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	<title>Domaine Public &#187; 1675</title>
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	<description>Analyses, commentaires et informations sur l&#039;actualité suisse</description>
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		<title>DP 1675</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2006 17:56:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre</dc:creator>
				<category><![CDATA[EDITION]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

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		<description><![CDATA[<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></content:encoded>
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		<title>La démocratisation en échec</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8920</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8920#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Christophe Schwaab</dc:creator>
				<category><![CDATA[Formation / éducation]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

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		<description><![CDATA[<span style="font-style: normal;">Les
hautes écoles peinent à s’ouvrir aux enfants de parents peu qualifiés.
Les statistiques le confirment d’une étude à l’autre. Tandis que les
fonds consacrés aux bourses d’études tendent à diminuer.</span><hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-style: italic;"></span>Les chiffres de l’<a target="_blank" href="http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/bildung_und_wissenschaft/uebersicht/blank/publikationen.html?publicationID=2084">étude</a><br />
sur la situation sociale des étudiants publiée la semaine dernière par<br />
l’Office fédéral de la statistique (OFS) auraient pu être anodins. Ils<br />
ne font en effet que confirmer les données recensées ces dernières<br />
années dans plusieurs hautes écoles ainsi que celles d’une étude<br />
similaire menée en 1995 au niveau national. Que les étudiants, dans<br />
leur immense majorité, exercent une activité rémunérée, vivent aux<br />
crochets de leurs parents ou que les bourses soient insuffisantes était<br />
déjà de notoriété publique. En revanche, l’ampleur des inégalités<br />
sociales surprend et inquiète. En premier lieu, parce que le nombre<br />
d’étudiants a largement augmenté, sans que la part des enfants de non<br />
universitaires croisse. Mais surtout les hautes écoles helvétiques ont<br />
subi des mutations en profondeur, mutations qui n’ont d’ailleurs pas<br />
encore déployé tous leurs effets, mais qui pourraient avoir grandement<br />
influencé cette évolution.</p>
<p>Entre l’étude de 1995 et sa nouvelle mouture, les hautes écoles<br />
(universités, Ecoles polytechniques, Hautes écoles spécialisées) se<br />
sont, bon gré mal gré, mises au diapason de la <a target="_blank" href="http://www2.unine.ch/formation/page152.html">déclaration</a><br />
de Bologne (voir <a href="../scripts/detail_art.php?id=6896">Formation supérieure : La Déclaration de Bologne est un puissant catalyseur dans la marmite universitaire suisse</a> , Nordmann Roger ( rn ), DP n°1546, du 31 Janvier 2003 et <a href="../scripts/detail_art.php?id=8849">Avocats à la sauce bolognaise</a> , Alex Dépraz (ad), DP n°1668, du 25 Novembre 2005), signée en 1999. Cette<br />
harmonisation européenne des diplômes académiques a notamment pour<br />
effet de densifier les plans d’études, d’augmenter le nombre d’heures<br />
de cours et de travail individuel, d’instaurer de nombreux cours-blocs<br />
nécessitant une présence à temps plein. En outre elle a favorisé la<br />
diffusion du modèle «scolaire» que connaissaient déjà les écoles<br />
polytechniques et qui comprend force contrôles et examens à intervalles<br />
réguliers. Les études sont désormais une occupation à plein temps, qui<br />
ne laisse presque plus de place à une activité accessoire. Quant à la<br />
mobilité estudiantine, portée aux nues par les accords de Bologne, elle<br />
n’est guère envisageable que la bourse pleine.</p>
<p>Cette densification des études n’aurait pas eu un grand effet sur la<br />
situation sociale des étudiants, si ces derniers avaient pu bénéficier<br />
de bourses permettant vraiment de se consacrer à plein temps à leurs<br />
études, sans avoir à trouver un financement externe à leur famille.</p>
<p>Or, malgré un nombre d’étudiants en augmentation constante, le montant<br />
global des aides aux études versées par les cantons est resté au mieux<br />
stable, quand il n’a pas diminué dans le cadre des nombreux programmes<br />
d’économies, ou des divers durcissements des législations sur les<br />
bourses. En outre, les montants de celles-ci ne couvrent que rarement<br />
les dépenses mensuelles d’un étudiant, que l’étude de l’OFS révèle<br />
modestes. Celui qui ne peut compter ni sur ses parents, ni sur un ou<br />
plusieurs petits emplois annexes doit donc renoncer à se former selon<br />
ses choix ou ses capacités. L’idéal des études démocratisées bute sur<br />
les finances.</p>
<p>En donnant à la Confédération la compétence d’édicter une loi-cadre, la<br />
nouvelle péréquation financière avait laissé entrevoir une<br />
amélioration. C’est toutefois fort improbable, car Berne a réduit ses<br />
subventions aux cantons et la droite du Conseil fédéral propose, malgré<br />
l’opposition des gouvernements cantonaux, des instances universitaires<br />
et des étudiants, mais à la grande satisfaction d’economiesuisse,<br />
d’autoriser largement le remplacement des bourses par des prêts,<br />
contraires à l’égalité des chances. Le secrétaire d’Etat Kleiber a<br />
quant à lui plusieurs fois tenté de mettre sur pied un système national<br />
des bourses, mais toutes ses tentatives ont avorté.</p>
<p>Néanmoins, les inégalités sociales face à la formation tertiaire ne<br />
doivent pas faire oublier que celles-ci naissent principalement avant<br />
l’entrée dans une haute école. C’est déjà au niveau de l’école de<br />
maturité que les classes sociales les plus défavorisées sont<br />
