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	<title>Domaine Public &#187; 1638</title>
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	<description>Analyses, commentaires et informations sur l&#039;actualité suisse</description>
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		<title>DP 1638</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Mar 2005 21:52:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
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		<title>Salon de l&#8217;auto : Les quatre roues de l&#8217;utopie</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marco Danesi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société / histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;homme caresse le volant. Il palpe le siège en cuir de la Chrysler, trop belle pour lui. Sa femme se morfond à hauteur de rétroviseur. Son mari s&#8217;attarde. Scrute le tableau de bord. Seul, alors [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;homme caresse le volant. Il palpe le siège en cuir<br />
de la Chrysler, trop belle pour lui. Sa femme se morfond à hauteur de<br />
rétroviseur. Son mari s&#8217;attarde. Scrute le tableau de bord. Seul, alors<br />
que les visiteurs se multiplient, comme un nuage de sauterelles<br />
affamées. Ils fondent sur Palexpo depuis dix heures du matin. En car,<br />
en voiture, en train. La Suisse alémanique s&#8217;évide, elle coule vers<br />
Genève. Paysans, cols blancs et bleus, ils ont pris congés. Ils<br />
jaillissent du parking. Une vague qui s&#8217;emporte jusqu&#8217;à la première<br />
berline. Les copains voyagent en groupe, la moustache huilée et le<br />
blouson sponsorisé. Ils se moquent du bouchon entre Flamatt et<br />
Düdingen. Les plus malins ont pris la route à l&#8217;aube. On fume à plein<br />
poumons et on avale la première bière. Quelques Italiens, transfuges du<br />
Nord-Est PEMisé, lèvent la voix, s&#8217;appellent, détournent la file. Du<br />
folklore, pour le bonheur des retraités en vadrouille. La grâce descend<br />
sur les hommes qui font la queue, sans distinction de sexe,<br />
nationalité, race ou religion. Une carrosserie et un moteur se moquent<br />
des frontières, ils globalisent le désir de vitesse, de puissance,<br />
d&#8217;étourdissement.</p>
<p>La carrosserie à portée de main<br />En mal de<br />
fantasmes, les hommes se soulagent avec la virilité, un rien refoulée,<br />
d&#8217;une Ferrari toutes portes écartées. Les hôtesses s&#8217;improvisent<br />
unisexes. Elles larguent capots et bikinis pour distribuer dépliants et<br />
fiches techniques dans une ambiance très professionnelle. Même si<br />
Citroën et Alfa Romeo importent toujours des mannequins, amidonnées en<br />
robe minimaliste. Des adolescents tapis d&#8217;hormones s&#8217;approchent,<br />
rigolent et prennent la photo pour les camarades restés en classe. On<br />
amène aussi papis et mamies, un peu fatigués, voir une Rolls-Royce<br />
flanquée d&#8217;un garde au muscle vif.<br />Les temporaires astiquent les<br />
voitures à coup de brosses et chiffons. Ils soufflent la poussière,<br />
frottent les empreintes de milliers de pervers. Il faut effacer doigts<br />
et sueur. Eponger le plaisir enfantin de toucher, démonter, ouvrir et<br />
fermer portes et vitres, à répétition. Une famille nombreuse s&#8217;entasse<br />
à l&#8217;arrière d&#8217;une Toyota. Père et fils palpent l&#8217;aileron d&#8217;une Audi.<br />
Madame flirte avec le tableau de bord. Un couple malaxe le coffre d&#8217;une<br />
Volskwagen. La promiscuité des monospaces bondées fait mal aux yeux.<br />
Plus loin, les connaisseurs pelotent un moteur arraché à son bahut. Un<br />
ou deux fanatiques se couchent sous l&#8217;habitacle. On saisit l&#8217;enflure du<br />
phare comme le jarret d&#8217;une vache.</p>
<p>La beauté muette<br />Les<br />
voitures à l&#8217;arrêt trahissent le désir de rouler, de mater le trafic.<br />
Elles perdent de leur superbe. Les autos agonisent livrées à la ronde<br />
des carrousels. Le manège dénonce leur vanité encombrante, mutilée. Au<br />
lieu des pistons et des chevaux meurtris, on devine le vroum vroum qui<br />
s&#8217;échappe des conducteurs mis au pas. Attroupés, ils tombent en transe,<br />
les yeux baillant, vitrés, la bouche ouverte. Que dire face à une<br />
Nissan en première mondiale ? Comment raconter le profil d&#8217;une Bugatti<br />
? Peter, Hansruedi, Jacques, Alberto, James se taisent. Ils<br />
photographient, ils filment les rondeurs aérodynamiques, la masse<br />
roulante, l&#8217;explosion balistique des modèles exposés. Le silence sature<br />
la mémoire numérique. Ensuite, on pique-nique accoudés à une pile de<br />
pneus profilés.<br />La musique, au bit exalté, pulvérise l&#8217;haleine<br />
alcoolisée, enfumée, des routiers anonymes, titubants d&#8217;un stand à<br />
l&#8217;autre. On boit Chasselat et Pinot, sinon wodka pour les plus chics, à<br />
l&#8217;abri des gendarmes. En coulisse, quelques happy-fews consomment<br />
apéros et petits cadeaux, loin du corps à corps vulgaire. Les Securitas<br />
veillent en bleu de travail. Ils balisent la curiosité des passants.<br />
Comme au zoo, comme au peep-show, l&#8217;informaticien de Winterthour,<br />
l&#8217;électricien d&#8217;Oerlikon ou le comptable de Rapperswil guettent les<br />
nantis dans leur sérail. La Mercedes hors de prix, l&#8217;Opel en leasing<br />
s&#8217;exhibent et se dérobent aussitôt. «Demain je l&#8217;achète», ment un<br />
plâtrier du Locle. On se contente du catalogue et des lots de<br />
consolation avant d&#8217;enfourcher la Skoda à bout de course, rangée dans<br />
le parking souterrain pour vingt francs la journée.</p>
<p>Vers le concept<br />Les<br />
constructeurs fuient le trivial. Une voiture devient un concept. Quatre<br />
