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Une autre manière de prendre le pouls de l’opinion

Un sondage délibératif sur l’avenir de l’Europe montre l’importance de l’information et du débat

icone auteur icone calendrier 2 novembre 2007 icone PDF DP 

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Aucun sondage d’opinion n’avait pu détecter les prémisses de Mai 68 en France. Même parmi les ouvriers, le taux de satisfaction exprimé ne permettait pas de prévoir la grève générale qui suivit la révolte estudiantine. Serge Mallet, un sociologue du travail, auteur notamment de La nouvelle classe ouvrière, expliquait alors que la seule administration d’un questionnaire ne suscitait que l’expression superficielle des opinions, des opinions souvent influencées par le discours dominant. Seuls des entretiens approfondis – une technique utilisée par Mallet dans les entreprises – font émerger les préférences et les opinions stables et personnelles.

Une récente expérience réalisée au niveau européen vient confirmer l’analyse de Mallet. S’inspirant d’une démarche déjà bien éprouvée, le think tank Notre Europe, créé en 1996 sous l’égide de Jacques Delors, a organisé un sondage délibératif. Dans un premier temps, un échantillon de 3700 personnes dans les 27 pays de l’Union européenne a été soumis à un sondage téléphonique portant sur l’emploi, les retraites, le libre-échange, l’élargissement de l’Europe, le rôle accru de l’Union par rapport aux Etats membres. Puis 362 personnes, choisies aléatoirement dans ce premier échantillon, ont été réunies deux jours durant à Bruxelles. En petits groupes, elles ont pu débattre des problèmes évoqués dans le questionnaire. Ensuite, au cours de trois séances plénières, elles ont pu interroger des fonctionnaires de l’Union, des scientifiques et des politiciens. A la suite de quoi le questionnaire initial leur a été à nouveau administré. Cela rappelle ces débats contradictoires autour d’une «motion» sur laquelle l’assistance est appelée à voter, avant et après, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis.

Sur presque tous les sujets, l’évolution des opinions est significative.

L’expérience montre la faiblesse de la démocratie instantanée basée sur les sondages. L’exercice de la démocratie implique à la fois une opinion forgée sur la base de connaissances solides et un débat qui, par l’échange d’arguments, permet de vérifier la solidité des points de vue. On est loin des micro-trottoirs et autres sondages express dont raffolent aujourd’hui les médias.

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