progressivement exclues. Or les bourses destinées aux élèves du<br />
secondaire supérieur ont subi ces dernières années encore plus de<br />
coupes budgétaires que les aides pour les études tertiaires. Ajoutons-y<br />
les tentatives, en vogue dans plusieurs cantons alémaniques (cf.<br />
<a href="../scripts/detail_art.php?id=8327">Enseignement : Le numerus clausus aux portes du gymnase</a> , Schwaab Jean Christophe ( jcs ), DP n°1643, du 29 Avril 2005 et <a href="../scripts/detail_art.php?id=8838">Edito : Le choix de l&#8217;ignorance</a> , Jean Christophe Schwaab (jcs), DP n°1667, du 18 Novembre 2005), de restreindre l’accès à la maturité par des<br />
numerus clausus, et la rupture entre élites savantes et fortunées et<br />
classes moyennes et inférieures peu formées sera consommée.</p>
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		<title>Les juges d&#8217;instruction en sursis</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8921</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Dépraz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

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		<description><![CDATA[L’affaire d’Outreau fait vaciller toute la justice française. A la suite de l’acquittement de treize accusés dont certains ont passé plusieurs années derrière les barreaux, la société reprend soudain conscience que la procédure pénale est [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="corps">L’affaire<br />
d’Outreau fait vaciller toute la justice française. A la suite de<br />
l’acquittement de treize accusés dont certains ont passé plusieurs<br />
années derrière les barreaux, la société reprend soudain conscience que<br />
la procédure pénale est une machine capable de broyer des vies.<br />
Désavoué par les cours d’assises, le juge d’instruction se trouve<br />
désormais dans le box des accusés. Au-delà de l’homme, d’aucuns jugent<br />
que l’institution elle-même n’a plus sa place dans la procédure pénale.<br />
Le juge d’instruction pourrait aussi disparaître du paysage judicaire<br />
suisse. C’est du moins ce que prévoit le projet de code de procédure<br />
pénale adopté par le Conseil fédéral juste avant les fêtes.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Place aux procureurs</span><br />
Ce texte n’a rien d’anodin puisqu’il remplacera les vingt-neuf systèmes<br />
de procédure pénale qui cohabitent actuellement (cf. texte ci-dessous).<br />
Pour le gouvernement, la procédure pénale devrait être dirigée par le<br />
seul ministère public, comme c’est le cas en Allemagne ou en Italie.<br />
Les procureurs ne défendraient pas seulement l’accusation devant les<br />
tribunaux, mais ils dirigeraient aussi toute la phase de l’instruction.<br />
L’absence de séparation entre instruction et accusation serait<br />
contrebalancée par des garanties plus étendues accordées à la défense.<br />
Le projet prévoit l’intervention d’un avocat dès la première heure de<br />
l’enquête. Les mesures de contrainte, comme la mise en détention<br />
provisoire ou sa prolongation, seraient décidées par un tribunal<br />
indépendant et non par le procureur : un changement que la<br />
jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme rend de toute<br />
manière inévitable.<br />
La disparition du juge d’instruction serait une révolution, surtout en<br />
Suisse romande où tous les cantons connaissent cette institution sous<br />
une forme ou une autre. L’opposition à l’avant-projet était d’ailleurs<br />
forte de ce côté-ci de la Sarine. Mais le Conseil fédéral estime que le<br />
modèle «zurichois» d’un ministère public fort permettra d’aboutir à de<br />
meilleurs résultats : les accusateurs publics peuvent travailler en<br />
équipe, sous l’autorité d’un procureur général et concentrer leur<br />
travail sur les infractions les plus importantes.<br />
On entend souvent que l’instruction à charge et à décharge serait un<br />
mythe. Il faut bien l’admettre : la tâche du juge d’instruction tient<br />
parfois de la gageure. Des garde-fous sont donc inévitables. Mais, en<br />
supprimant le juge indépendant, on donne le champ libre aux dérives de<br />
l’accusation. Les prévenus qui auront les moyens de mener le combat<br />
judiciaire pourront se défendre à armes égales, mais ce ne sera pas<br />
forcément le cas du petit délinquant ou de la boulangère du quartier.<br />
Le risque d’une justice à deux vitesses est donc fort. Un ministère<br />
public puissant devrait aussi être à l’abri des influences du pouvoir<br />
politique. Le projet ne prévoit pourtant qu’une indépendance de façade,<br />
puisque les cantons pourraient intégrer le ministère public dans leur<br />
administration et soumettre de ce fait les procureurs à l’autorité<br />
exécutive. Il faudra au moins corriger le tir sur ce point.<br />
Le débat ne doit pas tourner à un affrontement de spécialistes. Comme<br />
le montre l’actualité de nos voisins, la manière dont nous traitons<br />
ceux qui sont soupçonnés d’avoir enfreint la loi est un vrai choix de<br />
société. &nbsp;&nbsp; </p>
<p>
<span style="font-weight: bold;">«De 29 à l’unité»</span><br />
Si le Code pénal suisse date de 1937, la procédure fait encore<br />
aujourd’hui l’objet de 26 codes cantonaux et de trois lois fédérales.<br />
Cette dichotomie date du compromis passé autour de la Constitution<br />
fédérale de 1874 : le droit matériel à la Confédération ; la procédure<br />
et l’organisation judiciaire aux cantons (cf. DP n° 1583, Unification<br />
de la procédure civile : un premier étage à l’édifice). En 2000, en<br />
adoptant à une large majorité l’arrêté sur la justice, le peuple et les<br />
cantons ont autorisé la Confédération à unifier les procédures. Mais<br />
l’organisation judiciaire reste aux mains des cantons. Le chantier du<br />
code de procédure pénale a été jugé prioritaire pour améliorer<br />
l’efficacité des poursuites. Le projet de code fédéral de procédure<br />
civile devrait suivre dans la foulée : son adoption est prévue pour<br />
