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Une découverte au Kunsthaus de Zurich

«Rivoluzione!» à voir jusqu’au 11 janvier 2009

Le divisionnisme italien, groupe d’artistes plus que véritable mouvement, équivalent du mal nommé, car résumé à une seule technique, pointillisme français, est exposé jusqu’au 11 janvier au Kunsthaus de Zurich par une soixantaine de tableaux sous le titre accrocheur de Rivoluzione! Les modernes italiens de Segantini à Balla. L’exposition est co-organisée par la National Gallery de Londres où elle a déjà été présentée sous un titre plus précis: Lumière radicale, les peintres divisionnistes italiens de 1891 à 1910.

Parmi les représentants de ce groupe, tous très engagés socialement contre les effets destructeurs de l’industrialisation, on trouve Giacomo Balla 1871-1966, Umberto Boccioni 1882-1916, Carlo Carrà 1881-1966, Emilio Longoni 1859-1932, Angelo Morbelli 1853-1919, Giuseppe Pellizza de Volpedo 1868-1907, Giovanni Segantini 1858-1899 et les artistes suisses Edoardo Berta 1867-1931 et Giovanni Giacometti 1868-1933.

Le divisionnisme, le pointillisme, sont en quelque sorte les équivalents picturaux du taylorisme. On décompose la chromatique, la morphologie et la lumière du sujet et on les restitue sur la toile sous forme de touches de couleurs pures pointillées, traitillées, lamellaires. Ce que l’ingénieur américain Frederic Winslow Taylor fera avec le geste de l’ouvrier qualifié pour le reproduire dans la machine-outil, les peintres appelés divisionnistes le font, à la fin du dix-neuvième siècle, avec la forme et la couleur, comme le feront plus tard avec le mouvement les futuristes italiens, ainsi que Marcel Duchamp (1887-1968).

Les divisionnistes de l’Hexagone, appelés aussi néo-impressionnistes, sont très connus à travers leurs figures marquantes Georges Seurat (1859-1891) et Paul Signac (1863-1935), portés qu’ils furent par la culture officielle de leur pays, malgré la brièveté de leur mouvement. Les divisionnistes italiens le sont beaucoup moins. C’est le mérite de l’exposition zurichoise de replacer l’expression italienne méconnue de ce courant pictural comme l’un des avant-postes historiques du futurisme.

L’exposition se présente en quatre pièces regroupant les artistes et leurs œuvres selon des lignes de force révélant l’étendue de leurs passions et pratiques qui vont bien au-delà de l’idyllique école française: le paysage, le symbolisme, l’engagement et l’avant-futurisme.

Les paysages, des vues alpines pour la plupart, montrent, grâce au traitement de la lumière dans lequel les tons blanc bleu vert dominent, une montagne et une société imaginaires où l’homme et la nature sont réconciliés au-dessus des brouillards de l’industrie. Midi dans les Alpes 1891 de Segantini, et Glacier 1905 de Longoni.

Les tableaux à orientation symboliste profitent de la manière divisionniste pour accentuer l’irréalité qui doit, au-delà des apparences, faire émerger des vérités cachées. Les mauvaises mères 1896/97 et La vanité 1897 de Segantini.

L’engagement politico-social dans des œuvres qui cherchent à exprimer/dénoncer/combattre ce qui se passe au-dessous du brouillard utilise des couleurs toujours décomposées-recomposées, sombres, foncées, glaciaires. Le lugubre Jour de fête au Pio Albergo Trivulzio 1892 de Morbelli et Les pensées d’un affamé 1894 de Longoni.

L’annonce du futurisme, la dernière pièce, se fait par l’intermédiaire des artistes qui ont commencé leur travail comme divisionnistes et l’ont poursuivi dans le futurisme. Lanterne 1909 de Balla; Place du Dôme de Carra 1910 et La ville se lève 1910 de Boccioni.

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Discussion

  • Giovanni Segantini est né le 15 janvier 1858 et il est décédé le 28 septembre 1899, à Pontresina. Il vivait en Engadine depuis 1894 et c’est à Saint-Moritz, au Musée Segantini, que sont exposées quelques-unes de ses oeuvres majeures, dont le Triptyque de la Nature (ou des Alpes)…

    Merci, nous rectifions les dates dans l’article!

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