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Le soulagement ne fait pas une politique

Le oui réjouissant de ce dimanche ne doit pas nous faire oublier les limites de la voie bilatérale

Ouf !

Toutes les courroies de transmission étaient en action, politiques et économiques. Des patrons, des syndicalistes, des magistrats, authentifiés par une photo, signaient dans la presse des mots d’ordre. L’argent ne manquait pas, le «oui»était partout, porté par les notables.

Et pourtant s’était insinué le doute. Et si, en ce temps d’hiver et de crise, les courroies de transmission patinaient…Le résultat est net. Les relais ont fonctionné, le peuple suisse n’a pas voulu courir des risques supplémentaires en rompant avec l’Union européenne. Il a accordé un vote de confiance.

Notre intérêt

L’apport des travailleurs européens, loin de réduire l’emploi des travailleurs nationaux, est un stimulant économique qui crée l’emploi. Adhérer à cette affirmation n’est pas évident. Les citoyennes et les citoyens ont compris la démonstration.

Mais la sagesse louable de l’intérêt bien compris a ses limites. Elle nous approche de l’Union européenne, mais elle nous en tient éloignés aussi, la sagesse devenant égoïsme. Nous tenir à l’écart nous fait économiser les contributions directes que nous aurions à payer si nous étions Etat-membre. Mais surtout nous profitons de notre situation de «bande-à-part» pour attirer des sociétés étrangères par des conditions fiscales que l’UE considère à juste titre comme étant de concurrence déloyale.

Européen

Notre statut particulier nous crée un devoir de loyauté, c’est ce que la Suisse oublie à force d’apprécier exclusivement en termes de gain sa relation avec l’UE. Même si l’adhésion n’est pas politiquement à l’ordre du jour, une politique d’approfondissement de notre arrimage européen est nécessaire. Elle implique la liquidation du différend fiscal dans un esprit de partenariat. Elle consiste à accepter que nous contribuions financièrement au développement des pays européens dans le cadre de programmes mis sur pied à Bruxelles. Enfin que nous renforcions les liens culturels, académiques. Alors pourra être abordée la recherche d’une nouvelle forme juridique de notre association, comme étape intermédiaire.

Mais il est vain de plancher sur la traduction dans un traité de rapports plus étroits, si l’on ne dépasse pas ce critère d’appréciation : qu’est-ce qu’on y gagne en francs suisses ? La conversion qui serait l’esprit d’une politique européenne serait de substituer au  «qu’est-ce que ça rapporte ?» un «qu’est-ce que l’on apporte ?».

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Discussion

  • Grâce à tous les quinquas mis au rencart des 400 jours de chômage, la jeunesse européenne- extrêmement bien formée grâce aux impôts de nos voisins – trouve refuge et salaires chez nous pour nos chefs d’entreprise et leurs cadres majoritairement d’un certain âge.
    N’est-ce point une discrète et modeste contribution de quelque 5 milliards de notre caisse de chômage aux efforts d’intégration ?
    Les quinquas seraient-ils devenus transparents ?
    (Mise au Point – le CHUV & les constatations relevées par la presse sur le rajeunissement de l’Arc lémanique !)

  • C’est un point de vue intéressant.

    Reste à en convaincre les milieux bancaires, plutôt influents, qui ont tout à perdre à « la liquidation du différend fiscal dans un esprit de partenariat ».

    Le total des fonds déposés dans les banques suisses n’est pas connu exactement, discrétion oblige. Il y a dix ans déjà on parlait de 2’000 milliards. Compte tenu de l’augmentation en 10 ans et malgré la chute actuelle des marchés, ce chiffre est vraisemblablement plus proche de 3000 milliards aujourd’hui. Il s’agirait d’un tiers de la fortune mondiale. Même si ce n’était qu’un quart, et même un cinquième, ou un dizième soit 10% de la fortune mondiale cela resterait colossal, surtout relativement à un petit pays comme le nôtre.

    Dans ces 3000 milliards (admettons ce chiffre) quelle est la proportion des fonds déclarés en toute transparence au fisc de leurs pays par les propriétaires des fonds?

    Certainement moins de la moitié, beaucoup moins de la moitié.

    Sur ces montants, les comptes appartenant aux politiciens et hauts fonctionnaires de l’EU sont sans doute relativement peu de chose mais ce qui est sur c’est que la plupart de ces personnalités ont des comptes en Suisse. Ils ne sont pas encore mis à la mode de Singapour. Quant aux milieux d’affaires de l’UE, ils ont besoin de la place financière suisse telle qu’elle existe actuellement. Et cela pèse encore plus lourd que les marionnettes politiciennes, surtout en considérant que tout cet édifice européiste est bâti principalement selon les volontés des multinationales européennes et de leurs dirigeants.

    On peut regretter cet état de fait. Mais il est massif et incontournable. Ca arrange tout le monde et d’abord les élites européennes, qu’il y ait une Suisse, fiscalement accueillante.

    La partie immergée de l’iceberg des intérêts appuyant le secret bancaire, n’est pas en Suisse même. Il y a des intérêts énormes, dans le monde entier, et d’abord en Europe, derrière cette institution. Et ces intérêts feront jouer tous leurs « relais », nombreux et bien introduits. « Toutes leurs courroies de transmission se mettront en action » elles le sont déjà , pourq ue les gnômes ne tuent pas la poule aux oeufs d’or.

    Donc, bien sur la pression va s’accentuer: enbonne partie ce sera une comédie à l’attention des opinions publiques allemandes, françaises, etc., sans réelle volonté de lever le secret des coffres suisses.

    Mais s’il y a un point sur lequel la résistance passive du pouvoir suisse va montrer qu’elle n’est jamais à court d’imagination ni de ténacité c’est celui-ci. D’autant plus qu’il y aura connivence avec les intérêts des dirigeants des autres pays. Pensons seulement à l’Italie berlusconnienne, mais on peut en dire autant de la majorité des pays européens.

    M. Rudolf Merz ne disait-il pas? « Le secret bancaire a sept vies comme les chats ».

    Edouard Herriot dans les années 20-30 du siècle passé parlait du « mur d’argent ».

    Bon courage pour vous attaquer à ce mur là, et bien du plaisir.

    D’autres s’y sont déjà cassé les dents.

  • Bien entendu j’ai voulu écrire « relais » et non « ralis ». Pouvez-vous corriger?

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