A deux contre un, les citoyennes et citoyens de la ville de Zurich viennent d’autoriser leurs Services industriels à puiser 200 millions de francs dans leurs réserves pour installer, dans les dix ans à venir, un vaste réseau public de câble optique, par lequel pourront passer les opérateurs de télécommunications.
Ce faisant, Zurich se dotera d’une infrastructure moderne dont disposent déjà de nombreuses villes suisses, telles Bâle, Berne ou Genève. Mais n’ira pas jusqu’à fournir des services multiples, comprenant les connexions téléphoniques et Internet, le transport de données informatiques et les programmes radio-télévision, comme le font par exemple Lausanne, Zoug, Schaffhouse, Soleure et Granges.
Et pourtant, malgré la volonté de doter la «cité du savoir» des bords de la Limmat d’un réseau purement technique, les résistances idéologiques n’auront pas manqué. Le projet a certes facilement passé la rampe au parlement local en décembre dernier, par 95 voix contre 22. Mais l’UDC, les arts et métiers, la NZZ et quelques spécialistes de la politique de la concurrence n’ont pas manqué de préconiser le non à un projet «étatiste». Résistance sourde aussi de la part de Cablecom et de Swisscom, qui ne pourront bientôt plus se partager l’exclusivité d’un juteux marché. Mais ces oppositions plus ou moins manifestes n’auront servi à rien: tous les arrondissements de Zurich ont approuvé la création du réseau municipal, dont les usagers attendent une baisse des tarifs imposés par le duopole encore régnant.
Il faut dire que le responsable du dicastère des services industriels de la ville, le municipal radical Andres Türler, a su convaincre jusque dans les rangs de son propre parti où l’on réclamait, il y a quelques années encore, l’externalisation de la fourniture d’électricité, sinon du gaz et des eaux.
Actuellement, tout le monde, de la droite soucieuse de libre concurrence à la gauche fidèle au service public, se montre sensible à l’argument de la promotion économique locale. Un vaste réseau à large bande, desservant les activités tertiaires, les hautes écoles et des PME innovantes, c’est un argument intéressant et un atout supplémentaire pour une ville et plus encore une métropole qui souhaite voir des entreprises s’implanter et se développer sur son territoire.
C’est ainsi que des réseaux techniques souterrains high tech se font instruments d’un marketing urbain de plus en plus diversifié, mis au service de la concurrence croissante entre les villes.





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