roues, un moteur, un volant se métamorphosent en utopie. «Sur la route<br />
du futur», une Volvo se recycle à 85%. Bielles, manettes, essuie-glaces<br />
peuvent aspirer à une nouvelle vie. Les chauffeurs errent au milieu du<br />
miracle écologique. Ils interrogent les bornes informatiques qui<br />
débitent en temps réel les chiffres de la durabilité. Le véhicule à<br />
pollution zéro nourrit rêves et cauchemars, comme toute promesse de<br />
pureté. L&#8217;hydrogène fait coucou chez Ford. Quelques adeptes écoutent<br />
les explications de filles fluorescentes. Même au chevet d&#8217;une Land<br />
Rover «aussi civilisée que sportive», la mauvaise conscience rattrape<br />
le pilote ordinaire. En route oui, mais sans oublier l&#8217;engagement<br />
«citoyen». Honda baptise ainsi le «new civic concept». L&#8217;émotion se<br />
dessine sur les visages des apprentis argoviens, des employés de<br />
commerce bernois, de la chorale masculine de Glaris. Conduire c&#8217;est<br />
façonner une idée, tracer un chemin. On gomme le pêché originel qui<br />
ronge la voiture. Une ère nouvelle voit le jour entre Smart en odeur de<br />
faillite et Renault qui lutte pour le leadership international. Si Nike<br />
ravit l&#8217;homme à la pesanteur du monde, Mazda l&#8217;affranchit de la<br />
culpabilité. La mobilité infinie, douce et sans dommages collatéraux,<br />
va faire merveilles. Naguère à quatre pattes, l&#8217;humanité s&#8217;envole à<br />
quatre roues vers des horizons nouveaux.<br />L&#8217;homme enfermé dans la<br />
Chrysler pressent l&#8217;époque naissante. Il savoure l&#8217;instant magique de<br />
la révélation. La voiture est sa maison, il l&#8217;habite. Vecteur<br />
fantastique lancé dans l&#8217;espace et le temps. Comme la Bertone Villa, un<br />
logis roulant au nom du bien-être et de la communication planétaire. md</p>
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		<title>Livres : Cette folle envie d&#8217;écrire</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marco Danesi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[Laurent Schlittler et Philippe Testa défient les lettres romandes. Ils écrivent, malgré des éditeurs aux abois, un marché lilliputien, une concurrence affamée. Un séjour au Québec, terre d&#8217;exil et d&#8217;imaginaire, pousse Laurent Schlittler vers la [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Laurent Schlittler et Philippe Testa défient les<br />
lettres romandes. Ils écrivent, malgré des éditeurs aux abois, un<br />
marché lilliputien, une concurrence affamée. Un séjour au Québec, terre<br />
d&#8217;exil et d&#8217;imaginaire, pousse Laurent Schlittler vers la publication.<br />
Des canevas pleins les tiroirs, il se dit que le moment est venu de<br />
tenter le grand saut. Dès son retour en Suisse, il fonde les éditions<br />
Navarino, du nom d&#8217;un bistrot montréalais à même la glace, une<br />
entreprise d&#8217;artisan, d&#8217;amoureux, de fêlé. Une subvention de Pro<br />
Helvetia et une aide de la Ville de Lausanne déclenchent les<br />
hostilités. Deux livres sortent de presse. Far West / Extrême-Orient de<br />
Philippe Testa et On est pas des guignols de Laurent Schlittler.</p>
<p>Au rythme de la fiction<br />On<br />
n&#8217;est pas des guignols, c&#8217;est une histoire d&#8217;ordinateurs grippés. C&#8217;est<br />
une histoire d&#8217;employés détachés en Suisse romande par la maison-mère<br />
suisse alémanique, l&#8217;agence publicitaire Ammann. C&#8217;est une histoire de<br />
soupçons et de malentendus noyés dans la bière et le champagne. Pierre,<br />
le narrateur, travaille, souffre, déconne dans une boîte de<br />
communication. Il adapte, traduit, homologue les messages déroutés<br />
par-dessus la barrière des langues depuis Zurich. Cependant, un beau<br />
mauvais jour, le réseau informatique tombe en panne. Il faut appeler au<br />
secours le siège central. Peter (Kraus) débarque. Il mâche son accent à<br />
la limite du supportable, mais il est gentil et compréhensif. Il<br />
rétablit les connexions. Une série de contretemps prolongent son<br />
séjour. Paul, le chef local, et Antoine, le troisième homme engagé en<br />
dernier, se livrent une guerre sourde. Qui saborde le travail de<br />
l&#8217;autre ? qui touche à l&#8217;interrupteur pendant le transfert des données<br />
? qui efface les corrections des copies adressées au quartier général ?<br />
La tension vire à la somatisation. Les protagonistes tombent malades.<br />
Il faut sauver sa peau et son poste au milieu de work-shops qui frisent<br />
le lavage de cerveau au nom de la culture d&#8217;entreprise. A la fin, Paul<br />
s&#8217;envole, prend le large, sans regrets. Des voix lui chuchotent «t&#8217;as<br />
tellement raison».<br />Le style épouse un minimalisme heureux.<br />
L&#8217;écriture parle le cynisme blême d&#8217;un récit ordinaire. Laurent<br />
Schlittler tape nerveusement son histoire, comme autant de déglutitions<br />
hip hop. Le temps se déforme. On culbute d&#8217;un chapitre à l&#8217;autre, perdu<br />
dans un labyrinthe famélique. L&#8217;action laisse peu de place au décor,<br />
toujours fonctionnel, saccagé au nom du petit théâtre de guignols qui<br />
cogne sans trop d&#8217;égard. C&#8217;est un film avec Jean-Pierre Bacri contre un<br />
soliloque rasant de Claude Lelouche. On cause, on s&#8217;effondre et on<br />
meurt de honte en peu de mots. Les dialogues occupent la page, en gros<br />
plan. Alertes et astiqués. A la dernière page, on rougit de bonheur,<br />
comme la couverture du livre un rien rugueuse.</p>
<p>La photo en toutes lettres<br />ça<br />
commence à Los Angeles, Californie, Etats-Unis, et ça finit à Hanoï,<br />
Vietnam. Far West / Extrême-Orient empile les instantanés. Philippe<br />
Testa voyage. Et quand il voyage, il frappe ce qu&#8217;il voit, mot par mot.<br />
