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Casinos: Priorité à l’intérêt public

Dans les coulisses, la bataille fait rage pour l’obtention des rares concessions de casinos A, seuls autorisés à proposer les grands jeux. Pour la Suisse romande, le Conseil fédéral ne désignera qu’un élu. En lice, Genève, Lausanne, Montreux et Saxon. Le verdict est attendu pour la fin de ce mois.
A l’évidence, le dossier lausannois présenté par la Romande des Jeux (RdJ) surpasse celui de ses concurrents en termes de bassin de population et donc de chiffre d’affaires. Une qualité que ne peut ignorer le Conseil fédéral puisque 40 à 55 % du revenu brut des jeux Ð la différence entre les mises et les gains des joueurs Ð tomberont dans les caisses de l’AVS.
Mais surtout le projet de la Romande des Jeux relève de la même philosophie que celle de la Loterie romande. Tout comme cette dernière, par ailleurs unique actionnaire de la RdJ, elle est une société sans but lucratif, l’intégralité de ses bénéfices revenant à des institutions d’intérêt public de la Suisse romande. Au nom de la liberté du commerce et de l’industrie, les concurrents de la RdJ dénient aux collectivités publiques le droit de gérer un casino, sous prétexte que seul le secteur privé peut faire preuve du dynamisme nécessaire à cette activité. C’est oublier que le jeu n’est pas créateur de plus-value. Il ne provoque qu’une redistribution partielle des mises vers les gagnants. Les frais de gestion déduits, rien ne justifie que le solde vienne enrichir des actionnaires qui ne prennent quasiment aucun risque.
La prévalence de l’intérêt public et l’absence d’une perspective de gain privé sont d’autant plus importantes que le jeu peut dégénérer en comportement pathologique et constitue une plate-forme privilégiée pour le recyclage de l’argent sale. Un opérateur étroitement contrôlé par les collectivités publiques et indépendant d’actionnaires motivés par un gain maximal est mieux à même de résister à ces dérapages.

Dans vingt ans, un bilan et des corrections

A cet égard, le Parlement a manqué le coche. Sans doute influencé par une conception dogmatique du libéralisme, il n’a pas cru bon de réserver la gestion des jeux de hasard à des sociétés d’intérêt public. Il est maintenant trop tard pour revenir en arrière. Mais dans vingt ans, à l’échéance des concessions, la comparaison devra être faite, le bilan tiré et le cas échéant les corrections effectuées. C’est pourquoi, aujourd’hui, le Conseil fédéral ne peut, sans autre, éliminer la Romande des Jeux. jd

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