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Le pourcentage de toutes les illusions

La rhétorique des chiffres, ces vingt milliards de plus, ne
nous dit rien sur leur efficacité, sur leur capacité à bien former et à
stimuler de la recherche de haut niveau. Et encore moins sur
l’organisation des tâches et des branches, surtout dans un petit pays
où les Universités, par exemple, se marchent sur les pieds, offrant des
cursus semblables à quelques kilomètres de distance, en dehors parfois
de toute coordination.

Le Conseil fédéral a fixé à 6% l’augmentation annuelle pendant quatre ans des fonds pour la formation et la recherche (21,2 milliards au total). Charles Kleiber, secrétaire d’Etat sur le départ, salue l’équilibre du message : il n’y a pas de perdant, même si tout le monde a quelque chose à regretter. Les Ecoles polytechniques se sentent un peu oubliées. Les Hautes écoles spécialisées, bien pourvues certes, mais toujours en quête de quelques centaines de millions manquants. Ou les Universités, otages des incompréhensions entre Berne et les cantons au sujet de leur financement.

De gauche à droite, à géométrie variable, on regrette la retenue du gouvernement. Seule l’UDC fait bande à part et fustige le principe même de la répartition des crédits. Les socialistes voulaient 10%, les radicaux 8%, au lieu du 4,5% initial décidé par le Conseil fédéral.

Les commentateurs dans les médias hésitent également entre un optimisme modéré et des critiques plutôt sévères. Le Temps redoute la querelle des chiffres» qui pourrait occulter «les choix stratégiques et les réformes» en cours. La Tages Anzeiger doute en revanche que la hausse annoncée assure «la base d’un futur prospère pour la Suisse». Calculette à la main, en raison des coupes et des économies budgétaires passées et présentes, le quotidien zurichois réduit le pourcentage réel de la hausse à 3,5%.

Il y a six mois, Jean Chistophe Schwaab écrivat dans nos colonnes : «La formation n’est plus une priorité, mais un banal sujet d’arbitrages budgétaires. De nombreux secteurs verront leurs moyens régresser, à l’instar de la formation professionnelle, qui aurait besoin d’au moins 6% d’augmentation pour seulement maintenir le niveau actuel». Le pourcentage promit fait office de slogan, plus que de véritable engagement, notamment face à la concurrence internationale.

Et surtout la rhétorique des chiffres, ces vingt milliards de plus, ne nous dit rien sur leur efficacité, sur leur capacité à bien former et à stimuler de la recherche de haut niveau. Et encore moins sur l’organisation des tâches et des branches, surtout dans un petit pays où les Universités, par exemple, se marchent sur les pieds, offrant des cursus semblables à quelques kilomètres de distance, en dehors parfois de toute coordination.

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