Au lieu d&#8217;appuyer sur l&#8217;appareil photographique, il malaxe en quelques<br />
phrases l&#8217;ombre fugitive des rencontres. Il se fiche du reportage, des<br />
témoignages à la première personne, de l&#8217;actualité. Il se promène, il<br />
observe et il note. Il voit et il presse sa plume sur le carnet de<br />
vacances. A son rythme, à la cadence légère de l&#8217;homme qui peut perdre<br />
son temps.<br />A cheval d&#8217;un Greyhound- ces bus gris, brillants,<br />
désormais destinés au sans abris du miracle américain &#8211; on dérive dans<br />
un Macdonald&#8217;s rouge de ketchup et on avale le passé recomposé du monde<br />
globalisé. Philippe Testa quadrille la multitude nippone et crache son<br />
poisson cru. <br />Page après page, l&#8217;album de photos prend de la<br />
bouteille. Ce qui semble banal au début rejoint l&#8217;indicible au bout.<br />
Pourtant le procédé frôle l&#8217;indécence. Comme un panneau routier, chaque<br />
pavé de texte localise le souvenir. Identifie les personnages. Bride<br />
l&#8217;action en un récit réduit à son nerf. Le verbe est nu et se suffit à<br />
lui-même. L&#8217;enquête policière donne l&#8217;exemple. Il faut résumer en<br />
quelques mots les événements à peine entrevus, volés aux témoins sur<br />
place. Philippe Testa fréquente les lieux du crime, où l&#8217;on assassine<br />
les humains. Ces endroits terribles qui martyrisent la beauté<br />
improbable du prochain et de l&#8217;univers. <br />La résignation semble<br />
imprégner la grammaire de Philippe Testa. Il pleure parfois, même si<br />
les larmes coulent sèches, quand elles archivent la misère, vendue en<br />
forfait aux touristes. Il raconte : «Kentucky Fried Chicken, 2e Avenue.<br />
Trois heures de l&#8217;après-midi, les clients sont rares. Une serveuse<br />
nettoie patiemment la friteuse. Elle a une peau couleur milk-shake<br />
vanille, pâle, laiteuse, translucide. Celle qui fait le service est<br />
d&#8217;origine chinoise. Elle a un visage de madone. Son badge proclame à la<br />
face du monde qu&#8217;elle s&#8217;appelle Judy, qu&#8217;elle est belle et qu&#8217;elle ne<br />
finira pas sa vie à servir des blancs de poulet. » Et c&#8217;est là que la<br />
description glisse vers la morale. Elle ramène la littérature près de<br />
l&#8217;homme, même le plus anonyme. md</p>
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		<title>La quête désespérée de la croissance</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/2663</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[Avenir Suisse, la boîte à penser de l&#8217;économie, ne relâche pas la pression. Il diffuse inlassablement son message pessimiste sur le futur du pays, message qui, croit-il, devrait déclencher un mouvement salutaire de réformes. On [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avenir Suisse, la boîte à penser de l&#8217;économie, ne relâche pas la pression. Il diffuse inlassablement son message pessimiste sur le futur du pays, message qui, croit-il, devrait déclencher un mouvement salutaire de réformes. On connaît son arsenal thérapeutique : baisse des impôts et de la quote-part de l&#8217;Etat, rationalisation des institutions et simplification de la structure fédérale (cf. DP n° 1636, L&#8217;économiste dans son bocal).<br />Samedi dernier à Zurich, Avenir Suisse réunissait une brochette d&#8217;économistes pour plancher sur les causes de l&#8217;anémie économique dont souffrirait le pays. Si plusieurs intervenants ont entonné l&#8217;habituelle antienne libérale, Ulrich Kohli, le chef économiste de la Banque nationale (BNS), a mis en doute la mesure officielle de la croissance, qui sous-estimerait cette dernière de 1 à 1,5 points. En cause, la référence au produit intérieur brut au lieu du produit national brut et la non-prise en compte du pouvoir d&#8217;achat en comparaison internationale (cf. DP n° 1633, La richesse à géométrie variable). Par ailleurs le représentant de la BNS a rappelé un paradoxe : si l&#8217;on observe le taux moyen de croissance de douze pays européens sur plus d&#8217;un siècle (1880-1995), la Suisse se place en avant-dernière position. Or si notre pays figurait au xixe siècle parmi les pauvres du continent, il appartient aujourd&#8217;hui au club des riches. Une observation qui devrait tempérer l&#8217;ardeur des Cassandre actuels.<br />Avenir Suisse a raison de se préoccuper du poids du secteur public et de la charge fiscale. Mais son acuité analytique est hélas restreinte par un biais idéologique. Ce ne sont ni les dimensions du secteur public, ni le niveau des prélèvements fiscaux qui déterminent les performances économiques d&#8217;un pays ; les données comparatives ne révèlent aucune corrélation entre ces variables. La qualité et l&#8217;utilité des prestations publiques jouent par contre un rôle important. <br />Plutôt que d&#8217;exiger aveuglément des coupes budgétaires et des réductions d&#8217;impôts, les chantres du libéralisme pur et dur et leurs relais politiques seraient bien inspirés de promouvoir l&#8217;évaluation des services administratifs et des politiques publiques. Cette évaluation permettrait de dénicher des gisements d&#8217;économies et de réaffecter intelligemment les ressources disponibles. Par exemple dans les domaines de la formation et des énergies renouvelables, où la Suisse ne brille pas, quand bien même ils vont influencer de manière déterminante le succès économique des Etats.<br />La réflexion économique ne peut ignorer plus longtemps la dimension sociale de la croissance. Considérer les dépenses sociales comme une charge à minimiser, c&#8217;est ignorer leur fonction de cohésion au sein de la société. La précarité, l&#8217;insécurité, la pauvreté et l&#8217;exclusion ne constituent pas un terreau favorable à la croissance.<br />Enfin, il n&#8217;est plus possible d&#8217;invoquer la croissance sans préciser sa nature. A quoi sert cette croissance si elle ne contribue pas à améliorer la qualité de vie, si les richesses créées ne servent qu&#8217;à financer les nuisances qu&#8217;elle engendre et si elle se nourrit d&#8217;abord de l&#8217;épuisement des ressources naturelles ?<br />A noircir systématiquement la situation, Avenir Suisse ne contribue qu&#8217;à semer l&#8217;inquiétude, une inquiétude source de résistance au changement, voire de paralysie, bref des réactions qui ne contribuent sûrement pas à stimuler la croissance. Manque aux penseurs des milieux économiques le sens élémentaire de la pédagogie.	jd	</p>
