pas réglementés. Ils utilisent massivement les techniques permettant de spéculer sur les mouvements attendus des marchés, à la baisse comme à la hausse, notamment sur ceux des matières premières et de l’agroalimentaire. A ce titre, ils portent une part de responsabilité dans la crise alimentaire. Par ailleurs, les hedge funds ont servi lors de nombreuses attaques spéculatives sur les taux de change, entraînant des retombées économiques et financières dangereuses pour les pays attaqués par devises interposées. Peu transparents, ils sont souvent implantés dans les paradis fiscaux.

Les gérants des hedge funds y investissent une partie de leur patrimoine et prélèvent des commissions très élevées; cela les incite à des pratiques spéculatives et considérablement risquées.

En 2007 on estimait à 10’000 le nombre des hedge funds et 2000 milliards de dollars leurs actifs sous gestion. Leur effectif, qui a diminué d’un millier en 2008, n’est plus que de 6800 environ en mars 2009, dont 70% ont perdu de l’argent. Au total entre 500 et 600 milliards de dollars se sont évaporés pour une capitalisation boursière mondiale totale de 25’000 milliards de dollars US. Sur les 155’000 emplois offerts par les hedge funds en 2007, 10’000 ont été supprimés en 2008 et le double devrait disparaître cette année.

Comme l’expose David Harvey dans son ouvrage Géographie de la domination (DP 1803), la globalisation induit une relative uniformisation des villes et des activités qu’elles recèlent. Dans le même temps, ces villes se livrent une concurrence sans merci pour attirer les quartiers généraux des grandes firmes, les sièges centraux des grands organes bancaires et financiers, les grandes organisations internationales, comme l’a bien démontré la sociologue Saskia Sassen dans ses publications sur les villes globales. Mais faut-il concourir pour abriter des hedge funds, ces prédateurs qui s’emparent d’entreprises pour les dépecer et les vendre? Les caisses de pension doivent éviter ce genre de placement. Tout comme Genève qui ne peut que renoncer à devenir un centre mondial des hedge funds.

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Discussion

  • « Mais faut-il concourir pour abriter des hedge funds, ces prédateurs qui s’emparent d’entreprises pour les dépecer et les vendre? »

    Apparemment on confond ici les hedge funds avec private equity funds… La rédaction devait faire ses recherches plus soigneusement.

    (Réd.) Merci de cette correction. Effectivement, les «hedge funds», contrairement aux très agressifs «private equity funds», ne visent pas expressément l’intégrité des sociétés dans lesquelles ils
    investissent.

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