Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963

Logement: le gouvernement genevois ne se donne pas les moyens de ses objectifs

L’inquiétude des syndicats, 18 mois après le protocole d’accord des partenaires sociaux du logement

Les syndicats genevois ont tenu récemment conférence de presse sur le problème du logement. Ils y ont dénoncé l’immobilisme du Conseil d’Etat, responsable selon eux de l’enlisement d’un protocole d’accord pourtant qualifié d’historique par ce même Conseil d’Etat en 2006. Ce document a été signé non seulement par les syndicats, mais aussi par toutes les organisations actives dans le secteur du logement à Genève, à l’exception de l’ASLOCA qui le juge trop timoré.

Lors de cette conférence de presse, il a été question du vrai développement de Genève, du territoire effectif que dessinent chaque jour les activités humaines dans la cuvette géographique du bout du lac.

Il en résulte que le véritable aménagement du territoire de Genève – ni la Ville, ni le Canton de Genève, mais la vraie ville, soit l’agglomération franco-valdo-genevoise, métropole d’environ 800’000 habitants – concerne trois zones distinctes:

  • Une vieille Genève d’environ 450’000 habitants, formée des tissus urbains du Moyen Age àsur les collines de St-Pierre et de St-Gervais, des quartiers construits au 19e siècle autour des voies de communications reliant la cité à l’Ain, la Savoie et au canton de Vaud et des cités satellites et des grands ensembles des années 60 du siècle dernier.
  • Une zone dite agricole, hyperprotégée depuis les années 80 sous la pression des milieux écologistes partisans de la croissance zéro, relayés par l’appui consensuel de la quasi totalité des forces politiques du canton. Une zone constituant les nouvelles fortifications vertes de la vieille Genève, reprenant ainsi l’ancienne tradition d’une ville, capitale de la Réforme retranchée dans ses murailles grises.
  • Et au-delà de la zone dite agricole, les nouveaux faubourgs, une couronne urbaine quasi continue et en croissance permanente. Une autre Genève de 300’000 habitants qui, de Douvaine (Hte-Savoie) à Divonne (Ain) et Nyon (VD) par Annemasse, le pied du Salève, Saint Julien, le pied du Jura et Gex, encercle la vieille Genève.

Trois emplois sur quatre sont concentrés dans la vieille Genève. Ce déséquilibre territorial est à l’origine, entre autres, des embarras de circulation endémiques qui bloquent Genève. Le plan directeur en préparation pour le périmètre Praille-Acacias-Vernets, combattu par le Rassemblement pour une politique sociale du logement1, prévoit 8’000 à 9’000 logements dont, pour l’heure, aucune habitation d’utilité publique, et 40’000 emplois, 20’000 de plus qu’actuellement. S’il est réalisé, ce plan ne pourra qu’aggraver le déséquilibre existant et ses conséquences.

La charte d’engagement du plan directeur de l’habitat transfrontalier, négociée en même temps que le projet d’agglomération franco-valdo-genevoise et signée récemment par les autorités régionales françaises et suisses, reconnaît la nécessité de construire 100’000 logements d’ici 2030, une moitié en Suisse, l’autre sur France; soit plus de 2’300 logements par année à Genève, dont environ 1’100 logements dits sociaux. Or, en 2007, la production cantonale n’a atteint que 1’600 unités au total, soit à peine davantage que les années précédentes.

Pire, non seulement les autorités genevoises peinent à atteindre des objectifs qu’elles ont elles-mêmes fixés, mais de plus, en les formulant, elles savaient qu’elles ne disposaient pas des terrains à bâtir indispensables à la réalisation. Pour les trouver, il faudrait déclasser en zone à bâtir 3% de la zone dite agricole. Ce qui a fait dire à un syndicaliste que le Conseil d’Etat a délibérément menti à ses voisins français.

DP reviendra sur le projet d’agglomération franco-valdo-genevois et le masterplan La
Praille-Acacias-Vernets

—–
1. Le Rassemblement pour une politique sociale du logement (RPSL) réunit à Genève les partis politiques de gauche et d’extrême-gauche, les Verts, le PDC, l’ASLOCA, les syndicats et diverses organisations caritatives.

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9831
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9831 - Merci

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Articles par courriel

Flux RSS

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.
Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).
Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook. Je m'abonne

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus). Je m'abonne

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site. Je m'abonne

Discussion

  • 1
    Editions Le Tour

    Je cite : « le Conseil d’Etat a délibérément menti à ses voisins français » : mentir, ce n’est pas bien. Le député du Chablais-Giffre, Marc Francina, a accusé les Genevois de ne pas assez construire de logements, pour se justifier de ne pas participer aux réunions transfrontalières. On a pu penser qu’il était animé par de mauvais sentiments. Mais pour le prouver, il faudrait justement parvenir à lui donner tort sur le fond.

Les commentaires sont fermés.

Accueil

Les auteur-e-s

Les articles

Les publications

Le Kiosque

A propos de DP