<p>Le marché et l&#8217;Etat</p>
<p>&laquo;Dans les cinquante dernières années, la science économique a expliqué quand et pourquoi les marchés fonctionnent bien, et quand ils ne le font pas. Elle a montré pour quelles raisons ils peuvent aboutir à sous-produire certains facteurs &#8211; comme la recherche fondamentale &#8211; et à en surproduire d&#8217;autres &#8211; comme la pollution. Leurs échecs les plus dramatiques sont les crises périodiques, les récessions et les dépressions ( ?)<br />Adam Smith était bien plus conscient des limites du marché &#8211; notamment des menaces de la concurrence imparfaite &#8211; que ceux qui s&#8217;en disent aujourd&#8217;hui les disciples&raquo;.</p>
<p>Joseph Stiglitz, La grande désillusion, Fayard éditeur, 2002.</p>
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		<title>Conseil fédéral : Une vie après le pouvoir</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/2762</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Dépraz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[Christoph Mörgeli voue de longue date Kaspar Villiger aux gémonies. Il avait déjà publiquement fustigé l&#8217;action déterminante de l&#8217;ex-patron des finances lors de la faillite de Swissair. Le conseiller national zurichois de l&#8217;Union démocratique du [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christoph Mörgeli voue de longue date Kaspar Villiger aux gémonies. Il avait déjà publiquement fustigé l&#8217;action déterminante de l&#8217;ex-patron des finances lors de la faillite de Swissair. Le conseiller national zurichois de l&#8217;Union démocratique du centre a récemment franchi le Rubicon : il accuse désormais Kaspar Villiger d&#8217;avoir sciemment vilipendé les deniers publics dans Swiss pour se garantir des postes d&#8217;administrateur de grandes sociétés, comme Nestlé, après sa retraite du Conseil fédéral. Les électeurs zurichois, en particulier radicaux, ont sans doute sanctionné cette attaque ad personam en barrant la route du Conseil d&#8217;Etat à l&#8217;ex-candidat UDC Toni Bortoluzzi.<br />L&#8217;UDC ne s&#8217;arrête toutefois pas en si bon chemin et veut convertir cette polémique en proposition légale. Le parti déposera pendant la session de printemps une motion pour interdire aux anciens conseillers fédéraux d&#8217;accepter des &laquo;mandats payés dans des entreprises et des organisations&raquo;. Petit retour en décembre 2003 : Ruth Metzler devient à moins de quarante ans une jeune retraitée du Conseil fédéral. Conformément à la législation, elle a droit à une retraite confortable, équivalant à la moitié du traitement d&#8217;un magistrat en fonction. Cette situation provoque quelques grincements de dents : pas besoin de couvrir l&#8217;ancienne ministre d&#8217;argent public puisqu&#8217;elle aura bientôt des mandats fort bien rémunérés, notamment dans des conseils d&#8217;administration.</p>
<p>Presque comme les autres<br />La loi prévoit que le montant cumulé de la retraite et des revenus d&#8217;un ancien magistrat ne saurait dépasser le traitement d&#8217;un magistrat en fonction ; sinon, il y a réduction de la rente. La règle s&#8217;applique tant à Ruth Metzler qu&#8217;à Kaspar Villiger. Elle est un compromis entre l&#8217;indépendance financière du magistrat retraité et son droit à exercer des activités qui peuvent être lucratives, même après le Conseil fédéral. Les personnalités qui accèdent aux plus hautes fonctions publiques n&#8217;ont pas forcément envie de se consacrer uniquement au jardinage et à l&#8217;écriture de leurs mémoires, une fois leur mission à la tête du pays accomplie. C&#8217;est tout à l&#8217;honneur de la démocratie d&#8217;estimer qu&#8217;un simple citoyen peut gouverner son pays et redevenir ensuite un citoyen presque comme un autre. 	ad</p>
<p>La prise de position de Christoph Mörgeli <br />est disponible sur le site de l&#8217;UDC<br />www.svp.ch/index.html?page_id=1483&#038;l=3</p>
<p>Ordonnance de l&#8217;Assemblée fédérale du <br />6 octobre 1989 concernant le traitement et la prévoyance professionnelle des magistrats, <br />RS 172.121.1<br />www.admin.ch/ch/f/rs/c172_121_1.html</p>
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		<title>Courrier : Abattons nos murs de Merlin !</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Ducommun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse-Europe]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur la carte de l&#8217;Europe unie, il y a au milieu un trou informe, l&#8217;île virtuelle des Suisses, au credo &#171;Y&#8217;en a point comme nous&#187;. Tout au sud, la plus grande île réelle du continent, [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur la carte de l&#8217;Europe unie, il y a au milieu un trou informe, l&#8217;île virtuelle des Suisses, au credo &laquo;Y&#8217;en a point comme nous&raquo;. Tout au sud, la plus grande île réelle du continent, la Sicile, garde cette fierté insulaire qui dit : il y a deux sortes d&#8217;hommes, les îliens et puis les autres. Ils sont de Raguse ou de Corleone, nous sommes de Schaffhouse ou de Courlevon.<br />La Sicile et la Suisse-île sont proches par bien d&#8217;autres points. De taille voisine et de densité élevée &#8211; 25 000 km2 et 5 millions d&#8217;habitants pour celle-là, 40 000 et sept millions pour celle-ci &#8211; elles sont en montagnes et en collines. Situées à la croisée de civilisations, elles ont subi une longue histoire avant de parvenir à une unité stable.</p>
