Mode lecture icon print Imprimer

Rémunérations des dirigeants d’entreprise: la transparence ne suffit pas

Une étude d’Ethos sur 48 grandes sociétés cotées à la Bourse suisse

icone auteur icone calendrier 10 octobre 2008 icone PDF DP 

Thématiques

La crise financière qui secoue la planète a une nouvelle fois mis en évidence l’incongruité de la rémunération de certains dirigeants d’entreprise. Une incongruité qui devient scandale lorsque ces derniers quittent leur bateau en perdition, lestés d’une indemnité de départ plus que confortable.

Depuis le 1er janvier 2007, le Code suisse des obligations impose aux sociétés cotées en bourse de publier la rémunération individuelle des membres du conseil d’administration, celle du membre le mieux payé de la direction générale, ainsi que la rémunération globale de cette même direction. Cette exigence de transparence n’a pas freiné l’appétit des managers helvétiques. Comparée à 2006, l’enveloppe globale des dirigeants de Credit Suisse a augmenté de 200 millions, de Sulzer, Nobel Biocare, Barry Callebaut et ABB de plus de 50%, de Roche, Zurich FS Sonova et EFG International de plus de 30%.

Constante dans son exigence de transparence, la fondation Ethos a procédé à l’analyse des données de 2007, maintenant publiques, pour 48 plus importantes sociétés cotées à la Bourse suisse. Elle constate que nombre d’entre elles persistent à ignorer les règles internationales de bonne pratique: bonus et actions attribués aux administrateurs, ce qui conduit les conseils d’administration à défendre les intérêts de la direction plutôt que ceux des actionnaires; exercice des options et acquisition définitive des actions indépendamment de la réussite d’objectifs fixés préalablement et testés sur plusieurs années; actions et options estimés à leur valeur fiscale et non de marché, ce qui conduit à une sous-estimation des montants de la rémunération.

Faut-il limiter légalement le montant des rémunérations des dirigeants ou pénaliser fiscalement celles qui dépassent le million de francs, comme le suggère le président de l’Union syndicale suisse? Cette solution, qui paraît de bon sens, ouvrirait la voie à toutes sortes de procédés pour contourner la sanction fiscale, comme a dû le constater en son temps l’administration Clinton.

La Suisse est le seul pays disposant d’une place financière d’importance qui n’attribue pas de compétences aux actionnaires en matière de rémunération des dirigeants. C’est ce levier – le pouvoir des actionnaires – qui en priorité devrait être mis en œuvre. La révision du droit de la société anonyme, actuellement devant le Parlement, ne prévoit cette compétence que si les statuts de l’entreprise en disposent ainsi. Pourquoi la loi ne l’imposerait-elle pas, tout simplement?

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9945
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9945 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

  • Que cette situation suscite chez le lampiste désarroi, colère ou révolte, il passe toujours pour un imbécile. Seules l’admiration et la reconnaissance béates sont admissibles.

Les commentaires sont fermés.