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Bâtiment : Les ouvriers revendiquent et débrayent

Depuis
dix ans, on construit davantage de routes et d’immeubles avec de moins
en moins de salariés, soumis à une pression grandissante qui mérite des
revenus à la hauteur des efforts consentis.

icone auteur icone calendrier 10 novembre 2006 icone PDF DP 

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Mardi 24 octobre, dans toute la Suisse, 5 000 ouvriers de la
construction ont prolongé leur pause de midi. La revendication de cette
action menée par le syndicat UNIA : une augmentation mensuelle de 220
francs.

Le syndicat estime qu’aujourd’hui, vu la hausse notable des chiffres
d’affaires et des profits des entreprises, c’est le bon moment pour
revendiquer une hausse substantielle des salaires. Participer à cette
croissance est l’une de ses exigences. C’est la énième reprise d’une
pratique syndicale ordinaire, dont l’âge d’or se situe pendant la
période où la société helvétique de concordance fonctionnait à plein
régime.

Aujourd’hui, les tenants et aboutissants économiques et sociaux du
nouveau modèle de développement veulent, sous la pression de
l’économie-casino, découpler revenus patronaux et revenus salariaux.
Devant le refus patronal,UNIA, qui a abaissé son exigence à 180 francs,
annonce d’autres actions.

C’est un conflit à suivre car une autre raison peut favoriser cette
mobilisation : l’impact de l’intensification continue du travail sur
les chantiers. Selon les responsables d’UNIA, le secteur principal de
la construction produit le même nombre de mètres cubes de bâtiments, de
mètres linéaires de routes, etc. qu’il y a dix ans, avec un tiers,
voire la moitié de salariés à plein-temps en moins.

L’emploi temporaire, pendant les périodes de pointe, devient la règle.
Or la construction n’est pas un domaine d’activité comme les autres.
Les instruments et outils restent encore souvent le prolongement du
geste de l’ouvrier. Un domaine que l’on peut qualifier de
«machino-facture».

On mesure ainsi l’importance du poids sans cesse plus lourd de cette
augmentation de productivité, estimée par UNIA à 20% pendant les cinq
dernières années. Un poids qui pèse sur les travailleurs du bâtiment et
sur leurs conditions de travail : pénibilité accrue, stress, risques
d’accidents augmentés, etc.

L’augmentation salariale revendiquée n’est donc pas seulement une
exigence réclamant l’augmentation du pouvoir d’achat en regard des
profits patronaux, mais surtout le début d’un rééquilibrage nécessaire
entre travail et salaire.   

dm

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