cette année encore. Chacun des projets compte environ 500 articles, ce<br />
qui donne une petite idée de l’ampleur du chantier législatif en cours.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Le choix entre quatre modèles</span><br />
Il existe actuellement en Suisse quatre modèles différents<br />
d’organisation de la poursuite pénale. Les rôles de la police, du<br />
ministère public et du juge d’instruction varient suivant les cantons.</p>
<ul>
<li>«Juge d’instruction I» (VD, FR, VS, GL, ZG) : la poursuite pénale<br />
est dirigée par un juge d’instruction indépendant. Le ministère public<br />
est une simple partie pendant l’instruction. Le rôle du ministère<br />
public est essentiellement de soutenir l’accusation devant les<br />
tribunaux.</li>
<li>«Juge d’instruction II» (BE, LU, SZ, OW, NW, BL, SH, AR, GR, TG)<br />
: le juge d’instruction indépendant dirige également l’enquête, mais il<br />
est soumis à l’autorité du ministère public, dans une mesure qui varie<br />
suivant les législations. Le procureur défend ensuite le dossier lors<br />
des procès.</li>
<li>«Ministère public I» (NE, GE, JU, UR, AG, Confédération) : la<br />
police mène les premières investigations sous l’autorité du ministère<br />
public. Celui-ci décide de l’ouverture d’une enquête qui est dirigée<br />
par un juge d’instruction indépendant. Au moment du procès, le<br />
ministère public soutient l’accusation.</li>
<li>«Ministère public II» (ZH, BS, TI, SG, AI, SO) : il n’y a pas de<br />
juge d’instruction. Le ministère public dirige l’instruction et la<br />
police travaille sous son autorité. A la clôture de l’instruction, le<br />
ministère public soutient son propre dossier devant les tribunaux. Des<br />
garanties élargies pour la défense viennent faire contrepoids au<br />
pouvoir étendu du ministère public.</li>
</ul>
<p>Alors que la commission d’experts préconisait l’adoption du modèle<br />
«Juge d’instruction I», le Conseil fédéral propose le modèle «Ministère<br />
public II», c’est-à-dire la suppression du juge d’instruction. Parmi<br />
les partis gouvernementaux, seule l’UDC s’oppose au modèle «Ministère<br />
public II» : elle estime que ce système favorise trop les droits de la<br />
défense.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Chronologie</span></p>
<ul>
<li>1874 : révision totale de la Constitution ; la Confédération peut<br />
légiférer sur le droit pénal et sur le droit civil ; la procédure et<br />
l’organisation judiciaire restent aux mains des cantons</li>
<li>1907 : adoption du Code civil suisse</li>
<li>1937 : adoption du Code pénal suisse</li>
<li>2000 : la Confédération obtient la compétence de légiférer sur la<br />
procédure civile et la procédure pénale. L’organisation judiciaire<br />
reste une compétence cantonale</li>
<li>2005 : le Conseil fédéral adopte le projet de code de procédure pénale suisse (adoption prévue par les Chambres en 2007)</li>
<li>2006 : le Conseil fédéral adopte le projet de code de procédure civile suisse (adoption prévue par les Chambres en 2008-2009).</li>
</ul>
</div>
<p><!-- F /tpl/front/pages/blocs/c.htm  --></p>
<div class="articlcomptitre"> Complétez votre information &nbsp;:</div>
<div class="articlcomp">
<p>  <a href="http://www.ofj.admin.ch/bj/fr/home/themen/sicherheit/gesetzgebung/strafprozess.html" class="articlcompl" target="_BLANK">Office fédéral de la justice</a><br />
(la page permet de consulter les travaux de la commission d’experts,<br />
l’avant-projet, les résultats de la consultation et le projet adopté<br />
par le Conseil fédéral) </p>
<p>  <a href="http://www.liberation.fr/page.php?Article=353472" class="articlcompl" target="_BLANK">Article paru dans Libération</a><br />
(Me Leclerc, avocat, Président d&#8217;honneur de la Ligue des droits de<br />
l&#8217;homme, plaide pour un système avec à la fois un juge indépendant à la<br />
tête des enquêtes et des droits de la défense améliorés ) </p>
</div>
<p><a name="750R"></a><br />
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		</item>
		<item>
		<title>Les laboratoires de la fraude</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8922</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gérard Escher</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences et techniques]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

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		<description><![CDATA[Par-dessus tout, la science cherche l’explication vraie ; dans cette quête on accepte qu’elle apparaisse tour à tour comme amorale, inhumaine ou politiquement incorrecte. La fraude scientifique n’est donc pas un dérapage, mais un péché [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par-dessus<br />
tout, la science cherche l’explication vraie ; dans cette quête on<br />
accepte qu’elle apparaisse tour à tour comme amorale, inhumaine ou<br />
politiquement incorrecte. La fraude scientifique n’est donc pas un<br />
dérapage, mais un péché capital qui met en cause l’existence même de la<br />
recherche.</p>
<p>Les cas de fraude scientifique semblent en augmentation. D’un côté,<br />
l’incitation à la performance s’est accrue ; de l’autre, la compétition<br />
entre équipes de recherche facilite la découverte des fraudes, dès lors<br />
qu’un groupe ne parvient pas à reproduire une découverte<br />
révolutionnaire revendiquée par le concurrent.</p>
<p>Dans le cas du professeur <a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hwang_Woo-suk">Hwang Woo-suk</a>,<br />
pionnier du clonage thérapeutique*, héros national, la «fabrication»<br />
des données était systématique. Comment a-t-il osé frauder, alors que<br />
ses collaborateurs étaient nombreux, qu’il était sous les feux des<br />
médias, et que la concurrence dans ce domaine potentiellement lucratif<br />
est particulièrement féroce ? Hwang a pris le risque, parce qu’il avait<br />
une chance de s’en sortir. La méthodologie du clonage thérapeutique est<br />
connue. Sont connus aussi les contrôles à effectuer pour le prouver.<br />
Hwang pouvait donc parier que lorsqu’un concurrent publierait le<br />
