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Jusqu’où progressera l’UDC au parlement et dans nos têtes?

Retrouver les clés de la Suisse multiculturelle et ouverte au monde

icone auteur icone calendrier 22 octobre 2007 icone PDF DP 

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Ceux qui pensaient que la progression de l’UDC allait s’arrêter en sont pour leurs frais. L’UDC continue sa marche en avant. Le parti de Blocher devient la première force politique des deux grands cantons
romands, Vaud et Genève. C’est une réalité désolante pour la gauche comme pour la droite. On parle de «rattrapage», de «réservoir de voix»; on évoque le «seuil critique». Le système politique suisse aurait des défenses immunitaires contre un parti extrémiste.

Les faits sont là. Il n’en est absolument rien. Et, dans quatre, huit, peut-être douze ans, rien ne dit que nous n’assisterons pas à une nouvelle avancée d’un parti qui a fait de la xénophobie son principal thème de campagne. Une chimère que l’UDC majoritaire? En Argovie, considérée parfois comme une Suisse miniature, l’UDC a dépassé allègrement la barre des 35% des voix et se situe à moins de 15% de la majorité absolue. Jusqu’où doit aller le succès de l’UDC au parlement et dans nos têtes pour que ce parti soit mis hors-jeu?

La victoire dominicale de l’UDC n’a pas été obtenue grâce à un porte-monnaie certes bien garni mais sur le terrain des valeurs. Comme un vulgaire squatteur, Blocher s’est approprié sans vergogne «notre Maison, notre Suisse», d’autant plus facilement que la gauche l’a désertée. Il ne suffit pas d’occuper la verte prairie du Grütli et d’agiter un drapeau à croix blanche pour répliquer. La gauche paraît avoir perdu les clés de cette maison helvétique multiculturelle, ouverte vers l’extérieur et lucide sur son passé dans laquelle nous sommes pourtant si nombreux à nous reconnaître.

Au cliché de l’Helvète qui «trait sa vache et vit paisiblement» répond la réalité d’une Suisse à la pointe de la recherche et au cœur de la mondialisation. L’ignominie de la Suisse qui se verrouille et rejette les étrangers contredit sa tradition humanitaire et l’admission de notre part de responsabilité dans les abominations du siècle précédent. A la montagne isolée repliée sur ses abris et ses coffre-forts s’opposent l’exploit technologique et économique des NLFA et un plateau au centre du continent européen qui doit être au coeur de son projet politique.

Ce qu’il faut isoler, ce n’est pas notre pays mais ce parti qui tente de faire main basse sur lui.

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