Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Credit Suisse / Lehman Brothers: il faut bien se passer de la «class action»!

Le débat parlementaire sur le Code de procédure civile n’a pas eu l’attention publique qu’il aurait mérité: voilà le résultat

Les clients auxquels Credit Suisse, et subsidiairement quelques autres banques, avaient vendu des produits structurés de Lehman Brothers se sentent trahis. Ils cherchent à se regrouper pour réclamer des comptes à la banque qui leur avait conseillé avec insistance des placements prétendument sans risque. Deux associations se sont créées en Suisse alémanique: la communauté des victimes de Lehman et le groupe d’entraide des victimes anonymes. En Suisse romande, c’est l’organisation des consommateurs, la FRC, qui a pris l’initiative de fédérer les clients floués. La défense des victimes n’est pas chose facile. Tout comme les groupes alémaniques, la FRC recommande d’abord de chercher un arrangement avec la banque, puis, en cas d’échec, de s’adresser au médiateur des banques. Credit Suisse a annoncé qu’il dédommagerait les clients les plus durement atteints. Mais il n’est pas acceptable, estime le secrétaire général de la FRC, de faire un tri parmi les victimes. Tout le monde doit être remboursé et la FRC entrera elle-même en négociation avec la ou les banques récalcitrantes. Si cette pression est encore insuffisante, il faudra tenter l’action en justice. Pour répartir les frais, un seul avocat pourra prendre en charge des dizaines de plaintes individuelles mais au contenu identique.

Toute autre procédure serait vouée à l’échec. Le droit suisse ignore la class action, l’action collective en justice (DP 1719). Cette procédure, courante aux Etats-Unis, permet à plusieurs lésés d’agir par une même action pour faire valoir leurs droits. Particulièrement utile lorsque la valeur litigieuse des cas individuels est trop peu élevée pour qu’un procès civil long et coûteux se justifie, elle permet aussi une action commune plus efficace lorsque de nombreuses personnes sont lésées par un même état de faits, comme dans le cas de médicaments défectueux ou de produits dérivés avariés. La création d’un Code de procédure civile unifié aurait été l’occasion d’introduire la class action en Suisse. La tentative a fait long feu. Dans son message, le Conseil fédéral exécute en quelques mots la class action. Il la considère incompatible avec notre système juridique. Certains espéraient que le Parlement repêche le projet. Il n’en a rien été. Au Conseil des Etats, le socialiste neuchâtelois Bonhôte, rapporteur de langue française, a regretté que l’on ait écarté une procédure qui permet à de petits plaignants de mener des actions contre des acteurs économiques puissants qui, sinon seraient intouchables. Puis silence absolu lors des longs débats aux Etats comme au National! Le Parlement s’est même permis de vider de sa substance l’article de la loi qui entendait permettre aux organisations de protéger les intérêts collectifs de leurs membres. Seuls les intérêts moraux (sic) pourront être défendus collectivement.

Les mésaventures des victimes de Credit Suisse / Lehman Brothers devraient faire réfléchir nos parlementaires qui se sont montrés insensibles à la défense collective des plus faibles. Le Code de procédure civile n’est pas encore sous toit. Quelques divergences minimes subsistent entre les deux Conseils. Mais à ce stade, le règlement des débats interdit d’introduire de nouveaux articles. Attendons donc une nouvelle crise pour faire changer le droit et confions notre défense aux organisations de consommateurs.

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9951 - Merci

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

Das «beste Gesundheitssystem» wird zum Lazarett

Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Lackmusprobe für Bundesrat Alain Berset

Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)

icone lien Lire l'article

«Um euren Finanzplatz mache ich mir keine Sorgen»

Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet

icone lien Lire l'article

«Die Asylverfahren sind kafkaesk»

Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

«Die Politiker sind süchtig nach Moral»

Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

D’une grande crise à l’autre: quelles ruptures politiques?

Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Freie Hand für die Vermögensverwaltung der Bundesräte

Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)

icone lien Lire l'article

Le drôle de destin de la taxe Tobin, des altermondialistes aux libéraux

Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)

icone lien Lire l'article

2012-2015: les enjeux sociaux en Suisse

Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)

icone lien Lire l'article