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Point de vue: difficile de concilier l’affaire UBS avec une pensée libérale

La Suisse, UBS et les Etats-Unis

Felix E. Müller, rédacteur en chef de la NZZ am Sonntag, en témoigne involontairement ce week-end (1er mars) dans son hebdomadaire. Dans un difficile exercice d’équilibrisme, M. Müller écrit tout et son contraire: UBS dispose d’une garantie de l’Etat suisse et ne peut donc pas faire faillite; UBS dispose de suffisamment de fonds propres et ne va donc pas faire faillite; le sort de UBS se jouera au USA et les attaques contre la banque sont en fait des attaques contre la place financière suisse; le gouvernement suisse doit se garder de faire du micro management ou de se mêler des affaires courantes de UBS, ceci pouvant avoir des conséquences fatales comme l’a montré le cas Swissair/Swiss (sic! il fallait oser!).

Du côté des bonnes nouvelles pour la banque, l’arrivée d’un nouveau patron, Oswald Grübel, «étonnamment calme», selon les journalistes de la NZZ am Sonntag qui l’ont interviewé.

Du côté des mauvaises nouvelles: la détermination américaine sur la question des 52’000 noms et la perspective de voir le fisc américain obtenir gain de cause devant les tribunaux de Miami avant la fin 2009. Une répétition annoncée du scénario des deux dernières semaines?

On peut (se) poser la question suivante: pourquoi ne pas nationaliser UBS et ainsi indiquer aux USA (et accessoirement aux pays européens) que le conflit est diplomatique plus qu’économique. Au monde politique ensuite de déterminer, dans cette question cruciale du secret bancaire, quelles concessions il est prêt à faire.

Ou, alternative: prendre note officiellement des assurances de la banque concernant ses fonds propres et indiquer que, en conséquence, l’Etat suisse ne remettra pas d’argent. A l’extrême limite, si un défaut devait néanmoins advenir, l’Etat suisse se contenterait alors de protéger la partie helvétique du business. Cette approche, qui reconnaît une autonomie et un statut privé à UBS, a l’avantage de signaler à ceux qui attaquent la banque qu’il devront en souffrir les conséquences si ces attaques provoquent la faillite: soit des pertes d’emplois sur sol américain et  un risque systémique pour les banques américaines qui entretiennent des relations d’affaires avec UBS.

En voulant garder l’indépendance (de façade) tout en assurant tout le monde que la Suisse ne laissera pas UBS faire faillite, il semble bien que l’on cumule les inconvénients.

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Discussion

  • 1
    Giorgio Zürcher says:

    La nationalisation de l’UBS représenterait un risque énorme et sans avantages compréhensibles.

    L’alternative proposé par contre serait probablement une bonne chose, si techniquement possible.

Les commentaires sont fermés.