L’approbation de la révision de la loi sur l’AI est claire quant au résultat chiffré, mais d’interprétation équivoque.
Le peuple a pu croire que par son vote il donnait à l’AI les moyens d’amorcer une convalescence jusqu’à guérison complète. Or l’assainissement véritable, y compris le désendettement, exige l’apport de recettes nouvelles. Telle était au départ la position du Conseil fédéral. Mais le Parlement a eu pour premier souci de dissocier révision et refinancement, d’une part pour exercer la pression la plus forte pour des économies substantielles, et lâchement pour repousser après les élections cette perspective impopulaire d’avoir à défendre une hausse d ‘impôt. Cette obligation de financement a été escamotée durant la campagne. Dans ses explications sur l’enjeu du vote, le Conseil fédéral lui-même y a consacré à peine deux lignes.
Or ce financement, qui devrait prendre la forme d’une hausse de la TVA, sera pour des raisons constitutionnelles obligatoirement soumis au peuple et aux cantons. Et l’on sait déjà. que l’UDC fera feu des quatre fers contre cette augmentation de la charge fiscale. Dès maintenant ce parti réclame une sixième révision de l’AI. Et l’équivoque du vote sur la cinquième, c’est que le peuple croira avoir déjà donné. Il importe donc de surveiller nommément les parlementaires qui ont fait campagne pour le oui (UDC excepté). Accorderont-ils à l’AI les ressources dont elle a besoin et défendront-ils devant le peuple cette augmentation des prélèvement obligatoires?
Voir aussi le dossier des précédents articles de DP sur le sujet.


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