<p>Une vraie fausse île<br />Une capitale, Zurich d&#8217;un côté, Palerme de l&#8217;autre, donne le ton. Trois autres villes dépassent 100 000 habitants : Bâle se compare à Catane, Genève-Lausanne à Messine, et Berne à Syracuse.<br />Une île vante ses produits frais, l&#8217;autre ses produits finis, mais la part des trois secteurs économiques est comparable. Le tourisme y est une activité majeure. Et des pôles technologiques, Etna Valley et Watch Valley, s&#8217;y développent intensément. Et la mafia ? Mais notre pays est aussi très cartellisé ! Et même si le taux de chômage diffère, le pouvoir d&#8217;achat des Siciliens n&#8217;est pas très inférieur à celui des Suisses. Et bientôt il nous rattrapera ?<br />Où vais-je justement ? Eh bien, il y a une différence notable entre les deux îles. La Suisse est un insigne Etat fédéral de poche. Alors prenons la Sicile ? et faisons de chacune de ces neuf régions un Etat, avec une constitution et sa masse de lois et d&#8217;arrêtés.<br />Je divague ? C&#8217;est nous, les Helvètes, qui déraillons avec nos vingt-sept constitutions. Ce sont nos murs de légende, qui enchantent nos vies intérieures, mais encrassent notre quotidien. En Sicile, la jeunesse est européenne et industrieuse, en Suisse, ce fatras de frontières freine toute initiative.<br />Il faut abattre ces murs de Merlin. Il y a assez de juristes pour concocter une constitution unique, adaptée à un pays très décentralisé. Nous pouvons très bien conserver nos territoires cantonaux, avec des autorités élues. Avec une seule Loi, l&#8217;adaptation aux événements serait infiniment plus souple. Je parle d&#8217;une idée irréaliste ? Depuis vingt ans, je vis à Neuchâtel et travaille à Berne, dans deux Etats, qui en fait sont si proches. J&#8217;ai l&#8217;impression que cette idée est largement partagée ? mais nous gaspillons nos intelligences à réviser nos constitutions cantonales.<br />Oui, c&#8217;est une utopie, car rien n&#8217;est à attendre de notre grouillement d&#8217;élus, qui auraient peur de perdre leur parcelle de pouvoir. Comme avant la chute du mur de Berlin, nous attendons que nos murs de Merlin s&#8217;écroulent. Je suis convaincu que, sous la pression des citoyens, qui en ont ras-le-bol de cette Helvétie si inutilement compliquée, nos murs morts vont se déliter beaucoup plus vite que nous ne l&#8217;imaginons.<br />Et l&#8217;Europe unie ? Quand la Suisse s&#8217;unira, elle s&#8217;y coulera naturellement, comme un fleuve tranquille, issu de torrents alpins, dans un virage historique que symbolise le Rhin à Bâle.</p>
<p>Laurent Ducommun<br />Colombier, Neuchâtel</p>
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		<title>Prévoyance professionnelle : Gestion paritaire : nouveau round</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/4704</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Mar 2005 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>André Gavillet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gestion du 2e pilier]]></category>
		<category><![CDATA[Politique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[Là, on n&#8217;est pas dans la politique spectacle ! L&#8217;article 51 de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPT) a explicitement étendu la gestion paritaire à toutes les institutions de prévoyance. Il est entré en [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Là, on n&#8217;est pas dans la politique spectacle ! L&#8217;article 51 de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPT) a explicitement étendu la gestion paritaire à toutes les institutions de prévoyance. Il est entré en vigueur le 1er janvier 2005. Reste à appliquer sur le terrain cette disposition. Et pour quel enjeu ?<br />Le second pilier est géré sous deux formes, soit par des institutions collectives autonomes, les grandes caisses de pension, soit par des institutions rattachées à un assureur. Cette deuxième structure est notamment utile pour les petites sociétés qui n&#8217;ont ni la surface, ni les moyens de gérer une institution de prévoyance. Les assureurs, donc, par l&#8217;intermédiaire d&#8217;une fondation, offrent ce service. Ainsi trente et une fondations regroupent 130 000 caisses. La moitié des salariés suisses est concernée.<br />Mais comment assurer une gestion paritaire quand sont regroupés dans une fondation des milliers de salariés qui ne se connaissent pas, qui ne se réunissent jamais et qui n&#8217;ont pour seul point commun que d&#8217;être membres d&#8217;une fondation qui a passé contrat avec un assureur ? Jusqu&#8217;à ce jour, l&#8217;assureur, constatant ces difficultés de regroupement, désigne les membres du conseil de fondation. C&#8217;est comme s&#8217;il passait contrat avec lui-même ! Il n&#8217;a pas à traiter avec un organe indépendant qui sache distinguer, quand il le faut, l&#8217;intérêt de l&#8217;assureur et celui de l&#8217;assuré.</p>