premier clonage thérapeutique véritable, il utiliserait exactement les<br />
techniques proposées dans ses articles. Aux yeux du monde, son travail<br />
pionnier serait confirmé et la voie du Nobel ouverte.</p>
<p>Deux soupçons, diffusés par des collaborateurs de Hwang, ont fait<br />
tomber la star. Le premier portait sur l’intégrité éthique du<br />
professeur dans le recrutement des donneuses d’ovules. Une ancienne<br />
doctorante, partie faire des études postdoctorales aux Etats-Unis a,<br />
par courriel, avoué avoir été incitée par son patron à donner des<br />
ovules (elle en avait gaspillé en renversant un pétri et devait<br />
compenser). Le second soupçon, mis en circulation via un blog par des<br />
doctorants, concerne la duplication de photos identiques de cellules<br />
dans divers articles, avec des légendes différentes.</p>
<p>C’est donc Internet et le réseau mondial des postdoctorants qui ont mis<br />
en route le dépistage de la fraude. La fraude de Hwang nous renvoie à<br />
une autre fraude célèbre, celle du clonage de souris par le professeur <a target="_blank" href="http://www.revmed.ch/article.php3?sid=30489999">Karl Illmensee</a>, alors à l’Université de Genève, dénoncé lui aussi par un doctorant.</p>
<p>Malgré le retentissement de telles fraudes, il faut néanmoins se poser<br />
la question des vraies menaces sur l’intégrité du système scientifique.<br />
Il serait prématuré d’attribuer l’essence du mal à la compétitivité.<br />
Elle pousse à la fraude certes, mais elle permet aussi de la dépister.<br />
La concurrence nuit surtout parce que les scientifiques sont de moins<br />
en moins enclins à, ou sont même, par des accords de propriété<br />
intellectuelle, empêchés d’échanger le matériel (anticorps, cellules,<br />
etc.) produits dans leurs laboratoires. Cette pratique, jadis<br />
généralisée, permettait de vérifier la qualité de ce qui était produit.</p>
<p>L’existence de ces fraudeurs flamboyants ne doit pas cacher trois<br />
menaces plus importantes. D’abord la fraude par omission, à savoir<br />
l’interruption et l’enfouissement systématique d’essais cliniques<br />
lorsque les résultats sont contraires à l’espérance du sponsor.<br />
Ensuite, la recherche à titre d’intérêt national (c’est un peu le cas<br />
ici) dont <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trofim_Denissovitch_Lyssenko">Trofim Denissovitch Lyssenko</a><br />
au service de l’Union soviétique fut l’exemple historique. Aujourd’hui,<br />
des centres nationaux comme le Center for Disease Control à Atlanta<br />
peuvent succomber à des exigences de sécurité nationale. Autre menace,<br />
la recherche bâclée par les entreprises lorsqu’il y a pression pour la<br />
mise sur le marché, à l’exemple de Monsanto et du coton<br />
transgénique.&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>
<p>*Le clonage thérapeutique, c’est la création de cellules souches à<br />
partir d’un ovule vidé de son ADN, remplacé par l’ADN d’une cellule<br />
adulte d’un patient.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Edito: Lex de Canibus</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8923</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8923#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Lorsqu’il s’agit de légiférer, la Suisse aime à prendre son temps. Cette lenteur, il est vrai parfois exagérée, suscite les critiques des tenants d’une gestion efficace de l’action publique. Au point que certains n’hésitent plus [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’il<br />
s’agit de légiférer, la Suisse aime à prendre son temps. Cette lenteur,<br />
il est vrai parfois exagérée, suscite les critiques des tenants d’une<br />
gestion efficace de l’action publique. Au point que certains n’hésitent<br />
plus à mettre en cause les droits populaires, coupables de freiner,<br />
voire d’empêcher les adaptations que requiert l’évolution rapide de<br />
l’environnement social et économique.</p>
<p>C’est oublier que l’action collective n’obéit pas aux lois qui<br />
régissent les entreprises. En démocratie, les décisions tirent leur<br />
légitimité de majorités parlementaires et populaires. Et parce que les<br />
intérêts en jeu le plus souvent divergent, il est nécessaire de trouver<br />
des solutions de compromis. D’où la pratique d’associer ces intérêts à<br />
la préparation des projets législatifs, de soumettre ces derniers à une<br />
large consultation. Le soutien majoritaire est à ce prix. Mais cette<br />
condition formelle garantit également que les normes adoptées seront<br />
mieux respectées. Acceptation et conformité aux règles constituent en<br />
quelque sorte les dividendes du temps préalablement investi.</p>
<p>La procédure suscitée par le drame d’Oberglatt s’écarte de cette<br />
démarche. Sous la pression médiatique, les autorités bousculent le<br />
rythme. Dans la précipitation, des cantons édictent des listes de races<br />
à bannir, quatre ici, douze là, seize ailleurs, la laisse pour les uns,<br />
la muselière pour d’autres, comme si le comportement des chiens variait<br />
d’une région à l’autre. D’autres cantons attendent la détermination de<br />
Berne. Pas longtemps car Joseph Deiss, d’un naturel plutôt prudent, met<br />
sous pression l’Office vétérinaire fédéral qui lui soumet deux semaines<br />
plus tard un train de mesures, sur la base d’une norme légale qu’on est<br />
allé chercher dans la réglementation des manipulations génétiques. Suit<br />
une procédure de consultation de cinq jours seulement.</p>
<p>Cette hâte traduit d’abord le souci de calmer la légitime émotion du<br />
public, plutôt que celui d’améliorer efficacement la sécurité des<br />
personnes sur la base de connaissances cynologiques solides. Comme si<br />
ce soudain activisme devait faire oublier l’indifférence des autorités<br />
à l’égard des graves accidents de ces dernières années &#8211; refus de<br />
légiférer et application lacunaire des dispositions en vigueur. Entre<br />
inaction et précipitation, il y a place pour une intervention<br />
