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Gène électoral et parité

Inexistants dans les associations de parents d’élèves du primaire, les pères sont soudain candidats et élus aussitôt qu’il y a du pouvoir à prendre

Il existe un gène électoral. Les hommes en sont pourvus. Les femmes n’en disposent pas dans leur patrimoine génétique. L’observation de deux récentes élections genevoises a permis la découverte cette bizarrerie scientifique. L’une a eu lieu le week-end passé au sein des écoles primaires et a permis pour la première fois aux parents d’élire leurs représentants dans des Conseils d’établissement. L’autre, au mois d’octobre, a désigné les 80 personnes chargées de rédiger la future Constitution genevoise. Dans le premier cas, les hommes qui constituent un tiers du vivier de candidats obtiennent du premier coup un tiers des sièges. Joli score! Dans le second, même proportion au départ avec 35% de candidates femmes. Mais patatras, la part des élues se ratatine: elles ne sont que 17% à l’arrivée.

Revenons aux Conseils d’établissements. D’ordinaire, les associations de parents ne voient que très exceptionnellement un homme participer à leurs activités. Apparemment, la majorité des pères de famille ne se sentent guère concernés par l’école primaire et ne jugent pas utile d’y consacrer quelques heures de bénévolat, que ce soit pour les manifestations festives ou les réunions de travail. Changement d’attitude avec les Conseils d’établissement : là, il s’agit d’être de plain-pied avec la direction et cela doit sembler plus prestigieux. On découvre soudain dans toutes les écoles qu’il y a des pères. Sur 958 candidats aux Conseils d’établissements, près de 320 hommes se présentent début janvier. Alors qu’ils débarquent sur un terrain dans lequel ils n’ont jusque-là pas investi, ils obtiennent du premier coup 114 sièges sur 363. Cela s’appelle faire un tabac!

Le comité de l’école de mes enfants n’a que très occasionnellement eu un homme en son sein. Pour le Conseil d’établissement, il y avait trois hommes parmi les neuf candidats. Et deux élus sur les quatre sièges destinés aux parents. Un tiers de candidats et 50% de la représentation: quelle performance! A Lancy, ils obtiennent même 3 sièges sur 4.

Quelle est donc la clé de ce succès immédiat, me demandais-je en repensant à l’élection de la Constituante qui fut une Bérézina pour les femmes genevoises: 14 élues sur 184 candidates. Un score dérisoire qui ramène Genève au niveau des années 70, peu après l’octroi fédéral du droit de vote féminin. Même les socialistes, reconnus depuis les années 80 pour leur solide capacité de faire élire des femmes, se sont cassé les dents: alors que leur liste comprenait 40% de candidates, une seule a été élue (sur 11)!

Ma seule explication: il existe un gène électoral de genre exclusivement masculin. Pour tous ceux qui estiment que les deux moitiés du ciel doivent être représentées équitablement dans les législatifs de notre pays, la conclusion s’impose. Une manipulation génétique est indispensable: elle s’appelle la parité!

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Discussion

  • La tendance masculine est de s’intéresser par priorité aux pouvoirs formels, visibles; c’est le syndrome du coq. La tendance féminine est de moins dédaigner les pouvoirs plus informels, plus discrets (par exemple les municipalités vaudoises de moins en moins prisées). La sociologie des organisations montre que le second choix n’est pas forcément un leurre. Cela ne justifie rien, mais cela encourage pour l’avenir.

    Luc Recordon, conseiller aux Etats (pouvoir très formel)

  • 2
    Victor Giordano

    Pas de problème suir le fond de votre texte.
    Mais sur la forme, il y a à dire.

    Vous écrivez: « être de plein pied »au lieu de »être de plain-pied »; « jusque là » au lieu de « jusque-là »; « leur solide capacité à faire » au lieu de « leur solide capacité de faire » et encore
    « se sont cassés les dents » au lieu de  » se sont cassé les dents » (compl. direct après le verbe, donc pas d’accord!).
    Le respect du lecteur c’est aussi le respect de l’orthographe et vice versa…

    Bonnes salutations…quand même.

    (réd) Pardon et merci: du moins est-ce maintenant corrigé!

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