Tous les partis ont proclamé leur attachement à la concordance. A l’occasion de l’élection complémentaire au Conseil fédéral, ils ont martelé la nécessité de la préserver ou de la restaurer. Les Verts mis à part, toutes les formations politiques ont admis la prétention de l’UDC à occuper le siège vacant. Seul objet véritable de litige, la personnalité du futur élu: un dur, dans la ligne politique du père fondateur, ou un modéré? En effet, dès l’annonce de la démission de Samuel Schmid, le débat s’est limité au choix de la personne, à sa capacité à faire équipe, à respecter la collégialité et quelques principes – l’Etat de droit, la séparation des pouvoirs en particulier – que son prédécesseur UDC avait ignorés sans états d’âme. De l’UDC elle-même et de sa disposition à exercer une responsabilité gouvernementale, pas un mot.
Certes la question de la personnalité d’un ou d’une candidate n’est pas anodine, en témoigne la colossale erreur du Parlement portant à l’exécutif le tribun zurichois en 2003. Mais la concordance n’est pas d’abord affaire de personnes. Elle concerne au premier chef des partis politiques et leur volonté de déléguer au Conseil fédéral des représentants qui s’engagent, par delà leurs divergences politiques, à trouver des solutions susceptibles d’obtenir l’aval du Parlement et, le cas échéant, du peuple. Des partis qui adhérent à des valeurs communes variant par ailleurs dans le temps. Les conservateurs accèdent au Conseil fédéral à la fin du 19ème siècle lorsqu’ils reconnaissent la légitimité de l’Etat fédéral de 1848. Les socialistes admettent la nécessité d’une défense nationale armée et abandonnent le dogme de la lutte des classes, payant ainsi leur intégration à l’exécutif dès 1943. Aujourd’hui, le prix à exiger de l’UDC, c’est la reconnaissance de la nécessité vitale pour la Suisse de développer ses relations bilatérales avec l’Europe. Or ce parti, en attaquant de manière systématique les accords bilatéraux, condamne le pays à l’isolement et met en danger son avenir. Par ailleurs le mépris qu’il affiche pour les institutions – voir notamment la disposition statutaire prévoyant l’exclusion du parti de tout élu au Conseil fédéral qui n’aurait pas été proposé par le groupe parlementaire – et pour ses adversaires, son recours constant à la stigmatisation de groupes de la population et son incapacité à œuvrer à des solutions de compromis montrent à l’évidence qu’il n’adhère pas à la concordance. Si ce n’est verbalement pour justifier sa revendication à occuper des places au gouvernement, puis tout aussitôt annoncer qu’il pourrait bien tenter à la prochaine occasion d’arracher l’un de ses sièges aux socialistes.


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16 décembre 2008 à 9:29
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Il me semble que dans le domaine de la « stigmatisation de groupes de la population », la gauche n’est pas en reste: « Les politiciens de droite sont des vendus » (message donné par les récentes affiches « On peut m’acheter »), « Les électeurs de l’UDC sont des racistes », « les possesseurs d’armes sont des criminels » (message véhiculé par les affiches sanguinolentes de l’initiative « anti-armes »), « Les capitalistes sont des salauds », « Les banquiers sont des voleurs », etc… C’est donc tellement de meilleur goût quand ça vient de la gauche?
Quant au fait que l’UDC pourrait attaquer un siège socialiste… Et alors? Seule la gauche et la droite molle aurait le droit de faire des « coups bas »?
16 décembre 2008 à 9:30
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Une robuste et permanente consolation dans le gachis politique fédéral: la quasi indéfectible union de la droite patriotique et économiquement fructueuse ( radicaux-libéraux, PDC, UDC) contre la gauche éternellement et éhontément revendicatrice. Le petit peuple se rend-il compte de sa chance?