Mode lecture icon print Imprimer

Convention collective de la construction: un bras de fer qui évolue

Il existe des alternatives au blocage voté par l’assemblée des délégués de la SSE

icone auteur icone calendrier 27 février 2008 icone PDF DP 

Thématiques

Le bras de fer entre patronat et syndicats autour de la convention collective de travail (CCT) nationale de la branche principale du secteur d’activité de la construction – la maçonnerie – perdure, mais évolue.

Du côté patronal, il y a du flottement dans le service d’ordre. A Genève, chaque patron ou représentant patronal que l’on rencontre est prêt à signer l’accord conclu au début de l’année sous la houlette de Jean-Luc Nordmann, émissaire de la conseillère fédérale Doris Leuthard. Au niveau national, c’est le même refrain de la part des directeurs et cadres des grandes entreprises. Mais alors, qui s’est opposé à cet accord  lors de l’assemblée des délégués de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) en janvier 2008? On ne savait pas aussi nombreux les patrons de la construction liés à l’Union démocratique du centre, pour qui les syndicats sont inutiles voire malfaisants.

Du côté des organisations ouvrières c’est au niveau des comités régionaux et cantonaux que se pose la question de la signature de CCT région par région ou canton par canton. Au Tessin, patronat et syndicats ont conclut un accord qui reprend le texte rejeté par les délégués de la SSE. A Genève, la trêve instaurée depuis fin 2007 sur la base de l’ancienne CCT est terminée. Dans un canton où, comme au Tessin la mobilisation et la détermination des travailleurs ont été et restent très fortes, les patrons déjà dubitatifs sur l’efficacité sociale de la ligne Messmer, président central de la SSE, une ligne dure pour la rupture, pourront-ils refuser l’exemple tessinois? Est-ce le début d’une stratégie syndicale qui, faute de répondant national, viserait à instaurer, utilisant la décentralisation souvent décriée de l’Etat helvétique, un mitage du territoire fédéral par des CCT cantonales voire régionales?

Les organisations syndicales hésitent à explorer une autre piste, celle de la signature d’un accord national séparé avec les grandes entreprises dites entreprises générales ou intégrales qui réunissent en leur sein tous les corps de métiers, toutes les entreprises concernées par le processus de construction, voire toutes les activités des secteurs de l’immobilier et de la construction, de la conception à l’utilisation en passant par la matérialisation, le chantier. Ces entreprises intégrales ont besoin de stabilité et de perspectives à long terme, ce qui n’est pas le cas de leurs consoeurs moyennes et petites qui travaillent au coup par coup. En Allemagne aujourd’hui, outre deux conventions ordinaires qui s’appliquent l’une à l’ouest, l’autre à l’est du pays, existent deux autres accords qui, toujours selon ce découpage géographique, concernant les grandes entreprises.

Les syndicats justifient leurs réticences: en Suisse, ces grandes entreprises ne regroupent proportionnellement que peu d’ouvriers par rapport à d’autres pays européens et la prolifération des conventions ne facilite pas leur travail.

Mais l’évolution du bras de fer n’est pas terminée.

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9773
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9773 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.