réfléchie, qui articule adéquatement mesures et objectifs.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sans profit mais pas sans frais</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8924</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8924#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvette Jaggi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société / histoire]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[<span style="font-style: normal;">Les
contributions indirectes de la République et canton de Genève à
l'entretien du quartier général de l'Armée du Salut à Berne ont suscité
bien des questions. Dont celle des frais de fonctionnement des
organisations sans but lucratif. Petit essai comparatif.</span><hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-style: italic;"></span>L&#8217;Armée du Salut a aussi son état-major national, financé notamment par<br />
les contingents cantonaux et locaux. Rien que de très normal. N&#8217;empêche<br />
qu&#8217;à Genève la découverte de cette nécessaire réalité a fait l&#8217;effet<br />
d&#8217;une bombe. Comme si, dans les organisations à but non lucratif, les<br />
salariés et militants pouvaient travailler efficacement sur le terrain<br />
sans le soutien d&#8217;un «back office» qui assure l&#8217;organisation, le<br />
financement et le suivi des opérations.</p>
<p>Cela une fois admis, reste bien sûr la question des proportions. Sur<br />
cent francs reçus par une organisation à but non lucratif (NPO selon<br />
l&#8217;abréviation anglaise usuelle) à titre de subventions publiques, dons<br />
et legs privés et de contributions diverses, combien sont utilisés<br />
directement aux fins pour lesquelles ils ont été recueillis ? Pas<br />
facile de le savoir, même si les NPO doivent désormais respecter<br />
certaines normes comptables, sous peine de perdre le label Zewo,<br />
indispensable aux organismes faisant appel à la générosité publique.<br />
Mais l&#8217;analyse des comptes d&#8217;exploitation pour 2004, tels que publiés<br />
par une dizaine d&#8217;associations et fondations humanitaires, écologiques<br />
et tiers-mondistes (cf. encadré ci-dessous), fournit d&#8217;intéressantes<br />
indications sur leurs coûts en personnel ainsi que sur leurs frais<br />
administratifs et généraux.</p>
<p>De manière générale, l&#8217;on observe que, dans les organisations étudiées,<br />
les montants non affectés au financement de campagnes, projets ou<br />
mandats concernant leur domaine d&#8217;intervention statutaire représentent<br />
de 15% à plus de 50% de leurs dépenses totales. La plupart des<br />
organisations parviennent à maintenir cette proportion aux alentours de<br />
35%. Comment ? En mettant les salaires des intervenants et les autres<br />
coûts directs à la charge des différents projets et mandats qu&#8217;elles<br />
soutiennent financièrement. Mais elles ont en revanche l&#8217;obligation<br />
d&#8217;imputer à la centrale et de faire apparaître séparément les frais de<br />
communication et de collecte de fonds (entre 3% et 16% des dépenses<br />
totales), les coûts administratifs (entre 6% et 12%) ainsi que les<br />
éventuels amortissements et frais financiers. A noter que les<br />
organisations écologiques travaillent relativement cher, sans doute<br />
parce qu&#8217;elles sont principalement actives en Suisse (Equiterre, WWF).</p>
<p>Quand l&#8217;organisation fonctionne comme la section suisse d&#8217;une grande<br />
ONG présente dans environ 150 pays, elle doit payer son écot à la<br />
centrale : Amnesty Suisse envoie chaque année un peu plus de 30% de son<br />
budget de 11 millions de francs au secrétariat international sis à<br />
Londres, tandis que le WWF Suisse consacre 3,9 millions de francs, soit<br />
un peu moins de 9% de ses ressources, à son siège mondial, installé à<br />
Gland. Précision utile : ces deux organisations ne reçoivent pas de<br />
subventions publiques mais vivent principalement des contributions de<br />
leurs membres et groupes cotisants, ainsi que de legs et dons dont le<br />
montant a frôlé les quatre millions de francs en 2004 chez Amnesty et<br />
atteint 4,5 millions au WWF Suisse.</p>
<p>Par rapport à ces deux grandes NPO multinationales privées, les<br />
organisations suisses au bénéfice de subventions publiques ne se<br />
distinguent pas par une transparence particulière. Sauf Swissaid, qui<br />
présente son bilan et ses comptes de manière exemplaire, à la fois<br />
détaillée et très claire. Une mention particulière aussi à l&#8217;OSEO, qui<br />
ne craint pas de chiffrer les difficultés rencontrées en 2004 tout<br />
particulièrement, année de restructuration et de réorganisation<br />
fondamentales.</p>
<p>Au total, l&#8217;information délivrée par les NPO dépasse sans doute en<br />
qualité et consistance les attentes des cotisants et généreux<br />
donateurs, d&#8217;ordinaire très confiants. Ce d&#8217;autant que les<br />
traditionnels rapports annuels tirés sur papier sont désormais<br />
disponibles sur les sites Internet des organisations concernées. Sauf<br />
exception bien sûr. La seule que nous ayons repérée s&#8217;appelle l&#8217;Armée<br />
du Salut, qui donne sur son site quelques informations lacunaires sur<br />
la zone AdS comprenant la Suisse, l&#8217;Autriche et la Hongrie : «du point<br />
de vue financier, 2004 fut réjouissante», avec des dons et legs dont<br />
«le produit a pu être maintenu à un bon niveau de 35,4 millions de<br />
francs». Pour en savoir plus, contactez le responsable Communication ou<br />
rompez. Une politique d&#8217;information devenue impossible pour «une armée<br />
à l&#8217;œuvre dans 109 pays» qui veut continuer d&#8217;accomplir sa belle<br />
mission. &nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>
<p><span style="font-weight: bold;">Rectificatif</span> (publié dans DP n° 1678)<br />
A la suite de l’article «Sans profit mais pas sans frais« (DP 1675, 27<br />
janvier 2006, p. 4), M. Pierre Reift, responsable Communication/RP de<br />
