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Libre circulation: le cauchemar de Micheline Calmy-Rey

La voie bilatérale dans nos relations avec l’Europe est un chemin plein d’embûches

icone auteur icone calendrier 27 janvier 2009 icone PDF DP 

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Un «non» à la reconduction et l’extension de l’accord sur la libre circulation rendrait cette voie quasi impraticable. Micheline Calmy-Rey a martelé cette conviction sous toutes ses formes lors d’un débat organisé par le Nomes à Lausanne. La cheffe de  la diplomatie suisse n’a pas, pour l’heure, de solution pour sortir les relations avec Bruxelles de l’ornière dans laquelle  nous pousserait un vote négatif le 8 février.  Quelques idéologues europhiles suggèrent qu’en bloquant les bilatérales on ouvrirait  la voie à l’adhésion. Micheline Calmy-Rey n’y croit pas un seul instant. Comment imaginer que le peuple suisse rejetant des accords partiels avec Bruxelles puisse  accepter la totale?

La solution préconisée par l’UDC n’est pas plus réaliste. Il s’agirait de mettre en parenthèse le non du peuple en ne dénonçant pas les accords. On procéderait à un nouveau vote après une hypothétique renégociation avec Bruxelles sur le sort réservé aux Roumains et aux Bulgares. Cette voie est doublement impraticable. Bruxelles n’acceptera jamais  une discrimination entre ses pays membres. Et comment faire accepter au peuple suisse que l’on ne respecte pas son vote?

Pour reprendre les termes de Micheline Calmy-Rey, en cas de vote négatif, le seul chemin encore ouvert n’est qu’un dangereux sentier tortueux de montagne. Pour suivre le verdict populaire, Berne dénoncera l’accord sur la libre circulation entraînant l’annulation du premier paquet des bilatérales. Sur cette ruine, la Suisse tentera de  renégocier l’ensemble de nos relations avec l’Europe sous la forme d’un accord cadre. Berne a déjà évoqué cette possibilité. Bruxelles entre en matière, mais à une condition. L’ensemble de l’accord doit être évolutif (DP 1806).

Dit plus simplement, pour tous les domaines couverts par les accords, la Suisse devrait automatiquement appliquer à l’avenir les modifications décidées au sein de l’Union. On éviterait ainsi  les constantes remises en cause des relations avec la Suisse par une succession de votes populaires. Micheline Calmy-Rey rejette fermement cette exigence européenne qui ferait fi de la souveraineté helvétique.  Elle constate, par ailleurs qu’un nombre grandissant de pays européens jugent le statut de la Suisse  trop favorable. Ils ne sont prêts à aucune concession faite à ce pays riche qui profite des avantages du grand marché sans en accepter toutes les contraintes. Dans un tel contexte, négocier avec Bruxelles relève du cauchemar. Micheline Calmy-Rey n’a pas de plan B si le peuple dit non le 8 février.

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Discussion

  • Pourquoi le monde politique ne parle pas du risque de l’augmentation de la criminalité dans la cas où le peuple suisse vote OUI le 8 février?

  • 2
    Luc Recordon says:

    Pourquoi en effet ne pas parler du risque de hausse de la criminalité pouvant résulter dún oui le 8 février? Ce serait la bonne occasion de montrer que ce risque est nul. A terme, on peut penser que l´amélioration des conditions de vie dans les Etats membres de l´UE découlant de la libre circulation est un facteur favorable à la baisse de la criminalité importée.

  • 3
    Etoile de Neige says:

    Nous ne pouvons récolter l’argent du beurre et le beurre. Je pense que nous sommes arrivés à un point où nous ne devons pas nous barricader sur notre « île », mais nous ouvrir au monde, avec le risque d’accueillir pas seulement des êtres désirables. Pourquoi ne pas reprendre l’idée de la Georgie, qui est prête à accepter dans ses prisons les personnes délinquants que nous ne désirons pas garder dans nos prisons over-bookées (moutons noirs … selon UDC). Eviterait également d’engager des interprêtes.

    A mon avis, MCR aurait intérêt d’inclure dans ses pourparlers cette question cruciale! Est-ce utopique?

  • Effectivement, Calmy-Rey a fait une très bonne analyse de la situation.

    En cas de non, le chemin sera très tortueux. Et la Suisse risque de terminer avec un accord EEE-bis encore pire que l’EEE rejeté en 1994. Les bilatérales, c’est pas terrible, mais au moins cela permet de réfléchir et discuter sereinement, sans le couteau sous la gorge. Et envisager un mieux.

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