<p>Le défi de Colette Nova<br />L&#8217;Union syndicale suisse, sous l&#8217;impulsion de Colette Nova, suit de près ce dossier. Elle demande que partout les salariés, notamment par l&#8217;intermédiaire des comités d&#8217;entreprise, fassent savoir qu&#8217;ils sont candidats pour être élus au conseil d&#8217;une fondation collective. Les permanents syndicaux examineront aussi qui peut être désigné comme représentant du personnel, la loi laissant ouverte la possibilité pour les salariés d&#8217;élire un représentant extérieur, par exemple un permanent syndical.<br />Il va sans dire que les salariés désignés doivent bénéficier d&#8217;une formation de base et continue ; elle est d&#8217;ores et déjà organisée par les syndicats. Mais Colette Nova souligne que les représentants du personnel seront aussi à disposition pour créer un réseau, condition d&#8217;une action efficace et d&#8217;échanges d&#8217;information. Le but est donc double : organiser face aux assureurs un contre-pouvoir indépendant, comme la loi le prévoit, mais aussi structurer l&#8217;organisation syndicale, donner des compétences et des responsabilités nouvelles à ses membres et, par la mise en réseau, se doter de moyens aux effets multiplicateurs.<br />Ce quadrillage du terrain représente pour les syndicats un effort considérable. Mais si l&#8217;on songe au temps et à l&#8217;argent engagé dans des initiatives populaires qui se sont soldées par un échec sans gloire et sans panache, il est permis de dire que le même investissement consacré à l&#8217;organisation de la gestion paritaire du second pilier serait autrement rentable dans la durée.<br />Colette Nova a une claire vision de l&#8217;enjeu. Son action mérite appui et succès.	ag</p>
<p>Service de presse USS n° 2, février 2005.</p>
<p>Argumentaire</p>
<p>Pourquoi vouloir donner un sens concret à la gestion paritaire des fonds de caisses de pension ?</p>
<p>n	La gestion paritaire est prévue par la loi. Ce droit formel est acquis. Ce serait faiblesse de ne pas le rendre concret.<br />n	L&#8217;épargne du second pilier est pour une bonne part l&#8217;épargne des salariés. L&#8217;autonomie (ou le refus de l&#8217;aliénation) exige qu&#8217;ils maîtrisent eux-mêmes la gestion de leurs propres deniers.<br />n	La gestion paritaire implique que soient organisées des formations, dispensatrices de nouvelles compétences, contrepoids à la spécialisation des gens de métier (assureurs, banquiers).<br />n	La moitié du second pilier est confiée, sous contrôle prévu par la loi, à des sociétés privées à la recherche du profit optimal. Un contre-pouvoir doit être organisé à l&#8217;intérieur même des institutions de prévoyance.<br />n	La gestion de la gigantesque fortune du second pilier (300 milliards) est source de pouvoir. La coordination des placements permettrait aussi bien de soutenir des sociétés soucieuses d&#8217;éthique que de sanctionner des comportements &laquo;sauvages&raquo;.</p>
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		<title>Communication : La télé dans le téléphone</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/5319</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Guyaz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication, médias]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[La nouvelle stratégie de Swisscom s&#8217;appelle Triple play, ce qui n&#8217;a rien de surprenant pour une entreprise qui baptise ses annuaires des Directories. L&#8217;ancien opérateur national veut faire passer par la ligne téléphonique trois services [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle stratégie de Swisscom s&#8217;appelle Triple play, ce qui n&#8217;a rien de surprenant pour une entreprise qui baptise ses annuaires des Directories. L&#8217;ancien opérateur national veut faire passer par la ligne téléphonique trois services différents à l&#8217;aide de la technologie ADSL : Internet, ce qui est déjà le cas, la téléphonie, dès le 1er avril 2005, pour des usages qui semblent avant tout professionnels et la télévision, depuis une semaine pour les enregistrements d&#8217;émissions et dès cet automne pour la réception des chaînes. Dans le domaine de l&#8217;audiovisuel, les enjeux sont lourds et vont bien au-delà de simples propositions techniques.<br />La nouvelle offre en matière d&#8217;enregistrement est très surprenante. Swisscom loue une boîte avec un gros disque dur (deux cents heures d&#8217;enregistrement) qui se place entre la TV et la prise du téléréseau. Il est possible de programmer des enregistrements depuis l&#8217;écran de télévision ou depuis Internet. Première restriction : contrairement à un enregistreur DVD avec disque dur, il est impossible de graver une émission.<br />Second problème et il est d&#8217;importance : les chaînes qu&#8217;il est possible d&#8217;enregistrer sont prédéfinies. Actuellement, aucune TV locale n&#8217;est dans la liste. Quand on sait l&#8217;excellent travail d&#8217;animation de la vie publique accomplie par une chaîne comme TVRL à Lausanne, ou par d&#8217;autres chaînes locales ailleurs, cette absence laisse pantois. Swisscom ne se contente pas de fournir le tuyau, mais il choisit les programmes qui peuvent être enregistrés. Cette confusion des genres, entre contenant et contenu, n&#8217;est pas admissible et une intervention de l&#8217;Office fédéral de la communication (OFCOM) est indispensable.</p>
<p>Une stratégie absurde<br />Troisième interrogation : le prix. Swisscom propose sa boîte à 24,50 francs par mois avec des frais uniques d&#8217;installation de 95 francs. Or, dans n&#8217;importe quelle grande surface, des enregistreurs DVD avec disque dur sont proposés à moins de 700 francs, soit le coût atteint en moins de deux ans pour l&#8217;usager qui souscrirait à l&#8217;offre de Swisscom. Cette politique commerciale semble tellement absurde que les tarifs devraient rapidement chuter, à moins qu&#8217;une stratégie tortueuse d&#8217;occupation précoce du terrain, avant d&#8217;éventuels concurrents, soit à l&#8217;&oelig;uvre.<br />Mais ces interrogations sont dérisoires à côté des questions posées par l&#8217;offre de réception des programmes via l&#8217;ADSL proposée dès cet automne, à des tarifs non encore fixés. Aujourd&#8217;hui le récepteur est branché directement sur une prise du téléréseau (ou une prise d&#8217;antenne). Avec l&#8217;ADSL, le téléviseur est relié à un modem lui-même raccordé à n&#8217;importe quelle prise téléphonique. Swisscom vise avant tout les parts du marché détenu par Cablecom en Suisse alémanique. En Suisse romande, la situation est différente. Les téléréseaux sont souvent en main publique, diffusent toutes les chaînes gratuites en langue française et jouent un rôle de service public pour un prix modéré se situant autour de 25 francs par mois.