l’Armée du Salut, nous fait savoir que depuis 2002, les comptes annuels<br />
de l’AdS-Suisse sont bel et bien téléchargeables sur le site<br />
www.armeedusalut.ch, contrairement à ce qui était indiqué dans le texte<br />
publié.<br />
Par ailleurs, l’Armée du Salut est active dans 111 pays et non pas 109 comme mentionné.</p>
<p></p>
<p><a href="http://www.amnesty.ch/indexf.html">Amnesty International, section suisse</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.coordinate.ch/">Culture et Développement</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.evb.ch/">Erklärung von Bern, section alémanique de la DB</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.ladb.ch/">Déclaration de Berne, section romande (DB)</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.eper.ch/">EPER, Entraide protestante suisse</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.equiterre.ch/">Equiterre, Genève et Zurich</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.sah.ch/">OSEO, Œuvre suisse d&#8217;entraide ouvrière</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.solifonds.ch/">Solifonds, Fonds de solidarité pour les luttes de libération sociale</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.swissaid.ch/">Swissaid, Fondation suisse pour la coopération au développement</a></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.wwf.ch/">WWF Suisse</a> (comptes bouclés au 30 juin 2005)</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une schizophrénie politique inguérissable</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8925</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8925#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Albert Tille</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[<span style="font-style: normal;">Le
gouvernement multiplie les déclarations en faveur d’une concurrence
accrue. Et pourtant il diminue les moyens de la commission de la
concurrence déjà plombée par les insuffisances de la loi sur les
cartels.</span><hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-style: italic;"></span>Le Parlement quasi unanime vient d’adopter la <a target="_blank" href="http://www.parlament.ch/afs/data/f/gesch/2004/f_gesch_20040078.htm">loi sur le marché intérieur</a><br />
pour attiser la concurrence. Le gouvernement annonce pour 2006 une loi<br />
qui élimine les barrières à l’importation des marchandises, et qui<br />
prévoira notamment la reprise de la règle européenne dite <a target="_blank" href="http://www.europa.admin.ch/europapol/themen/cassis/f/">Cassis de Dijon</a>.<br />
Il propose encore la libéralisation du marché de l’électricité, du<br />
dernier kilomètre de Swisscom, la réduction du monopole de La Poste. Il<br />
milite au sein de l’OMC pour l’ouverture du marché des services. Ce<br />
faisceau de mesures devrait revitaliser l’économie suisse en déficit de<br />
croissance parce que trop figée dans ses structures. La Suisse<br />
officielle a donc de solides convictions libérales. Sauf dans la lutte<br />
contre les ententes et autres positions dominantes. Le secrétariat de<br />
la commission des cartels est amputé de 8 postes sur 59. D’ici deux<br />
ans, 28 autres postes devraient disparaître (cf. <a href="../scripts/detail_art.php?id=8904">Vive la concurrence</a> , Jean-Daniel Delley (jd), DP n°1673, du 13 Janvier 2006).</p>
<p>Sanction contre un organe incompétent ou affaiblissement d’une<br />
institution mal aimée des milieux économiques ? Les deux à la fois. Les<br />
succès de la Commission de la concurrence (<a target="_blank" href="http://www.weko.admin.ch/index.html?lang=fr&amp;PHPSESSID=28ad4bda9e7c3da275cb8f8aa6220dbb">Comco</a>) sont modestes parce que la loi ne lui en donne pas les moyens.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Armes mal adaptées</span></p>
<p>La spectaculaire <a href="http://www.domainepublic.ch/scripts/articles.php?action=detail&amp;id=2607&amp;page=1&amp;mois_im=&amp;annees=2004&amp;search=fribourg%20migros">décision</a><br />
de la Comco, obligeant les Entreprises Electriques Fribourgeoises<br />
d’acheminer pour la Migros du courant acheté à un autre producteur, a<br />
fait croire à la naissance d’un véritable contre-pouvoir économique.<br />
C’était une illusion. Les activités les plus récentes montrent que si<br />
la Comco affiche beaucoup de sévérité à l’égard des barrières étatiques<br />
à la concurrence, elle agit avec une grande prudence envers les<br />
ententes ou les positions dominantes privées. Il ne s’agit pas de<br />
complaisance, mais de réalisme. La loi n’interdit par les ententes ou<br />
les positions dominantes. Seuls les abus sont poursuivis. Les entraves<br />
à la concurrence sont admises si elles sont «justifiées par des motifs<br />
d’efficacité économique». C’est la porte ouverte à toutes les<br />
interprétations. Les groupes et les entreprises, qui peuvent se payer<br />
les meilleurs avocats, en profitent largement. Ils utilisent toutes les<br />
voies de recours, souvent avec succès. En 2004, trois des décisions de<br />
la Comco ont été avalisées par la Commission de recours et trois autres<br />
ont été entièrement ou partiellement cassées. A l’appui d’une de ces<br />
décisions, ladite commission a rappelé que pour prononcer une<br />
condamnation, il fallait constater «une atteinte notable à une<br />
concurrence efficace». </p>
<p>Pour ne pas s’enliser dans les procédures judiciaires, la Comco<br />
privilégie les arrangements. Ainsi, l’an passé, elle a négocié une<br />
baisse de 25% des commissions prélevées sur les paiements par carte de<br />
crédit et a entrouvert le marché des médicaments vétérinaires. Elle est<br />
en revanche bel et bien parvenue à interdire les prix imposés des<br />
livres sur le marché alémanique.</p>
<p>La timidité de la Comco s’explique également par son système de milice.<br />
Ses quinze membres, désignés par le Conseil fédéral, exercent leur<br />
fonction en sus de leur activité professionnelle principale et n’ont<br />
souvent pas le loisir de se familiariser avec des dossiers souvent<br />
