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Travailler plus pour gagner moins

Une étude explique ce qui pousse les femmes à moins travailler. Il y a pourtant des solutions

Une récente étude éditée par la Conférence romande de l’égalité vient conforter les tenants de la tradition: financièrement, il est généralement peu intéressant pour une mère de famille de travailler plus de deux ou trois jours par semaine. Et, par conséquent, autant qu’elle reste à la maison et s’occupe davantage de ses enfants.

Quand le travail coûte plus cher qu’il ne rapporte, document réalisé par l’Université de Saint-Gall pour l’ensemble des cantons romands et Berne, prend en compte deux éléments qui influencent le revenu du ménage en cas de double activité professionnelle: les frais de garde d’enfants et les impôts supplémentaires dont le couple devra s’acquitter. Les résultats ne sont guère encourageants. Dans tous les cas, la part de revenu disponible après paiement des frais de garde et des impôts diminue avec l’augmentation du nombre de jours travaillés. A Lausanne par exemple, lorsque le premier revenu est inférieur à 100’000 francs, la part disponible du deuxière revenu passe de 80% pour un jour de travail à 28% pour cinq jours. Ces chiffres baissent fortement lorsque le premier revenu est plus élevé, le résultat pouvant même être négatif. Ainsi pour un couple dont le premier revenu est de 150’000 francs et le second de 60’000: il reste seulement 20% du deuxième revenu pour un jour de travail, et dès trois jours le revenu du ménage subit une perte.

De tels constats ne vont certainement pas encourager les parents à travailler les deux à plein temps ou à des taux élevés. Et ce sont généralement les femmes qui font les frais de ces «choix», tout au long de leur vie. Car un taux d’activité et un revenu moindres ont des conséquences notamment sur l’autonomie financière en cas de séparation, sur la capacité à retrouver plus tard un emploi à plein temps, sur les possibilités d’accéder à des postes de cadre et sur la prévoyance professionnelle.

Deux éléments sont en cause: le système d’imposition et la tarification des crèches.

Les deux salaires d’un couple s’additionnant, un second revenu sera fortement taxé en raison de la progressivité de l’impôt. La solution à ce problème consisterait à adopter la taxation individuelle, chacun des revenus du couple étant taxé pour lui même. L’étude démontre la pertinence de cette approche en comparant couples mariés (imposés sur le revenu cumulés) et couples non mariés (imposés séparément), les seconds étant avantagés par rapport aux premiers. La faible déduction admise pour les frais de garde sur sa déclaration d’impôt pose également problème (voir aussi DP 1751).

Quant à la tarification des crèches, elle est le plus souvent «parafiscalisée» par des tarifs dépendant du revenu des deux parents, augmentant ainsi la pression sur le deuxième salaire. Ce système de tarification particulier et assez unique pour des prestations étatiques montre bien que la garde des enfants n’est pas admise comme étant une prestation universelle, comme l’accès à la santé ou à l’enseignement. Ici aussi, des solutions existent, mais elles sont coûteuses: adopter un tarif unique pour les crèches ou ne tenir compte que d’un seul salaire pour la facturation aux parents.

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Discussion

  • 1
    Philippe Berney says:

    Élémentaire. N’oublions pas les frais de transport pour se rendre au travail. éventuellement deuxième voiture etc.

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Les commentaires sont fermés.

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