<br />L&#8217;arrivée de la concurrence de Swisscom est bien sûr un élément très positif pour le consommateur, surtout pour les rares téléspectateurs &#8211; moins de 10% &#8211; qui ne sont pas reliés à un téléréseau. Mais il ne faut pas se leurrer, la force de frappe de l&#8217;ancien opérateur national peut lui permettre de casser en quelques années les téléréseaux existants, s&#8217;il pratique une politique tarifaire agressive. Il se retrouvera en quasi-monopole, réduisant par la même occasion à pas grand-chose la valeur des énormes investissements consentis depuis une vingtaine d&#8217;années pour l&#8217;installation du câble. <br />Si le choix des programmes fournis à la Suisse romande est décidé depuis Berne ou Zurich avec la même indifférence aux spécificités locales que celle constatée aujourd&#8217;hui pour la nouvelle offre de boîte à enregistrer (baptisée pompeusement Bluewin TV 300), il n&#8217;est pas sûr que le consommateur gagne au change.	jg</p>
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		<title>Forum : De la protection de l&#8217;accusé à celle de la victime</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/6793</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Moutinot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Forum (invitéEs)]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout le droit pénal moderne repose sur la présomption d&#8217;innocence. Il appartient à l&#8217;accusation de prouver le crime afin de faire condamner le criminel. Cette conception se fonde sur le respect de l&#8217;individu et sur [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout le droit pénal moderne repose sur la<br />
présomption d&#8217;innocence. Il appartient à l&#8217;accusation de prouver le<br />
crime afin de faire condamner le criminel. Cette conception se fonde<br />
sur le respect de l&#8217;individu et sur le sentiment d&#8217;horreur qu&#8217;inspire<br />
la condamnation d&#8217;un innocent. Ces principes ont pour corollaire qu&#8217;il<br />
existe des crimes pour lesquels aucun auteur n&#8217;est reconnu coupable,<br />
faute de preuves ou faute qu&#8217;une infraction prévue par la loi ne soit<br />
réalisée dans tous ses éléments constitutifs.<br />Cette conception du<br />
droit pénal est aujourd&#8217;hui battue en brèche et j&#8217;en vois deux exemples<br />
dans la récente condamnation d&#8217;un président de commune et du<br />
responsable de la prévention des avalanches en Valais et dans le procès<br />
après la tragédie du tunnel du Mont-Blanc, actuellement en cours. Je ne<br />
connais pas ces dossiers dans le détail, mais il n&#8217;empêche que la<br />
justice, dans ces deux cas exemplaires, ne fonctionne pas sur le<br />
principe : y a-t-il eu une infraction ? et conséquemment, qui en est<br />
l&#8217;auteur ? mais sur le principe : il y a eu une tragédie insoutenable,<br />
qui en est responsable ? J&#8217;y vois du positif et du négatif, mais il<br />
convient avant tout d&#8217;être conscient de cette évolution du droit pénal,<br />
afin, le cas échéant, d&#8217;adapter notre système juridique à cette<br />
nouvelle exigence de justice.</p>
<p>La victime au centre du procès<br />Est<br />
positive la reconnaissance de la victime qui revient au centre du<br />
procès pénal &#8211; ce n&#8217;est pas un hasard si on parle du «procès de la<br />
tragédie du Mont-Blanc» et non du «procès Volvo» ou du «procès de<br />
l&#8217;ATMB (Autoroute et Tunnel du Mont Blanc)». Est également positif le<br />
fait que le procès a lieu, malgré sa complexité, qui aurait conduit, il<br />
y a quelques années encore à son enlisement. Enfin il est encourageant<br />
que la dilution des responsabilités entre de nombreux acteurs ne soit<br />
plus un obstacle à la condamnation de tous pour un comportement dont<br />
ils ne sont que partiellement responsables.<br />Cependant, je constate<br />
une atteinte majeure à la présomption d&#8217;innocence, dans la mesure où la<br />
gravité de la tragédie et la douleur des victimes réclament une<br />
condamnation ; le doute, les incertitudes des expertises, les<br />
difficultés d&#8217;imputer de manière précise une faute à un auteur<br />
déterminé ne sont plus des obstacles à la condamnation.<br />Par<br />
ailleurs, il y a dans cette nouvelle conception une contradiction de<br />
taille : dans l&#8217;affaire valaisanne, les responsables ont été condamnés<br />
à quelques mois de prison avec sursis pour la mort d&#8217;une douzaine de<br />
personnes, soit une peine normalement infligée à un voleur de pommes.<br />
On nous explique alors que ce n&#8217;est pas l&#8217;ampleur de la punition qui<br />
compte, mais son principe. Or, le droit pénal est fondé sur une<br />
échelle, une graduation des peines, en fonction de la gravité des<br />
infractions. Ainsi, on condamne parce qu&#8217;il y a eu tragédie, mais on<br />
allège la peine parce que l&#8217;on sent bien que la responsabilité des<br />
coupables n&#8217;est pas si évidente qu&#8217;elle justifie leur maintien en<br />
détention pour de longues années.<br />En tant que responsable politique<br />
du réseau routier genevois, je sais que si un incendie meurtrier<br />
survenait dans un tunnel de mon canton, je me retrouverais, malgré le<br />
souci que je voue constamment à la sécurité, devant la cour<br />
correctionnelle et que je serais vraisemblablement condamné. Je ressens<br />
cette hypothèse comme injuste, car je ne vois pas quelle décision j&#8217;ai<br />
manqué de prendre, ni de quel manquement je me suis rendu coupable,<br />