complexes. D’autre part, les représentants des organisations<br />
économiques membres de la commission ne sont pas tenus de se désister<br />
s’ils sont membres d’une association faîtière de la branche mise en<br />
cause.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Faiblesse congénitale</span></p>
<p><a target="_blank" href="http://www.evd.admin.ch/evd/dossiers/kartellgesetz/?lang=fr">La loi sur les cartels</a><br />
a un long passé de faiblesse sérieusement entretenue par les milieux<br />
économiques et les partis qui les représentent à Berne. Le premier<br />
texte de 1962 se limitait à autoriser une commission dominée par les<br />
intérêts économiques, secondée par une poignée de fonctionnaires, et à<br />
faire des recommandations au Conseil fédéral. Après quelques<br />
améliorations au début des années huitante, la loi a été entièrement<br />
remaniée en 1995, donnant à l’autorité de la concurrence des pouvoirs<br />
de sanction et un secrétariat nettement plus étoffé. Une retouche, en<br />
2004, a renforcé le pouvoir de sanction sans toucher à la faiblesse<br />
intrinsèque de la loi. Une réforme efficace nécessiterait un vote<br />
populaire avec double majorité. Car la nouvelle constitution fédérale<br />
autorise la Confédération à lutter exclusivement contre les<br />
conséquences sociales et économiques dommageables des limitations de la<br />
concurrence. Mais dommageable pour qui ? </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Créer une dynamique cantonale</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8926</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8926#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>André Gavillet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cantons]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[La non-redéfinition du rôle des communes fut un échec, une lacune de la Constitution vaudoise. Elle n’a pas su (ou pu) donner l’élan. De même la loi de subventionnement des fusions crée un encouragement si [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="757"></a>La non-redéfinition du rôle des communes fut un échec, une lacune de la <a target="_blank" href="http://www.dire.vd.ch/constitution/">Constitution vaudoise</a>.<br />
Elle n’a pas su (ou pu) donner l’élan. De même la loi de<br />
subventionnement des fusions crée un encouragement si modeste qu’il est<br />
plus une manière de se donner bonne conscience que d’impulser. Aussi<br />
les courageux syndics qui se lancent dans cet exercice difficile ne se<br />
sentent pas portés par le Canton.</p>
<p>Il n’appartient certes pas à l’Etat d’intervenir directement. Mais par<br />
l’intermédiaire des préfets, il peut soutenir les municipalités qui<br />
veulent donner à leur région un dynamisme nouveau et qui souhaitent<br />
éviter des dépenses administratives devenues trop lourdes pour de trop<br />
petites échelles.</p>
<p>S’il est un devoir de respecter la libre décision des citoyens, il est<br />
aussi une obligation pour le Conseil d’Etat et le Grand Conseil de<br />
donner le ton et de faire des regroupements des communes une tâche<br />
cantonale. On attend que le débat soit rouvert.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les nouveaux mercenaires</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8927</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8927#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Guyaz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[En Irak, la Suisse emploie une entreprise sud-africaine pour protéger son ambassade. Cette situation est banale. Les entreprises internationales de sécurité, dont certaines sont de véritables armées privées prospèrent dans les zones de non-droit, lorsque [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En<br />
Irak, la Suisse emploie une entreprise sud-africaine pour protéger son<br />
ambassade. Cette situation est banale. Les entreprises internationales<br />
de sécurité, dont certaines sont de véritables armées privées<br />
prospèrent dans les zones de non-droit, lorsque l&#8217;autorité d&#8217;un Etat a<br />
quasiment disparu. Une motion Ursula Wyss demande à la Suisse de<br />
s&#8217;engager en faveur de réglementation spécifique pour ces sociétés.</p>
<p>Cette motion a été acceptée par les Chambres lors de la session de<br />
décembre 2005. Comme le souligne la commission des Etats, les règles du<br />
droit humanitaire s&#8217;appliquent également à ces sociétés, mais leurs<br />
employés ne sont pas forcément formés au respect des règles de<br />
l&#8217;édifice juridique destiné à limiter les conséquences d&#8217;un conflit<br />
armé. La commission relève un paradoxe : la réduction des budgets<br />
militaires des nations a entraîné le développement des entreprises de<br />
sécurité privées comme force de substitution. Leurs morts n&#8217;entrent pas<br />
dans les décomptes officiels et leurs membres ne sont pas poursuivis<br />
par les tribunaux militaires en cas de violation du droit. Les<br />
interrogateurs «privés» présents à Abou Ghraib n&#8217;ont pas été inquiétés<br />
par la justice militaire américaine.</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Des guerres par procuration</span></p>
<p>La mise en œuvre de cette motion risque d&#8217;être bien difficile et nos<br />
diplomates auront fort à faire. En fait, nous assistons peut-être à un<br />
changement complet dans la conception des guerres. Après tout, les<br />
armées nationales ont deux siècles d&#8217;existence et l&#8217;usage des<br />
mercenaires a toujours été dominant auparavant. Peut-être<br />
assistons-nous aujourd&#8217;hui à un reflux des armées de service public<br />
avec la fin progressive des conscriptions et à un retour du mercenariat<br />
sous la forme d&#8217;entreprises contractantes. La guerre du futur sera<br />
peut-être faite par des techniciens «nationaux», qui conduiront leurs<br />
drones de loin en étant eux-mêmes bien à l&#8217;abri, avec l&#8217;appui de<br />
petites troupes d&#8217;élite, elles aussi «nationales», et d&#8217;une grande<br />
