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«Cassis de Dijon»: tout est gagné, sauf l’honneur

Les consommateurs vont bénéficier de l’alignement sur l’UE sans contrepartie ni participation aux décisions, prix du maintien d’une indépendance factice

Le Conseil des Etats plébiscite l’application par la Suisse  du  principe «Cassis de Dijon» (DP 1713). Les produits autorisés à la vente dans l’Union européenne seront  admis dans notre pays, même s’ils ne sont pas conformes aux  normes  fixées par la législation suisse. Selon les calculs des services de Doris Leuthard, ces importations facilitées vont faire chuter les prix.

Le pragmatisme de la politique européenne du Conseil fédéral est tout gain pour les consommateurs qui réaliseront quelque 2 milliards d’économies chaque année. Savourons donc ce succès économique. Mais n’oublions pas le prix de l’abandon de notre honneur national. La Suisse s’aligne «souverainement» sur la législation européenne.

La pratique n’est certes pas nouvelle. Depuis quinze ans, Berne adapte progressivement chacune de ses lois pour les rendre conformes à celles de l’Union. Avec l’acceptation du principe «Cassis de Dijon», la Suisse fait un pas supplémentaire. Pour  éviter de retoucher au coup par coup sa législation interne, elle accepte le menu européen en bloc, avec quelques exceptions il est vrai.

L’abandon de souveraineté législative va plus loin encore. Selon la version qui sort des délibérations du Conseil des Etats, les fabricants suisses auront le droit d’appliquer les normes européennes, qu’ils soient exportateurs ou  fournisseur du seul marché national. Exit donc des règles suisses que plus personne ne respectera! Quelques parlementaires ont bien tenté de corriger cette satellisation peu honorable en demandant  que la Suisse négocie avec Bruxelles un accord sur la reconnaissance réciproque des normes. Et bien c’est non. Le Parlement préfère s’aligner en silence et sans contrepartie.

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Discussion

  • 1
    curieux says:

    Ma parole, mais est-ce que les députés suisses, qui représenteraient au mieux 2% des voix au parlement européen, auraient ne serait-ce qu’une miette de « souveraineté »?

    Ceci dit c’est vrai que la Suisse aurait pu, au moins tenter, de négocier des contreparties. Si elle ne l’a pas fait c’est peut-être parce que nous avons affaire à une grande puissance dominatrice et arrogante qui refuse le dialogue amical et entend imposer sa volonté impérialiste.

    Ca s’appelle la « Gleichschaltung ».

    Dans cette situation, plutôt que l’abolition formelle de la souveraineté, irrémédiable, que serait l’adhésion, mieux vaut encore une souveraineté factice dont on peut espérer qu’elle cessera de l’être quand le moloch se sera effondré, ce qui finira bien par arriver et plus tôt qu’on ne pense.

  • 2
    R. Lecoultre says:

    La Suisse à plat ventre devant les E-U. grâce aux crapuleries de l’UBS, la Suisse à plat ventre devant l’UE parce qu’elle n’a pas voulu en faire partie, espérons que cela n’empêchera pas les Suisses de dépenser des avions militaires pour des millions afin de défendre leur indépendance.

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