mais en même temps, je comprends qu&#8217;il ne serait pas admissible, pour<br />
les victimes et pour l&#8217;opinion, que le patron des travaux publics ne<br />
soit pas mis en cause et condamné.</p>
<p>La responsabilité objective<br />Il<br />
y a là une véritable évolution du droit pénal, de sa fonction et des<br />
règles qui le régissent. On passe d&#8217;un système fondé sur la cause<br />
fautive et la preuve à un système fondé sur le résultat et la<br />
responsabilité objective. Si l&#8217;on veut éviter de ne condamner que des<br />
lampistes, on doit accepter cette évolution, mais elle doit être<br />
accompagnée d&#8217;une réflexion profonde sur le rôle du procès pénal, sur<br />
la nature de la peine. Cette réflexion devrait être suivie de<br />
l&#8217;élaboration d&#8217;une nouvelle législation pénale à même de saisir cette<br />
nouvelle exigence de justice et de garantir les droits des personnes<br />
mises en cause.<br />Le droit civil a connu cette évolution. Pendant des<br />
siècles, la responsabilité civile n&#8217;était engagée qu&#8217;en cas de faute ;<br />
au xixe siècle, on a introduit la responsabilité causale. Le patron<br />
répond de la sécurité de ses ouvriers, même sans faute de sa part, et<br />
il ne peut s&#8217;en exonérer que s&#8217;il prouve avoir pris toutes les<br />
précautions de nature à éviter l&#8217;accident. Pourquoi ne pas, en droit<br />
pénal, réfléchir à un système semblable et ainsi clarifier le débat ?<br />
Il s&#8217;agit évidemment d&#8217;un renversement de la présomption d&#8217;innocence et<br />
du fardeau de la preuve, mais il serait plus simple de dire à un maire,<br />
à un président de société : «vous êtes responsable de la sécurité de ce<br />
tunnel, à vous de prouver que vous avez tout fait pour garantir ladite<br />
sécurité», plutôt que d&#8217;essayer de trouver dans le droit pénal actuel,<br />
par des contorsions, une faute pas très évidente.<br />A titre d&#8217;exemple,<br />
le droit pénal est aujourd&#8217;hui parfaitement adéquat pour juger d&#8217;un<br />
viol commis dans les toilettes d&#8217;un collège, mais que dire si ce viol<br />
est commis pendant une semaine de ski dans un tout petit chalet ? Que<br />
reprocher aux enseignants et accompagnateurs ? Dans le premier cas, nul<br />
ne saurait reprocher aux responsables du collège la moindre faute, mais<br />
dans le second ? Ils ne sont évidemment pas complices du viol, mais<br />
peut-on occulter leurs devoirs de surveillance et de précaution ?<br />Il<br />
faut ouvrir le débat sur la responsabilité pénale, en admettant bien<br />
sûr que la sécurité absolue n&#8217;existe pas. Mais entre attribuer une<br />
tragédie à la fatalité et condamner comme un voleur un responsable<br />
politique ou institutionnel, il y a la place pour un système où la<br />
responsabilité pénale et les sanctions sont adéquates. n</p>
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		<title>Edito : Bienvenue au statu quo</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/8685</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Albert Tille</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication, médias]]></category>
		<category><![CDATA[1638]]></category>

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		<description><![CDATA[La nouvelle loi sur la radio et la télévision ne bouleversera pas le paysage audiovisuel suisse. Et c&#8217;est bien ainsi. Après les délibérations de la seconde chambre du parlement, la défaite est totale pour les [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle loi sur la radio et la télévision ne bouleversera pas le paysage audiovisuel suisse. Et c&#8217;est bien ainsi. Après les délibérations de la seconde chambre du parlement, la défaite est totale pour les ultralibéraux qui voulaient affamer la SSR en la privant de toute ou partie de ses recettes publicitaires. Les parlementaires de tous bords ont compris le rôle central joué par la Radio-TV de service public. Ne craignons pas de répéter une évidence sans cesse rabâchée : seul un financement généreusement respectueux des minorités linguistiques permet à un petit pays de conserver, et même de renforcer, son identité culturelle et politique. &laquo;La radio créa la Suisse romande&raquo; écrit justement l&#8217;ancien directeur de La Première*. Le contre-exemple est luxembourgeois. Les lois du marché ont fait de RTL tout sauf la voix du Petit Duché !<br />La télévision, qui doit faire face à la concurrence grandissante des puissantes chaînes étrangères, ne peut se permettre d&#8217;ouvrir la compétition sur le petit marché suisse. La nouvelle loi ne libéralise que très discrètement la publicité audiovisuelle. La radio de la SSR, solidement implantée sur toutes les strates du marché, ne craint rien. Ces bases solides étant assurées, il devient possible de consacrer 4 ou 5 % de la redevance aux radios et TV locales qui offrent un véritable service public de proximité sans représenter une concurrence pour les chaînes nationales. Ces petits médias aux ressources squelettiques méritent un subventionnement accru pour autant qu&#8217;ils ne jouent pas les négriers face à leur personnel. La SSR, dont le budget fait l&#8217;envie de tous les autres médias, doit pouvoir supporter ce partage et quelques privations.<br />Quelques réformateurs impatients déplorent le statu quo. Ils dénoncent les lacunes de la nouvelle loi qui ignore l&#8217;évolution bouillonnante de l&#8217;audiovisuel. Mais la technologie a sa logique que ne peut prévoir la plus savante législation. Dans ce secteur, une évolution, pas à pas, de la réglementation vaut mieux qu&#8217;une réforme globale rapidement dépassée. 	at</p>
<p>*Jacques Donzel, Et la radio créa la Suisse<br />romande, Editions Favre, Lausanne, 2002.</p>
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