masse de «mercenaires». Cette perspective n&#8217;a rien d&#8217;utopique et la<br />
motion Wyss permet à la Suisse de travailler dès maintenant aux<br />
inévitables adaptations du droit humanitaire.&nbsp;&nbsp; </p>
<p><span style="font-weight: bold;">La motion Ursula Wyss</span></p>
<p>Le Conseil fédéral est chargé de veiller à ce que la Suisse s&#8217;engage<br />
résolument, sur la scène internationale, en faveur de réglementations<br />
contraignantes qui fixent les responsabilités des entreprises<br />
militaires et des forces de sécurité privées en matière de respect du<br />
droit international humanitaire et des droits de l&#8217;homme.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.domainepublic.ch/articles/8927/feed</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Bulletin de santé de la Suisse (2): un malade imaginaire</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8928</link>
		<comments>http://www.domainepublic.ch/articles/8928#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[1675]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[
<div class="corps">La
santé économique de la Suisse pourrait être meilleure. Mais globalement
le patient se porte bien. Ceux qui prétendent le contraire s’appuient
sur des affirmations empiriquement infondées. En fait ils ne cherchent
qu’à faire passer un programme de réformes qui relève d’une idéologie
libérale fondamentaliste (<a href="../scripts/detail_art.php?id=8917">Un malade imaginaire</a> , Jean-Daniel Delley (jd), DP n°1674, du 20 Janvier 2006).<br />
<br />
Suite du parcours critique proposé par l’ouvrage de Markus Mugglin*.<span style="font-weight: bold;"><br />
</span></div>
<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="corps"><span style="font-weight: bold;">C&#8217;est la faute à l&#8217;Etat</span></p>
<p>Dépenses et recettes des collectivités publiques ont fortement augmenté<br />
depuis le début des années nonante, c’est un fait. D’où une quote-part<br />
fiscale &#8211; le rapport entre les recettes fiscales, y compris les<br />
versements obligatoires aux assurances sociales, et le PIB &#8211; et une<br />
quote-part étatique &#8211; le rapport entre les dépenses publiques et le PIB<br />
- en forte hausse. Une hausse plus accentuée que dans la plupart des<br />
pays de l’OCDE. Mais ces quotes-parts restent néanmoins inférieures à<br />
celles des pays européens. Cette hausse rapide dans les années nonante<br />
résulte d’une forte croissance des dépenses sociales, elles-mêmes<br />
induites par la récession que les autorités ont contribué à aggraver<br />
(<a href="../scripts/detail_art.php?id=8917">Un malade imaginaire</a> , Jean-Daniel Delley (jd), DP n°1674, du 20 Janvier 2006). Ne confondons pas la cause et les effets : c’est la<br />
stagnation économique qui a pesé sur les budgets publics et non<br />
l’augmentation des dépenses qui a étouffé la croissance. Pour preuve,<br />
nombre de pays comme les pays scandinaves et l’Autriche bénéficient<br />
d’un taux de croissance supérieur à celui de la Suisse, quand bien même<br />
l’Etat y occupe une place &#8211; impôts, dépenses &#8211; plus importante que chez<br />
nous.<br />
L’augmentation des dépenses a particulièrement touché le domaine social<br />
- de 20 à 28% des dépenses publiques de 1990 à aujourd’hui. Non pas<br />
qu’on ait amélioré substantiellement les prestations, mais parce que la<br />
récession a engendré chômage, invalidité et recours accru à l’aide<br />
sociale. D’un point de vue strictement économique, ces dépenses ont<br />
permis à leurs bénéficiaires de rester des consommateurs et donc<br />
d’éviter que la stagnation ne se transforme en crise.<br />
Les déficits budgétaires ont accéléré l’endettement public. Elève<br />
modèle il y a encore quinze ans, la Suisse, avec une dette représentant<br />
plus de 55% de son PIB, se rapproche de la limite supérieure imposée<br />
aux pays de la zone euro. Dès lors, à l’instigation du patronat et de<br />
la majorité de la corporation des économistes, les autorités sont<br />
saisies d’une frénésie d’économies qui confine à la paranoïa. La<br />
Confédération a déjà conduit deux programmes successifs d’allégement<br />
budgétaire et concocte un programme de réduction des tâches. Son grand<br />
argentier ose même «penser l’impensable» en évoquant des scénarios de<br />
réduction jusqu’à 40% du budget fédéral. Et son collègue de justice et<br />
police passe aux actes en imposant à son administration des coupes plus<br />
sévères encore que celles exigées par le Conseil fédéral. Bref le<br />
concours de la rigueur est ouvert dont on attend une revitalisation de<br />
l’économie.<br />
Pourtant cette situation financière ne résulte pas d’une multiplication<br />
des tâches étatiques. Au coût social de la stagnation économique<br />
s’ajoutent l’assainissement de la caisse de retraite du personnel<br />
fédéral et l’autonomisation des entreprises (CFF, PTT, armement) dont<br />
la Confédération a dû recapitaliser les caisses de retraite. Au total<br />
40 milliards de francs. Avec le préfinancement des transversales<br />
alpines et les avances remboursables à l’assurance chômage, voilà qui<br />
explique l’essentiel de l’endettement supplémentaire des années<br />
nonante. Pas trace d’un Etat trop gourmand qui étendrait sans limites<br />
son action au détriment du dynamisme de l’économie.&nbsp;&nbsp; </p>
<p>*Gegendarstellung. Wer die Schweizer Wirtschaft bremst. Xanthippe Verlag, Zürich, 2005.</p></div>
<p><!-- F /tpl/front/pages/blocs/c.htm  --></p>
<div class="articlcomptitre"> Complétez votre information &nbsp;:</div>
<p>  <a href="http://www.snb.ch/f/publikationen/publi.html?file=text_finanzstab.html" class="articlcompl" target="_BLANK">Banque nationale suisse</a> (Rapport sur la stabilité financière, 2004 )</p>
<p>  <a href="http://www.efv.admin.ch/f/finanzen/intvergl/index.htm" class="articlcompl" target="_BLANK">Département fédéral des finances</a> (Comparaisons internationales)</p>
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