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Face à la récession, oser sortir des schémas traditionnels

Elle est là… et nécessite imagination, pragmatisme et sens du long terme

icone auteur icone calendrier 29 octobre 2008 icone PDF DP 

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Croyant aux vertus magiques du silence, la conseillère fédérale Doris Leuthard, cheffe du département de l’économie, a pendant des semaines rêvé d’empêcher la récession en s’interdisant d’en parler et en incitant ses services à la même prudence. Comme si taire le mot pouvait exorciser la chose. En septembre comme en juin dernier, les experts du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) prédisaient une croissance de 1,3% du produit intérieur brut (PIB) pour 2009. Imperturbables, ils ont maintenu ce chiffre jusqu’à aujourd’hui et parlent désormais d’une progression «nettement inférieure à un pour-cent». Tout le monde révise à la baisse: BAK Basler Economics vient de descendre de +1,3 à + 0,7%, tandis que l’Institut Créa de macroéconomie appliquée rattaché à l’Université de Lausanne prévoit carrément une diminution du PIB, moins 0.6%, pour l’année à venir. Une sévère correction par rapport à mai dernier, où le Créa attendait encore une croissance de 2 % pour 2009.

Sans surprise, toutes les prévisions, y compris celles de Credit Suisse, concordent sur un point: le secteur financier va tirer la conjoncture vers le bas et peser sur l’économie régionale et les budgets publics de Zurich et de Genève principalement. En revanche Bâle, grâce à la chimie, ainsi que les régions horlogères et la Suisse centrale, lieu de gros investissements, resteront dans le positif.

Récession donc il y aura; pour autant, peut-on parler de décroissance? Sans doute, mais pas au sens donné à ce terme par les écologistes qui associent croissance économique et dégradation de l’environnement. Une fois le chômage revenu, la planète attendra. Comme si la lutte contre la faim, la pollution des eaux ou le réchauffement climatique, comme si le combat pour l’éducation, la sauvegarde de la biodiversité ou l’efficacité énergétique, n’étaient pas matière à investissements aussi massifs que durables.

Voilà de quoi alimenter le débat qui s’ouvre une fois de plus à propos d’éventuelles mesures de relance. Resurgissent déjà les récurrentes questions de principe sur le sens et l’utilité de tels programmes, qui sont l’exact pendant des discussions encore plus idéologiques sur les plans de désendettement des collectivités. Les élus politiques seraient bien inspirés de ne pas attendre une aggravation de la crise pour sortir des schémas habituels, pour qu’on ose prendre en compte, à gauche l’efficacité réelle de l’effort de relance demandé et à droite les efforts d’investissement collectif à consentir. L’urgence n’étant pas bonne conseillère, il faut dès maintenant préparer une digne réaction à la crise économique et sociale qui s’annonce, sans doute plus brutale et peut-être moins longue qu’attendue.

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